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Germaine Richier
DON QUICHOTTE
SIGNED, NUMBERED HC1 AND STAMPED WITH THE FOUNDRY MARK SUSSE; BRONZE WITH BROWN PATINA. EXECUTED IN 1950-1951, THIS WORK IS NUMBERED HC1 FROM AN EDITION OF 11.
Estimate
500,000600,000
LOT SOLD. 1,665,500 EUR
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Germaine Richier
DON QUICHOTTE
SIGNED, NUMBERED HC1 AND STAMPED WITH THE FOUNDRY MARK SUSSE; BRONZE WITH BROWN PATINA. EXECUTED IN 1950-1951, THIS WORK IS NUMBERED HC1 FROM AN EDITION OF 11.
Estimate
500,000600,000
LOT SOLD. 1,665,500 EUR
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Details & Cataloguing

Art Contemporain

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Paris

Germaine Richier
1902 - 1959
DON QUICHOTTE
SIGNED, NUMBERED HC1 AND STAMPED WITH THE FOUNDRY MARK SUSSE; BRONZE WITH BROWN PATINA. EXECUTED IN 1950-1951, THIS WORK IS NUMBERED HC1 FROM AN EDITION OF 11.
signé, numéroté HC1 et porte la marque du fondeur Susse
bronze à patine brune
212 x 73,5 x 86,5 cm; 83 1/2 x 29 x 34 in.
Exécutée en 1950-1951, cette oeuvre est le numéro HC1 d'une édition de 11 exemplaires.
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Provenance

Galerie Creuzevault, Paris
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel (1976)

Exhibited

Venise, XXVIe Biennale internazionale d'arte, 14 juin - 19 octobre 1952; catalogue, no.150 (autre exemplaire)
Paris, Palais de New York, IXe Salon de mai, 7 - 31 mai 1953 (autre exemplaire)
Sao Paulo, Musée d’Art Moderne, Ie Biennale ; catalogue, no.148 (autre exemplaire)
Bâle, Kunsthalle, Germaine Richier, Bissière, H.R Schiess, Vierira da Silva, Raoul Ubac, 17 juin - 25 juillet 1954; catalogue, no.11 (autre exemplaire)
Bienne, collège des Près Ritter, Exposition suisse de sculpture en plein air, 19 septembre - 17 octobre 1954; catalogue, no.167 (autre exemplaire)
Chicago, The Allan Frumkin Gallery, The sculpture of Germaine Richier, 1954; catalogue, no.12 (autre exemplaire)
Amsterdam, Stedelijk Museum, Germaine Richier and Vieira da Silva, 1955; catalogue, n.p., no.32, illustration (autre exemplaire)
Roubaix, Galerie Marcel Evrard, Germaine Richier, Roger Vieillard, 1955; catalogue, no.2 (autre exemplaire)
Paris, Musée National d'Art Moderne, Germaine Richier, 10 octobre - 9 décembre 1956; catalogue, no.15, planche IX, illustré (autre exemplaire)
New York, Martha Jackson Gallery, The Sculptures of Germaine Richier, 27 novembre - 27 décembre 1957; catalogue, no.8 (autre exemplaire)
Minneapolis, Walker Art Center, Sculptures by Germaine Richier, 1958; catalogue,  no.9, illustré (autre exemplaire)
New York, Museum of Modern Art, New Images of Man, 1959; catalogue, no.89, illustré (autre exemplaire)
Venise, Palazzo Grassi, Dalla Natura all'Arte, 1960; catalogue, no.5, illustré (autre exemplaire)
Rennes, Musée de Rennes, Aspects insolites et tragiques de l'art moderne, 11 mars - 30 avril 1962; catalogue, no.46, illustré (autre exemplaire)
Zürich, Kunsthaus, Germaine Richier, 1963; catalogue, no.42, illustré (autre exemplaire)
Paris, Galerie Creuzevault, Germaine Richier 1904-1959, 1966; catalogue, illustré
Chicago, Museum of Contemporay Art, In the Mind's Eye, Dada and Surrealism, 1984-1985; catalogue, p.209, illustré (autre exemplaire)
Saint-Paul de Vence, Fondation Maeght, Germaine Richier, Rétrospective, 1966; catalogue, p.99, no.41, illustré (autre exemplaire)
Humlebaek, Louisiana Museum of Modern Art, Germaine Richier, 1988; catalogue, p.8-17, p.20-32 et p.33, no.15, illustré (autre exemplaire)
Paris, Artcurial, Corps, figures, 27 avril - 1er juillet 1989; catalogue, illustré (autre exemplaire)
Berlin, Akademie der Künste, Germaine Richier, 7 septembre - 2 novembre 1997; catalogue, p.20-31, p.46-57 et p.16, p.42, p.48, p.71, no.45, illustré (autre exemplaire)
Hora, Andros, Basil & Elise Foundation - Museum of Contemporary Art, Glancing at the Century, 28 juin - 20 septembre 1998; catalogue, illustré
Venise, Peggy Guggenheim Collection, Richier, 28 octobre 2006 - 5 février 2007; catalogue, p.112-113, illustré (autre exemplaire)
Berne, Kunstmuseum, Germaine Richier, 29 novembre 2013 - 6 avril 2014; catalogue, p.103, illustré (autre exemplaire)

Literature

René de Solier, La Biennale de Venise, Preuves, Paris, juillet 1952, p.45-48, no.17, illustré (autre exemplaire)
Waldemar George, Les sculpteurs construisent un univers de formes : « les idoles de Germaine Richier », Art et Industrie, Nancy, 1954, no.29
Pierre Francastel, La nouvelle sculpture, Richier Germaine, Paris, 1954, p.316-320 et p.399
Grenier Jean, Germaine Richier, sculpteur du terrible, L’œil, Paris, septembre 1955, p.26-31, no.9
Denys Chevalier, Un grand sculpteur : Germaine Richier, Prestige français et Mondanités, Paris, septembre 1956, p.60-65, no.19, illustré (plâtre original)
Bernard Milleret, Envoûtement de Germaine Richier, Les Nouvelles littéraires, Paris, 11 octobre 1956
Suzanne Tenand, De Germaine Richier à Léonard de Vinci, Tribune des nations, Paris, 16 octobre 1956
Georges Limbour, Le pouce de Germaine Richier, France Observateur, Paris, 1er novembre 1956
Michel Conil-Lacoste, Germaine Richier ou la confusion des règnes, Cahiers du sud, Marseille, février 1957, p.307-311
Yvon Taillander, Germaine Richier, Connaissance des Arts, Paris, juillet 1958, p.24-29, no.77
Georges Limbour, préface du catalogue de l’exposition Germaine Richier, Galerie Creuzevault, Paris, 3-23 juin 1959
Peter Selz, « Germaine Richier 1904-1959 », in New Images of Man, New York, 1959, p.129-133
Michel Seuphor, « XV. La sculpture figurative », in La sculpture de ce siècle, dictionnaire de la sculpture moderne, Neuchâtel, 1959, p.109-118
Jean Cassou, Richier, Sculpteurs Modernes, Paris, 1961
Marianne Adelmann, Sculptures in the streets, The Studio, Londres, novembre 1962, p.164-169, no.835
Enrico Crispolti, « Germaine Richier », in I maestri della scultura, Milan, 1968, p.50-52, no.65
Ionel Jianou, Gérard Xurigura et Aube Lardera, « Richier Germaine », in La sculpture moderne, Paris, 1982, p.178
Elisabeth Lebovici, L’atelier de Germaine Richier vu par Pierre-Olivier Deschamps, Beaux-Arts magazine, Paris, novembre 1989, p.94-99, no.73

Catalogue Note

Conçu en 1950, Don Quichotte marque le début d’une nouvelle manière chez Germaine Richier : une manière longue. Aux figures aux proportions massives et denses venues du fond des âges, celle de L’Ogre par exemple (1947-1948), succèdent à partir de Don Quichotte, des figures aux membres fins, tout à la fois graciles et à la limite de la rupture. Don Quichotte est en outre l’oeuvre la plus grande (plus de deux mètres de haut) de l’œuvre de Richier. Son caractère inaugural et sa taille qui flirte avec les limites de la norme et de l’homme, désignent Don Quichotte comme une œuvre impérieuse. Peu de temps avant, Richier a travaillé au Christ de l’Eglise d’Assy, œuvre de commande où la corporéité s’extrémise, comme si elle se dissolvait dans le concept.  Don Quichotte est de cette veine idéaliste et dépouillée : le chevalier errant de Cervantes s’abstrait du romanesque picaresque. Il acquiert avec Richier une authentique noblesse. Tandis que le bras gauche levé signale l’attraction vers le ciel, la diagonale virile de la lance fichée dans la base indique la détermination. Le Don Quichotte de Richier n’est pas un guerrier de pacotille. A l’égal d’un Sisyphe, il faut l’imaginer conquérant, traversant les forêts de ses jambes grandes et noueuses modelées à partir de branches d’arbre. Comme le bras gauche, mi-humain, mi-végétal, elles laissent entrevoir l’imaginaire quasi-panthéiste de Richier : un imaginaire moins fantasque que dramatique où il est à croire que les éléments se sont ligués pour la beauté. Le visage exempt de tout détail anatomique confirme la transfiguration à l’œuvre. Sous les mains de Richier, à la surface des anfractuosités du bronze, dans son dépouillement chevaleresque et presque prophétique, entre puissance et fébrilité, Don Quichotte acquiert une dimension universelle hors du commun. Le dépassant de quelques centimètres, Don Quichotte s’impose à l’égal de L’Homme qui marche de Giacometti.

Conceived of in 1950, Don Quixote marks the beginning of a new style in Germaine Richier’s work: a long, slim style. In contrast with the age old figures of massive, dense proportions such as L’Ogre for example (1947-48), a series of slim figures, both slender and teetering on the edge of breakage follow Don Quixote. Don Quixote is moreover the largest work made by Richier, measuring over two meters high. Its inaugural character and its size that pushes beyond the normal limits of man, define Don Quixote as a superior work. Shortly before Richier worked on a figure of Christ from the Church of Assy, a commissioned work where corporeality is pushed to an extreme, as if dissolved into concept. Don Quixote is of the same stark, idealist vein: Cervantes’ errant horse rider pulls away from the romantic picaresque. With Richier, he acquires a certain authentic noblesse. While the raised left arm indicates an attraction towards the sky, the virile diagonal of the lance stuck in the base indicates determination. Richier’s Don Quixote is not a cheap hero. Like Sisyphus, he is to be seen as a conqueror, walking through forests with his long, gnarled legs modelled from tree branches. Akin to the half human, half vegetal left arm, these legs allow for a glimpse of Richier’s almost pantheistic imagination: an imaginary world that is less fantastic than dramatic where the elements seem to join together for the sake of beauty. A face exempt of all anatomical detail confirms the work’s transfiguration. Beneath Richier’s hands, under the crevassed bronze surface in almost prophetic and knightly austerity, between strength and restlessness, Don Quixote acquires an extraordinary universal dimension. A few centimetres taller, Don Quixote stands equal to Giacometti’s L’Homme qui marche.

Don Quichotte, Sculture nella città, Spoleto, 1962 © D.R.

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