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Amedeo Modigliani
Description
- Amedeo Modigliani
- Paul Alexandre vu de trois quarts, la main gauche dans la poche
- porte le tampon DE P.A. et le numéro 4.04 (en bas à droite)
- crayon gras sur papier
- 27 by 19.7 cm ; 10 5/8 by 7 3/4 in.
Provenance
Par descendance au propriétaire actuel
Exhibited
Literature
Osvaldo Patani, Amedeo Modigliani, Catalogue Generale, Disegni 1906-1920 con i disegni provenienti dalla collezione Paul Alexandre (1906-1914), Milan, 1994, no. 777, reproduit p. 350
Condition
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Catalogue Note
La présente œuvre s’inscrit dans une série de portraits que Modigliani fit de son mécène Paul Alexandre au cours de l’année 1909. Cela fait alors deux ans que les deux hommes se fréquentent et ils sont devenus des amis proches. Après avoir demandé à son père, Jean-Baptiste Alexandre, de poser pour le jeune peintre à la fin de l’année 1908, Paul Alexandre accepte en 1909 de servir lui-même de modèle. Il en résultera trois tableaux, ainsi qu’un très bel ensemble de dessins (répertoriés sous les numéros 408 à 414 dans le catalogue de Noël Alexandre, Modigliani Inconnu, Dessins de la Collection Paul Alexandre, Paris, 1996). Ces dessins, dans lesquels Paul Alexandre adopte plus ou moins la même pose, apparaissent tous comme des études faites en vue de deux portraits magistraux, Paul Alexandre sur fond brun et Paul Alexandre sur fond vert. Le présent dessin est indéniablement le plus abouti de la série : si le visage se rapproche plus du tableau Paul Alexandre sur fond vert, la pose de Paul Alexandre, la main dans la poche, est en revanche celle qui sera adoptée par Modigliani dans le tableau Paul Alexandre sur fond brun.
Ce portrait se distingue des portraits ultérieurs que fera Modigliani de son mécène (entre 1911 et 1914). Alors qu’en 1909, Modigliani fait un portrait mondain de Paul Alexandre, représentant celui-ci dans une pose aristocratique et dans un décor opulent, les portraits plus tardifs tendront vers plus d’intériorité. Le présent dessin démontre la véritable maestria technique dont fait alors preuve l’artiste. Le coup de crayon est ainsi d’une grande assurance, sans hésitation, tandis que la composition vise à créer une impression d’équilibre et de dynamisme : les plis du rideau prolongent ainsi les courbes de l’habit, créant un mouvement ascendant, tandis que le cadre visible dans le fond introduit des lignes verticales et horizontales structurant l’ensemble. On retrouve ici l’incroyable technique tant vantée par Paul Alexandre lorsqu’il confiait : "Ses grandes créations d’avant-guerre ont été longuement méditées et mûries. Il s’en délivrait ensuite dans un chef d’œuvre. […] Quand une figure hantait son esprit, il dessinait fiévreusement avec une rapidité inouïe, ne retouchant pas, recommençant dans une soirée dix fois le même dessin à la clarté d’une bougie, jusqu’à ce qu’il ait obtenu le contour désiré dans un jet qui le satisfasse. D’où la pureté et la fraîcheur incomparable de ses plus beaux dessins" (in Noël Alexandre, Modigliani Inconnu, Dessins de la Collection Paul Alexandre, Paris, 1996, p. 65).