PF1313

/

Lot 88
  • 88

Brasillach, Robert

Estimate
2,000 - 3,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Brasillach, Robert
  • Deux lettres autographes signées. Fresnes, 8 novembre 1844 et 28 janvier 1945. -- Note autographe. [Septembre 1944].
Une page in-8 (207 x 135 mm), 2 pages petit in-4 sur papier quadrillé (222 x 173 mm) et une page in-8 (155 x 130 mm), découpée et remontée sur le même double feuillet que la première lettre (quelques lignes se devinent au verso). Petites taches d'encre sur la lettre de 1945.

Catalogue Note

S'étant constitué prisonnier en septembre 1944 et emprisonné à Fresnes, Brasillach fut jugé le 19 janvier 1945 et condamné à mort. Malgré une importante pétition d’artistes et d’intellectuels renommés, la sentence fut exécutée le 6 février suivant.

La première lettre, signée "Robert Brasillach / cellule 344 / Fresnes", est adressée au commissaire du Gouvernement. Il l'informe qu'il adjoint à sa défense Me Noël et demande un permis de communiquer.

La seconde lettre, écrite dix jours après sa condamnation à mort, s'adresse à son cher Yves [Morault], et revient sur le déroulement de son procès, les mots qu'on lui a laissé prononcer, le réquisitoire très dur, "essentiellement sur les attaques contre les communistes et contre Reynaud - Mandel, et la fameuse phrase 'Nous avons tous plus moins couché avec l'Allemagne'", la plaidoirie de Maître Isorni qui a su ébranler les jurés "si abrutis de propagande soient-ils", la décision du Président qui a poussé à la condamnation, les réactions de la presse qui n'a pas été trop méchante. "Depuis, on s'agite beaucoup. Pétition d'écrivains. On a lu au procès des lettres de Mauriac, Valéry, Claudel, Marcel Aymé. [...] Colette - ô honte ! refusait de signer, c'est Cocteau (étrange rencontre) qui l'a fait signer"...
Quant à la page autographe, à l’encre bleue, il s'agit d'un fragment de journal, écrit peu de temps avant son arrestation. Brasillach y évoque le départ de certains journalistes collaborationnistes pour Baden-Baden et la nouvelle du suicide de Drieu la Rochelle par empoisonnement : "C’est absurde, c’est fou, mais ce n’est pas sans noblesse".