Lot 59
  • 59

Statue, Dogon Djennenké, Mali

Estimate
30,000 - 40,000 EUR
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Description

  • Statue, Dogon Djennenké
  • wood
  • haut. 40 cm
  • 15 2/3 in

Provenance

Collecté in situ par Hélène et Henri Kamer en 1956
Collection Henri Kamer, Paris
Tajan, Paris, 8 novembre 1996, n° 44
Alain de Monbrison, Paris
Collection Hélène et Philippe Leloup, Paris
Collection privée

Exhibited

Kamer, Arte Negra, n° 11, octobre 1973

Catalogue Note

En 1957, Hélène et Henri Kamer rapportèrent de leur première expédition en pays Dogon, notamment un ensemble de cinq statuettes très étroitement apparentées - dont la plus importante est celle présentée ici. Leur style différait du corpus connu jusqu'alors à travers les quelques œuvres Dogon parvenues en France dans la période de l'entre-deux-guerres (collections Marcel Griaule, Bela Hein, Léonce et Pierre Guerre, Barnes ou encore André Lefèvre), et de celles collectées par Langlois en 1953-55 (pour la plupart Tellem).  

Ultérieurement identifié par Hélène Leloup comme "Djennenké" (Leloup, Statuaire Dogon, 1994), ce style s'impose aujourd'hui comme l'un plus emblématiques de l'ancienne statuaire Dogon. Les détails caractéristiques de l'iconographie - en particulier les scarifications en motifs quadrillés gravées sur les tempes, et la coiffure soit en chignon, soit à tresses - comme ici - associés à l'étude des anciennes migrations et à la datation au C14, ont permis à Hélène Leloup de préciser l'histoire et l'origine de ce style. Celui-ci relève des migrations, parties de Djenné lors de la conversion de la ville à l'Islam, vers le XIe siècle. "Le sultan Konboro adopta le premier l'Islam vers la fin du sixième siècle de l'hégire [...] il adjura le paganisme" in Abderrahmane Es Saâdi Tarrikh es-Soudan, vers 1650, traduction de Houdas, 1900, p. 23). Ceux qui refusèrent de se convertir furent chassés de la ville et ils s'installèrent progressivement dans l'Ouest du Plateau de Bandiagara. Ils y formèrent plusieurs groupes et développèrent, entre le XIe et le XVe siècle, l'art dit Djenenké (Leloup, idem, p. 119-136). 

Hélène et Henri Kamer acquirent ce premier ensemble connu de statues Djennenké dans le village de Sanga auprès de Ogubarra Dolo, dont l'obédience musulmane lui permettait d'agir en tant qu'intermédiaire auprès des familles Dogon acceptant de vendre quelques sculptures. Hélène Leloup attribue ce corpus à un atelier de forgerons qui travaillait pour les villages de NGouma, Kadial-Toupé et Namague (communication personnelle, octobre 2014). Henri Kamer conserva précieusement cette œuvre et céda les quatre autres à Jacques Kerchache. Une fut exposée en 1958 à Besançon, lors de l'exposition "L'art de l'Afrique Noire", organisée par Jacqueline Delange au Palais Granvelle (Leiris et Delange, L'art de l'Afrique Noire, 1958, pl. V, cat. 34) ; une autre au musée Zervos, à Vézelet, au Printemps 2014 (Tristan Tzara et Cahiers d’Art, Autour d’une statuette Dogon, 2014, p. 26-27, datée au C14 XIIIe-XIVe siècle). Voir Leloup (idem, n° 12) pour la statue Djennenké de la collection Malcom, arborant la même coiffure à tresses, et de Grunne (Mains de Maîtres, n° 8) pour une autre statuette apparentée porteuse de coupe.