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Console desserte en acajou et monture de bronze patiné et doré, Allemagne, attribuée à Johannes Klinckerfuss, vers 1810
Description
- Haut. 169 cm, larg. 131 cm, prof. 75 cm
- Height 66 1/2 in; width 51 1/2 in; depth 29 1/2 in
Provenance
Vente Christie’s à Monaco, 18 Juin 1989, lot 202.
Condition
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Catalogue Note
Johannes Klinckerfuss et la Cour du Württemberg
L’un des plus grands ébénistes allemands de son temps, Klinckerfuss commença sa carrière dans l’atelier de David Roentgen à Neuwied. Roentgen, ébéniste de réputation internationale ayant fortement contribué à diffuser le néoclassicisme en Allemagne, recommanda Klinckerfuss à Dorothee Sophie de Württemberg. A partir de 1793 et jusqu’à sa mort, Klinckerfuss travailla pour la Cour de Württemberg, dont les capitales étaient Stuttgart et Ludwigsburg, et les résidences principales les Schloss Fantaisie, Hohenheim et Ludwigslust. Le titre d’ébéniste de la Cour lui fut notamment réservé de 1799 à 1812, après quoi il installa son atelier à Stuttgart.
A cette époque, l’Etat du Württemberg connaissait d’importantes transformations politiques : on entreprit donc de grandes rénovations pour que les châteaux d’apparat des électeurs du Württemberg soient dignes de leurs nouvelles fonctions. Le style néoclassique issu de France ou d’Angleterre fut utilisé pour ces résidences : ce mode de décoration et l’aspect sévère de sa déclinaison Empire étaient en effet particulièrement appréciés dans le sud-ouest de l’Allemagne, de Munich à Würzburg.
Pour remeubler les châteaux du Württemberg, Klinckerfuss fournit du mobilier Empire. Par son esprit architectural ainsi que par l’organisation des bronzes et de son piètement, notre console-desserte peut se rapprocher d’un bureau présenté sur le marché de l'art allemand par Peter Mühlbauer, provenant des collections du roi Wilhelm I. of Baden-Württemberg, et décoré de plaques de porcelaine peintes par Charlotte Mathilde, épouse de Friedrich II.
Une possible collaboration avec Casimir Münch et Nikolaus Friedrich von Thouret
La place importante des bronzes patinés et dorés de cette console-desserte fut peut-être le fruit d’une entente entre Klinckerfuss et le Hofciseleur Casimir Münch, bronzier de la Cour. Les informations au sujet de ce dernier sont rares, mais sa collaboration avec Klinckerfuss est attestée pour certains meubles.
A Hohenheim ou Ludwigsburg, Klinckerfuss a pu s’inspirer d’un dessin préparatoire de Nikolaus Friedrich Von Thouret, architecte officiel de la Cour de Württemberg de 1799 à 1817. Ce dernier pratiquait le style néoclassique qu’il avait étudié à Paris puis à Rome dans une variété de disciplines: rénovation et décoration d’intérieurs de châteaux et de théâtres, décorations de fêtes, ou encore aménagement de parcs. Il fut fortement impliqué dans la décoration des châteaux Favorite, Monrepos, Hohenheim, Ludwigslust et du Neue Schloss de Stuttgart. En termes de mobilier, Christie’s Londres a accordé à Nikolaus Friedrich Von Thouret la paternité du dessin d’un ensemble de sièges, d’un sofa et d’un guéridon (Christie’s Londres, 7 juillet 2011, lots 596, 597 et 598).