Lot 229
  • 229

Les Campagnes militaires. 1797-1814

Estimate
100,000 - 150,000 EUR
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Description

  • Les Campagnes militaires. 1797-1814
Ensemble de 112 documents autographes et signés par ou à Alexandre Berthier, couvrant son activité militaire sous les ordres de Bonaparte et Napoléon.

un extraordinaire ensemble couvrant les activités et relations d'alexandre berthier durant les campagnes militaires de l'empire.




la révolution




Berthier traversa la période de la Révolution sur le fil du rasoir, avec une très grande prudence, tout en déployant constamment ses talents d'organisateur et son sens pratique en se mettant au service des forces au pouvoir sans se mêler jamais de politique. Ses liens d'amitié et ses services rendus à la famille royale (facilitant le départ de Bellevue de Mesdames en 1791 par exemple), et ses liens avec La Fayette (qui le nomma colonel), que la Convention ne manquait jamais de lui rappeler, rendaient sa position extrêmement précaire. Il quitta à plusieurs reprises, sous la pression ou de par lui-même, ses fonctions actives à l'armée, cherchant des mutations aux Cartes et Plans ou se retirant en province chez son père. Dans la France en guerre de 1792, il demande à servir sous les ordres de Rochambeau (qu'il avait servi dans le Guerre d'Indépendance américaine au siège de Yorktown), et à la mort de celui-ci, est nommé général de Brigade par Lückner. Il continue d'offrir son soutien fidèle à Louis XVI, ce qui lui vaut d'être dénoncé comme agent du roi et démis de toutes ses fonctions. Il sert comme simple soldat et est réclamé et soutenu par Kellerman (qui le nomme son chef d'Etat-major), Lückner et Custine.



3 lettres autographes signées Alexandre Berthier :



- sa défense face à Delmas. Au conseil du Pouvoir exécutif. ce 31 7bre 1792, L'an 1r de la république. 2 pages 1/2 in-folio dans laquelle Berthier se défend des accusations du député Delmas à l'Assemblée nationale ayant entraîné sa destitution (21 août). "Je ne réclame pas mon grade de Maréchal de Camp (...) mais mettez-moi dans la position honorable de servir comme soldat. Je vous jure que jamais la république n'en aura un meilleur. Vingt-six années de service sans reproche, quatre campagnes pour l'indépendance de l'Amérique, fidèle à tous les devoirs de citoyen depuis la révolution...". Berthier sera disgracié à la date (incorrecte) du 20 septembre.
- sa requête au Pouvoir exécutif. ce 11 8bre 1792, L'An premier de la République. Une page in-folio dans laquelle Berthier, réitère ses protestations, réclame communication de toutes les pièces incriminatoires du dossier et d'être entendu. "Sous le regne de la loi de la liberté, de légalité, on demande justice, on peut elever la voix". Dans un Paris en proie aux pires violences de la Commune, ensanglanté par les Massacres de septembre, il n'est pas entendu, puis est autorisé par le Comité de Salut Public à rejoindre l'armée à La Rochelle comme simple volontaire...
- ordre au citoyen Thevenin, Entrepreneur Gal des Convois militaires. A Nice le 25 thermidor de l'an 3 (août 1795). Ordre, une page sur papier à en-tête de l'Armée des Alpes et d'Italie. Berthier a réintégré l'armée après la chute de Robespierre. Avec le soutien de Barras, il est versé à Nice où il prend la tête de l'état-major des deux armées, fruit de ses recherches théoriques sur la transmission des ordres et communications au plus haut échelon de l'armée : l'état-major directeur, plus fluide et efficace. Un an plus tard, il rencontre Bonaparte, qui prend la tête de l'Armée d'Italie.



 



le passage du rhin



Suite aux campagnes d'Italie, lors desquelles Berthier seconda Bonaparte au plus près sur le terrain et posa dans ses bulletins élogieux au Directoire les fondements de la légende napoléonienne (Lodi, Milan, Rivoli, Mantoue), Berthier, chef d'Etat-Major de l'Armée d'Italie, tout en restant à Milan, soutient la logistique des déplacements de Bonaparte en marche vers Vienne. Son rôle est reconnu par le Directoire à Paris.
- Lettre autographe signée du général Dupont. Le général de Brigade Dupont (de l'Etang) Au général Berthier. 25 (mars ?, avant mai) an 5e de la République (1797). 3 pages 1/2, à en-tête du Cabinet Topographique et Historique Militaire du Directoire Exécutif dont Dupont est le directeur, sur les préparatifs pour le Passage du Rhin, l'état des forces à la disposition de l'Empereur contre Bonaparte, le général Moreau, le financement du passage... Le 2 mai 1797, Dupont deviendra le chef d'état-major de Berthier en 1800. Suite à sa capitulation désastreuse durant la Campagne d'Espagne en 1808, il fut arrêté et démis de tous ses grades.



 



1798 - la marche sur rome - la guerre contre le pape



extraordinaire dossier sur la mission confiée à berthier contre les états papaux.



Les traités de Tolentino (avec les Etats Pontificaux, 19 février 1797) et de Campo-Formio (avec l'Autriche, 18 octobre 1797) ayant été mal acceptés par le Pape Pie VI et par les Autrichiens, le Directoire mena une politique peu limpide en Italie, imposant le calme tout en fomentant diverses émeutes anti-papales dont l'une mène à la mort du général Duphot (27 décembre 1797), conseiller militaire de l'ambassadeur Joseph Bonaparte. Mission est confiée à Berthier de marcher sur Rome, de saisir le Pape, pour venger Duphot, et sous le prétexte fallacieux de satisfaire un hypothétique désir du peuple italien de se constituer en République. Cette opération, dont la véritable motivation fut vraisemblablement de faire main-basse sur les trésors des Etats pontificaux sous prétexte de réparations pour la mort de Duphot, fut menée par Berthier à contre-coeur, comme en témoignent les nombreux ordres insistants qui lui sont adressés. Nommé à cette occasion général de l'Armée d'Italie, Berthier fait son entrée dans Rome le 10 février 1798.



37 documents autographes ou signées, de formats divers, la plupart sur folios doubles, par Berthier, Barras, Talleyrand, Augereau...  Paris, Rome, Bologne, Hanovre, 10 septembre 1797-24 mars 1798.




parmi les pièces les plus importantes figure :
- l'ordre de mission du Directoire pour la Marche sur Rome, signé de Barras, Président du Directoire exécutif. A Paris le 22 Nivose an 6 (11 janvier 1798), 10 pages petit in-folio, timbre sec du Directoire exécutif collé face à la signature séchée à la poudre d'or de Barras : Instructions pour Le Général Berthier, qui fut expédié à Berthier à Rome : (...) L'intention du Directoire exécutif est que vous marchiez sur le champ sur Rome dans le plus grand secret (... suit la liste des troupes mises à son service) Vous favoriserez secrettement la réunion de tous les pays adjacents à cette ville (...) Vous ne ferez paraitre votre manifeste contre le Pape (joint à cet ensemble) que lorsque vos troupes seront à Maurata. Vous direz en peu de mots que la seule raison qui vous fait marcher à Rome est la nécessité de punir les assassins du Général Duphot (...) Tout en tenant ces propos, vous cheminerez à marche forcée (...) Lorsque vous vous trouverez à deux journées de Rome, vous menacerez alors le Pape (...) afin de leur inspirer l'épouvante & de les faire fuir (... suivent les instructions forçant le Roi de Naples, allié, à faire évacuer Rome). Vous emploierez toute votre influence à organiser la République Romaine (...) de faire mettre) sur le champ à la disposition de l'armée les huit millions de diamans (...) qui se trouvent actuellement à Gênes (...).



l'ensemble comprend en outre :
- un Plan pour approvisionner l'armée (française), rapport de renseignement rédigé en français par un Italien à la solde des Français, non signé (janvier 1798, 4 pages in-folio), exceptionnel document descriptif de la société romaine, et de ses richesses cachées, signé L. Aurora, donnant à Berthier les renseignements officieux pour s'en emparer, nourrir son armée, la financer, ainsi que les clés et leviers permettant de contrôler ou soulever la population. Petits manques au bas.
- une lettre autographe signée de Talleyrand à Berthier sur sa mission, son financement, Bernadotte et Brune. "Voici un horrible et inconcevable évènement qui vient de se passer à Rome : mais vous êtes chargé du soin de venger cet attentat  ainsi, nous sommes tranquilles. Force et prudence viennent à bout de tout."  (Paris,) 22 Nivose an 6 (11 janvier 1798). Une page sur f. double in-folio.
- 3 lettres de et à Camillo VII, marquis Massimo, signataire du traité de Tolentino, ministre du Pape chargé des tractations financières avec les Français selon le traité (dont la confiscation des trésors artistiques du Vatican), la première signée de lui à Paris ce 12 janvier 1798, priant Berthier que soit épargnée sa maison de Rome, et les deux autres adressées à lui, anonymes et requérant l'anonymat, en provenance de Hanovre (un auteur anglais ?), dont l'une mentionnant le chevalier d'Azarra. Le marquis fit l'objet d'une enquête policière française, et ces deux lettres furent versées à son dossier.
On joint le compte-rendu de la fouille, daté de Rome le 25 Pluviose an 6me (14 février 1798).
- l'ordre de Barras, portant sa signature, ordonnant la saisie des richesses du Vatican, la saisie les livres et les manuscrits de la bibliothèque du Vatican, les matrices, "et généralement pour tout les objets de sciences, lettres & arts, existant à Rome ou dans les autres parties des états du Pape et appartenant au Gouvernement romain, qui vous paraîtront dignes d'être envoyés en France" ainsi que "tous les livres modernes de la littérature italienne" des bibliothèques papales, et lui recommande  de s'entourer de savants. Le Pape s'inclina devant cette mesure ordonnée au titre des réparations qu'exigeait le Directoire pour le meurtre de Duphot. C'est, on le sait, Monge qui dirigera le pillage systématique des richesses de Rome et les acheminera à Paris. Paris, 27 nivose (16 janvier 1798). Avec timbre sec collé.
- Les Députés de Rome au Général en chef Alexandre Berthier, appelant à une intervention française. Milan, le 29 nivose An 6eme (18 janvier 1798), 9 pages in-folio : l'extraordinaire lettre des patriotes romains, signée des deux députés Gaetano Maggiotti et Benedetto Greco, donnant le compte-rendu de l'assassinat de Duphot. "Venez Citoyen général en chef. Venez avec votre armée, non pour faire la guerre au peuple (...) mais pour lui donner la liberté (...) ils vous porteront en triomphe (...) Le gouvernement papal est un gouvernement fanatique rempli d'intrigues et de cabales...".
- la lettre signée du chevalier d'Azara offrant ses services à Berthier. Rome, 20 janvier 1798. 2 pages in-folio. Le chevalier d'Azara était ministre du roi d'Espagne auprès du pape Pie VI.
- la lettre autographe de Barras à Berthier lui envoyant Murat "partager la gloire". Paris, 23 janvier 1798. Une page sur f. double in-4.
- une lettre autographe signée de Joseph Bonaparte à Berthier,  lui communiquant la liste de personnalités romaines favorables à la France. Paris le 6 Pluviose l'an 6eme (25 janvier 1798, jour précédant le départ de Berthier pour Rome), 3 pages in-8. Ambassadeur de France à Rome, Joseph cite : les frères Piranesi, le sculpteur Canova, le cardinal Caprara qui sacrera Napoléon Roi d'Italie, le banquier Bottoni....
- l'ordre officiel, sous forme d'articles de La Marche sur Rome. Ancône, le 10 Pluviose 6.me année (29 janvier 1798). En-tête imprimé d'Alexandre Berthier, Général en Chef.
- l'Instruction signée Barras pour Berthier, Général en chef de l'Armée d'Italie. 12 pluviose, An 6 (31 janvier 1798). Ordres précis contre les religieux et les émigrés français, leurs biens, les contributions, le transport de la colonne Trajane en France... Timbre sec. 3 pages in-folio.
- une lettre de conciliation du Prince de Belmonte, l'un des représentants du Pape tentant de négocier avec Berthier durant sa progression sur Rome. Celui-ci ne voulut en recevoir aucun. 3 février 1798. 2 pages 1/2 in-folio.
- une belle lettre de conciliation signée du cardinal Doria (Pamphilj), ancien nonce apostolique à Paris, et l'interlocuteur de Berthier dans l'affaire de Rome. Remise à Berthier par le marquis Massimo. Rome, 3 février 1798. 4 pages grand in-4.
- la proclamation au peuple de la Ville de Rome, annonçant l'arrivée imminente de Berthier et de l'armée. Au quartier général de Civita Castellana, le 20 Pluviose 6me année (8 février 1798). En-tête de l'Armée d'Italie. 2 pages in-folio.
- une violente lettre de la main de Barras, signée, reprochant à Berthier son peu d'empressement à exécuter les ordres neuf jours après son arrivée dans Rome, et lui ordonnant de saisir le Pape et l'envoyer au Portugal. Paris, 1er ventose An 6 (19 février 1798). En deux exemplaires, vraisemblablement acheminés par voies différentes. "Pressez vous donc d'exécuter les mesures renfermées dans cet arrêté qui annulle votre capitulation (...) Réparez tout avant de retourner. Embarquez le pape à Ancone encore mieux à Civita Vecchia avec pavillon parlementaire et qu'il ne souille plus une terre où nous portons la liberté et le bonheur." Cachets de cire rouge. On joint l'arrêté, manuscrit, signé de Barras, daté du même jour, 2 pages 1/2, in-folio.
- 15 documents dont 5 sur la période trouble qui suivit l'arrivée du général Masséna pour remplacer Berthier, dont un exposé de la situation signé par les membres du futur gouvernement constitutionnel français en Italie (dont Monge et Daunou), Rome, 8 ventose An 6 (26 février 1798), 3 pages petit in-folio ; un ordre de saisie du pape pour le transporter au Brésil, signé Merlin (de Douai), Paris, Directoire exécutif, même date, une page 1/2, petit in-folio ; une lettre du général Dallemagne enjoignant à Berthier de reprendre la situation en main avant son arrivée, Rome, 9 ventose an 6 (27 février 1798), 3 pages in-folio ; la nomination de Berthier au titre de chef d'Etat-Major de l'Armée d'Angleterre (sous les ordres directs de Bonaparte), signée de Merlin, 18 ventose, an 6 (8 mars 1798), une page petit in-folio ; une lettre signée de Bonaparte annonçant à Berthier l'imminence de l'arrivée du général Brune à Rome pour le remplacer, et son retour à Paris, Berthier devant le renseigner sur l'état de la marine pour l'embarquement à Gênes de l'Armée d'Orient. Paris, 8 Germinal à 11h du soir (28 mars 1798), une page in-4, et 3 documents signés Barras (2) et Talleyrand (1).
[on joint :] la lettre accompagnant la remise par la République Cisalpine en la personne de Cellentani d'un sabre dessiné par le peintre Appiani, signé Sommariva, Ruga, et du marquis de Visconti (l'époux de la maîtresse du général Berthier). 28 Ventose an 9 (19 mars 1801), une page in-folio, et un sonnet imprimé de même provenance au même (manque angulaire et défauts aux bords).



 



1800 - La bataille de marengo



La campagne de 1800 fut une de celles qui mirent le plus en relief la personnalité de Berthier (...) L'éclat de la glorieuse victoire de Marengo qui la termina (...porta ) la renommée de Bonaparte à une telle hauteur que toutes les réputations s'effacèrent devant la sienne (Gal Derrécagaix, Le Maréchal Berthier, I, p. 376). Marengo est souvent comparé à un "Waterloo sans la défaite", et Berthier en relatera le succès dans sa Relation de la bataille de Marengo, publiée en 1805, à la gloire de Bonaparte.



- le compte-rendu de la prise de Novara par Murat adressé à Berthier (30 mai 1800 ?). 4 pages in-4, écrites le jour même, ratures et remords. C'est à partir de ce compte-rendu que Berthier trace pour Bonaparte l'état des opérations dans la vallée du Pô dans sa longue lettre datée de Milan le 3 juin 1800.
- le compte-rendu de la bataille d'Alexandria signé par Kellermann, adressé au général Victor. Castilnanova, 26 Prairial an 8 (15 juin 1800), 4 pages in-folio, la dernière autographe et signée de Kellermann avec l'approbation par Victor.
- 4 lettres du général de Mélas,  commandant les forces impériales, dont une copie (5 juin 1800 au lendemain de la capitulation de Masséna à Gênes), vraisemblablement d'une lettre interceptée (mentionnée par Murat à cette date puis par Berthier à Bonaparte), et 3 lettres à Berthier signées de lui, en date du 19 juin, cinq jours après la bataille. Stradella, 19 juin ; Mantoue, 23 juin, 8 pages in-folio au total.



 



l'ambassade extraordinaire en espagne



Au lendemain de  Marengo, Bonaparte envoie le général Berthier en Espagne, avec mission de négocier la rétrocession de la Louisiane et de la Floride à la France et la cession de vaisseaux de guerre armés, en échange de la transformation du duché de Parme en royaume (royaume d'Etrurie) à laquelle tenait la reine d’Espagne, mère de l'Infant de Parme. Le motif caché du voyage néanmoins était d'exciter l'Espagne à déclarer la guerre au Portugal, allié de l'Angleterre.
- Importante lettre autographe codée de Talleyrand, ministre des Affaires extérieures, à Berthier, ministre plénipotentiaire de France à Madrid. Paris, le 10 fructidor an 8 (29 août 1800). 13 pages 1/2 in-folio, dont 3 signées : ma main. Talleyrand.



 



1801 - alexandre berthier général de division



- Brevet de Général de division. Signé de Bonaparte, Premier Consul, et contresigné par Hugues Maret, Secrétaire d'Etat. 8 Germinal, An 9 (29 mars 1801). Sur peau de vélin. (450 x 350 mm).



 



1803 - île d'elbe - saint-domingue - Invasion de l'angleterre - places fortes



- Lettre autographe signée de Hugues Maret à Alexandre Berthier transmettant les ordres de Bonaparte pour la défense de l'Ile d'Elbe (Porto Ferraio et Porto Longone). Saint-Cloud, 23 Germinal, An XI (13 avril 1803). Avec les copies conservées des ordres aux généraux Rusca et Campredon.
- Projet de Capitulation Militaire suisse signé de Bonaparte. 25 Thermidor an XI (13 août 1803). Une page in-folio, paraphe de Bonaparte, à Saint-Cloud. L'engagement des Gardes suisses en 1803 perpétuait une tradition militaire ancestrale entre la France et la Suisse, sévèrement touchée en 1792. Le 27 septembre à Fribourg est conclu le nouveau traité entre le Général Ney et la Diète suisse pour la levée de quatre régiments de Suisses.
- 4 ordres de Bonaparte à Berthier, corrigés et signés de Bonaparte, dans le cadre du projet d'invasion de l'Angleterre. Concernant : 600 noirs de Saint-Domingue stationnés à Brest à envoyer fortifier la place de Mantoue. Saint-Cloud, 28 Germinal an 11 (18 avril 1803) ; le renforcement des places de Saint Omer, Saint-Malo, Compiègne, Bayonne, Gand et la Hollande. Saint-Cloud, 25 Prairial An XI (14 juin, 1803) ; une série d'ordres concernant l'Ile d'Elbe, la Corse, Boulogne, Ostende, Dunkerque, et les généraux Mortier, Murat et Saint-Cyr. Gand, 28 Messidor an XI (17 juillet 1803) ; la reconstruction des places fortes de Belgique. Bruxelles, 8 Thermidor an XI (27 juillet 1803). Au total, 14 pages in-4. Déterminé à entreprendre son plan d'invasion de l'Angleterre, Napoléon charge Berthier de surveiller les places et divers camps avant la visite qu'ils leur feront ensemble en octobre.
- un ordre signé de Berthier, contresigné de Bonaparte,  pour le dédommagement d'un soldat à Saint-Domingue. 27 Fructidor an 11 (14 septembre 1803).



 



1805 - bataille d'Ulm - bataille d’austerlitz



- Lettre signée du général Mack au maréchal Berthier, acceptant la cession d'Ulm, étouffée par la Grande Armée, mais refusant que ses troupes ne se constituent prisonnières, trois jours avant sa capitulation. Ulm, le 17 octobre 1805. 2 pages sur papier bleu, plié en in-folio étroit, signée Mack et son titre Lieutenant général des armées de S.M. l'Empereur d'Autriche.
Alors que l’armée autrichienne du général Mack était bloquée dans Ulm, ce fut Berthier qui fut chargé d’aller négocier la capitulation, ce qu’il fit le17 octobre, date de rédaction de cette lettre. L’entretien fut long et difficile, Mack étant persuadé qu’il serait secouru par les alliés. Berthier accepta d’inclure une clause selon laquelle la garnison serait libre d’évacuer la place si un corps d’armée capable de débloquer Ulm se présentait avant le 25 octobre avant midi.
- rapport signé du maréchal Lannes au lendemain de la bataille d’Austerlitz, à Berthier. Au Quartier Général de Vischaud (Wischauw), le 12 frimaire an 14 (3 décembre 1805). 8 pages ½ in-folio. La bataille d’Austerlitz  (2 décembre 1803) racontée par Lannes, qui y mène commande la 5e armée.
- trois rapports quotidiens signés de Bernadotte à Berthier sur la bataille d’Austerlitz. L’un Au Quartier  général à Iglau, Ce 8 frimaire 14 à midi, 29 novembre, les deux autres de Saruschitz, le 13 frimaire, 4 décembre 1805. Le 29 novembre l’avancée du 1er Corps d’armée se fait au pas de course.  « Je fais des vœux et ces vœux sont partagés par tous les militaires sous mes ordres pour que la bataille n’ait pas lieu avant notre arrivée. » Le lendemain, Napoléon écrit à Bernadotte : "après-demain, nous allons livrer bataille ; hâtez-vous si vous voulez y prendre part." Le 4 décembre, Bernadotte établit deux comptes-rendus de la bataille, cite les officiers qui se sont distingués sous ses ordres (dont Léopold Berthier, son chef d’Etat-major, frère d’Alexandre). Ce compte-rendu est en double exemplaire : l’un est adressé à « Son Excellence » pour Alexandre Berthier, l’autre à « Votre Majesté », était destiné à être remis par Berthier à Napoléon.



 



1806-1807-1808 - campagnes allemandes



- Remontrance signée de Berthier au général Donzelot, chef d'état-major du 7e corps d'armée. Munich, le 16 février 1806. Six jours plus tard, l'Empereur, informé par Berthier, décide d'"autoriser une retenue de la valeur de 5,034 paires de souliers sur le traitement du général Donzelot (...) qui, de son autorité, a fait distribuer à son corps des souliers appartenant au 3e corps d'armée. J'approuve l'ordre qu'a donné le maréchal Berthier, qui est toute justice. Il n'est point convenable que, lorsque des troupes sont absentes, on s'empare leurs souliers. Faites connaître au général Donzelot mon mécontentement." (Napoléon, Décision, 22 février 1806). Cette affaire assez célèbre témoigne du dénuement des troupes après même le succès d'Austerlitz (Derrecagaix II, p. 93).
- 2 lettres signées de Berthier au maréchal Victor, gouverneur de Berlin à cette date, dont une autographe datée du 17 août 1808 concernant la marche du 1er corps d'armée, et l'autre signée seulement, datée de Fontainebleau le 28 octobre 1807, concernant Glogau. Signées Alexandre.
- Une lettre signée de Murat à Berthier, contresignée par Berthier. Munich, le 27 juillet. Neuilly, 21 juillet 1806. Une page petit in-folio. 



 



1809 - campagne d'autriche



- Brouillon autographe de Davout, maréchal duc Dauerstadt, à Berthier, durant les combats d'avril 1809 (Abensberg, Eckmuhl) donnant les positions de l'armée, dans le feu de l'action, au crayon, dans l'urgence. "Je n'ai pu faire qu'environ 1500 prisonniers parceque je suis sans cavalerie". 3 pages in-4. S.d.
- Une lettre signée de Berthier au général Oudinot sur les ordres de Napoléon concernant les Aigles des enseignes. Strasbourg, 11 avril 1809. Une page in-4.
- Une lettre du maréchal Lefèbvre à Berthier, la veille de la bataille d'Abensberg (19 avril 1809), donnant les positions de l'ennemi et demandant des renforts de cuirassiers. Signée le Ml duc de Dantzig, Abensberg, le 19 avril (1809) - midi.



 



1803-1814 - correspondance au duc de feltre



- 21 lettres signées de Berthier au duc de Feltre ministre de la Guerre, 19 vendémiaire an 12 (12 octobre 1803)-23 février 1814, (et une copie conforme, au total 43 pages in-4). Le général Clarke, comte de Hunebourg puis duc de Feltre, remplace Berthier au poste de ministre de la Guerre en 1807. Hormis pour la première adressée par Berthier alors ministre de la Guerre lui-même en 1803, cette correspondance, qui couvre essentiellement les années 1808 à 1814, témoigne des rapports directs entre chef d'Etat-major et ministre de la Guerre, type de relation encouragé par le maréchal Berthier lui-même pour une efficacité maximale.



 



1812 - retraite de russie



- Un pli autographe signé de Berthier à sa femme. Kovno (Kaunas, Lituanie), le 12 septembre 1812. Une page in-12 sur f. double, cachet de cire rouge. Donnant, du quartier général de la Grande Armée, des nouvelles du froid et de sa santé.
- Affaire Augereau-Baraguey. Questionnaire signé de Berthier sur la faute le 9 novembre 1812 du général Baraguey d'Hilliers envers le frère du maréchal Augereau durant la retraite de Russie, avec les réponses autographes du major d'Ambrugeau dans la colonne vis à vis. Le général Baraguey sera déchu de son commandement, et renvoyé dans ses terres pour avoir, comme dit Napoléon, "laissé prendre sous ses yeux la brigade du général Augereau". Disgracié, il meurt de désespoir (fièvre nerveuse, 6 janvier 1813) à Berlin sur le chemin du retour. Smolensk, 13 novembre 1812. 4 pages in-folio.



 



1813 - les trois dernières grandes batailles, dessinées par bagetti



- 3 grands dessins à la plume signés Bagetti, figurant les batailles de Wachau (16 octobre 1813), de Leipzig (18 octobre 1813) et de Hanau (29 octobre 1813). Chacune environ 1 mètre sur 40 cm de hauteur. Annotés par Bagetti en rouge des noms des généraux en position. Dessins pris sur le vif ou dans les heures qui suivirent les engagements. Petits manques, déchirures aux pliures. On joint un rapport signé de Berthier à Dresde le 14 septembre 1813 sur les dépenses de cartouches d'infanterie (papier bruni très friable, quelques manques et déchirures).



 



1814 - les opérations de la fin de l'empire



- Une lettre signée de Berthier au maréchal de Bellune (Victor), sur la marche vers Strasbourg. Paris, 3 janvier 1814. 2 pages 1/2. 



 



ordres et missives divers à en-têtes



- 8 pièces signées d'Alexandre, Léopold et César (ses frères) Berthier, et Hugues Maret. Paris, Ajaccio, 3 Pluviose An 8-10 novembre 1811 (23 janvier 1800-10 novembre 1811). A en-têtes de l'Etat-major général, Gouvernement français, Le Ministre de la Guerre, et Police générale. Dont un ordre de Bonaparte (copie signée de Maret). 10 pages in-folio, petites déchirures et froissures.