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De Gaulle, Charles
Estimate
5,000 - 7,000 EUR
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Description
- De Gaulle, Charles
- QUELQUES IDÉES. Manuscrit autographe, s.d. [1953], 5 pages sur 3 feuillets in-4 sur papier à en-tête Le Général de Gaulle, sous chemise demi-maroquin noir moderne.
- paper
IMPORTANT TEXTE POLITIQUE, faisant le procès de la Quatrième République et proposant une réforme politique.
Sous ce titre modeste de Quelques idées, de Gaulle a livré ses idées essentielles, et presque les grandes lignes de son futur programme de gouvernement. En même temps, il fait un bilan extrêmement sévère de la Quatrième République : le régime des partis n'a abouti qu'à affaiblir dangereusement la France, aussi bien sur le plan intérieur que dans le monde. L'argumentation est groupée en 8 points, que de Gaulle développe successivement, avec beaucoup de passion et un grand art du discours.
Nous sommes en janvier 1953. De Gaulle, qui avait démissionné en 1946, se trouve en pleine "traversée du désert". Les élections viennent d'amener un gouvernement présidé par René Mayer, le dix-septième de la Quatrième République depuis 1945. Le cabinet René Mayer démissionnera au bout de quatre mois et demi, en mai 1953, justifiant les craintes exprimées ici par de Gaulle.
De Gaulle constate tristement le résultat des élections faites sous le signe de l'apparentement des partis. Pour forcer la répugnance, trop explicable ! des électeurs, on invoquait la nécessité d'avoir enfin une "majorité" qui en soit une, un "gouvernement" qui en soit un. Conséquence : une crise ministérielle, très grave, celle-là… car elle est l'aveu officiel de la carence organique du pouvoir. Trois premiers ministres pressentis ont refusé, invoquant des raisons diverses, mais qui toutes signifient : impuissance. Voici, devant nous, le quatrième… [René Meyer]. Hélas, il n'a pas de programme susceptible de réunir une majorité réelle, c'est-à-dire compacte et résolue. Donc, les électeurs qui se sont laissés duper… qu'ils mesurent maintenant l'escroquerie politique dont eux-mêmes et le pays sont victimes ! Le pouvoir d'achat ? Il faudrait accroître la productivité par l'association substituée à la lutte des classes. Quant à la question scolaire, elle recouvre en fait le problème de l'éducation : C'est le progrès de l'éducation de la jeunesse française qu'il faut vouloir et favoriser. Ce sont les éducateurs, non les instructeurs, qu'il faut faire aider par les familles responsables de leur choix. Il en vient à la réforme de la Constitution, soulignant la malfaçon de celle en vigueur : Mais croit-on la réparer au moyen des infimes corrections qu'on nous propose ? C'est le système lui-même qui est à changer. C'est la séparation des pouvoirs qu'il faut, comme nous le voulons, nous, instituer aux lieu et place de cette confusion de tout à la discrétion des partis qui ont étouffé la République. Puis il déplore, en politique extérieure, ce lamentable et dangereux effacement de la France. C'est cette matière surtout, - la plus grave de toutes, - qui exige des pouvoirs publics capables de dégager l'intérêt national et de le faire passer au-dessus de toutes les clientèles et intérêts particuliers. C'est cela que nous voulons, nous, en contradiction complète avec le système exclusif des partis… Il s'adresse enfin directement à René Mayer : Vous valez mieux que cela… Vous avez été associé à de grandes choses, à de vastes réalisations. Pourquoi donc vous enfoncer maintenant dans les sables d'un système périmé… Que n'entendez-vous la voix que vous connaissez bien et qui appelle les hommes valables à s'assembler encore une fois par-dessus les clans et les partis… Il termine par un pathétique : Mais pourquoi perdre le temps et gaspiller les chances de la France ?
MANUSCRIT DE PREMIER JET, comprenant de très nombreuses ratures et corrections. L'écriture, ferme et large, montre bien toute la continuité de la pensée politique du Général.
Sous ce titre modeste de Quelques idées, de Gaulle a livré ses idées essentielles, et presque les grandes lignes de son futur programme de gouvernement. En même temps, il fait un bilan extrêmement sévère de la Quatrième République : le régime des partis n'a abouti qu'à affaiblir dangereusement la France, aussi bien sur le plan intérieur que dans le monde. L'argumentation est groupée en 8 points, que de Gaulle développe successivement, avec beaucoup de passion et un grand art du discours.
Nous sommes en janvier 1953. De Gaulle, qui avait démissionné en 1946, se trouve en pleine "traversée du désert". Les élections viennent d'amener un gouvernement présidé par René Mayer, le dix-septième de la Quatrième République depuis 1945. Le cabinet René Mayer démissionnera au bout de quatre mois et demi, en mai 1953, justifiant les craintes exprimées ici par de Gaulle.
De Gaulle constate tristement le résultat des élections faites sous le signe de l'apparentement des partis. Pour forcer la répugnance, trop explicable ! des électeurs, on invoquait la nécessité d'avoir enfin une "majorité" qui en soit une, un "gouvernement" qui en soit un. Conséquence : une crise ministérielle, très grave, celle-là… car elle est l'aveu officiel de la carence organique du pouvoir. Trois premiers ministres pressentis ont refusé, invoquant des raisons diverses, mais qui toutes signifient : impuissance. Voici, devant nous, le quatrième… [René Meyer]. Hélas, il n'a pas de programme susceptible de réunir une majorité réelle, c'est-à-dire compacte et résolue. Donc, les électeurs qui se sont laissés duper… qu'ils mesurent maintenant l'escroquerie politique dont eux-mêmes et le pays sont victimes ! Le pouvoir d'achat ? Il faudrait accroître la productivité par l'association substituée à la lutte des classes. Quant à la question scolaire, elle recouvre en fait le problème de l'éducation : C'est le progrès de l'éducation de la jeunesse française qu'il faut vouloir et favoriser. Ce sont les éducateurs, non les instructeurs, qu'il faut faire aider par les familles responsables de leur choix. Il en vient à la réforme de la Constitution, soulignant la malfaçon de celle en vigueur : Mais croit-on la réparer au moyen des infimes corrections qu'on nous propose ? C'est le système lui-même qui est à changer. C'est la séparation des pouvoirs qu'il faut, comme nous le voulons, nous, instituer aux lieu et place de cette confusion de tout à la discrétion des partis qui ont étouffé la République. Puis il déplore, en politique extérieure, ce lamentable et dangereux effacement de la France. C'est cette matière surtout, - la plus grave de toutes, - qui exige des pouvoirs publics capables de dégager l'intérêt national et de le faire passer au-dessus de toutes les clientèles et intérêts particuliers. C'est cela que nous voulons, nous, en contradiction complète avec le système exclusif des partis… Il s'adresse enfin directement à René Mayer : Vous valez mieux que cela… Vous avez été associé à de grandes choses, à de vastes réalisations. Pourquoi donc vous enfoncer maintenant dans les sables d'un système périmé… Que n'entendez-vous la voix que vous connaissez bien et qui appelle les hommes valables à s'assembler encore une fois par-dessus les clans et les partis… Il termine par un pathétique : Mais pourquoi perdre le temps et gaspiller les chances de la France ?
MANUSCRIT DE PREMIER JET, comprenant de très nombreuses ratures et corrections. L'écriture, ferme et large, montre bien toute la continuité de la pensée politique du Général.