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Grande commode en placage de bois de rose et amarante à monture de bronze doré de la fin de l'époque Louis XV, vers 1770, estampillée J.STUMPFF et JME
Description
- tulipwood giltbronze
- Haut. 91,5 cm, larg. 141,5 cm, prof. 63 cm
- Height 36 in; width 55 3/4 in; depth 24 3/4 in
Provenance
Condition
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Catalogue Note
La forme de cette commode avec le ressaut central, la composition et la richesse de l’ornementation en bronze doré en fait un modèle particulièrement réussi illustrant la transition des styles Louis XV et Louis XVI, vers 1770. Elle est sans nul doute une des réalisations les plus abouties de J.-C. Stumpff.
Stumpff s’était semble-t-il spécialisé dans la réalisation de panneaux en marqueterie à motifs géométriques qu’il fabriquait pour ses confrères et les marchands-merciers de la capitale. Cette commode illustre toutefois sa parfaite maîtrise des techniques de l’ébénisterie et s’intègre à un ensemble de pièces présentant des caractéristiques communes :
- une paire d’encoignures vendue chez Christie’s à New York les 16-17 novembre 1979, lot 486, estampillée de Stumpff avec un décor tout à fait identique, marbre blanc, ancienne collection Winston (fig. 1).
- une paire de commodes à deux rangs de tiroirs conservée à la Frick Collection à New York (inv. 15.5.40/41), estampillée P. Dupré, même décor, marbre brèche d’Alep (fig. 2).
La production de Dupré est peu référencée alors que la similitude entre la paire de commodes de la Collection Frick, notre commode et la paire d’encoignures est flagrante. On peut y voir une commande particulière et l’intervention de plusieurs ébénistes pour réaliser rapidement un travail de cette ampleur qu’un seul atelier n’aurait pu honorer. Cette suggestion permet de rappeler la collaboration effective entre différents ateliers et les liens de sous-traitance qui pouvaient unir les membres de la corporation.
L’importance de la communauté des ébénistes d’origine allemande à Paris à cette époque et les nombreux liens (familiaux, professionnels ...) qui les rapprochaient militent pour la comparaison de cette commode avec certaines pièces sorties de l’atelier de Roger Vandercruse dit Lacroix (qui estampillait RVLC), situé rue Saint-Antoine et voisin de celui de Stumpff, installé rue Saint-Nicolas.
A cet égard, on peut citer plusieurs commodes de RVLC possédant cette architecture mais avec des panneaux en marqueterie à motif floral qui ont été livrées par Joubert pour le garde-meuble royal :
- une commode (n°2622 du garde-meuble) livrée pour la comtesse de Provence à Compiègne.
- une commode (n°2718 du garde-meuble) livrée pour la comtesse d’Artois à Versailles.
- une commode (n°2666 du garde-meuble) commandée pour Madame du Barry à Versailles.
L’ornementation de bronze doré typique des années 1770 et du renouveau classique se retrouve sur plusieurs exemples comme le secrétaire de Saunier provenant de l’ancienne collection Ojjeh, vente Sotheby’s Monaco le 25 juin 1979, lot 25.