PF1313

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Lot 64
  • 64

Alain-Fournier

Estimate
7,000 - 9,000 EUR
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Description

  • Alain-Fournier
  • 23 lettres ou cartes autographes signées, à divers correspondants. Avril 1910-mars 1914.
Et parmi ses autres correspondants, André Suarès, Charles Morice, ou encore Willy, évoquant Le Grand Meaulnes.

30 p. in-8, in-12 ou in-16, avec quatre enveloppes, montées sur onglets en un volume in-8 (200 x 150 mm). reliure signée montecot. Demi-maroquin noir à coins, dos lisse titré.

Ce recueil s’ouvre sur une lettre et une carte postale adressées à Mme Brochet de Quièvrecourt, muse et inspiratrice du personnage d’Yvonne de Galais, rencontrée en 1905, et qu'Alain-Fournier revit à Rochefort durant l’été 1913, devenue Mme Amédée Brochet, mère de deux enfants qu'il embrasse ici tendrement, tout en se disant "affreusement triste et découragé".  
A la suite de ces deux émouvantes missives, on trouvera entre autres une lettre au directeur de la revue Schéhérazade auquel il reproche d’avoir publié "Partie de plaisir" [texte en prose dédié à Debussy, paru le 15 septembre 1910] sans qu’il ait pu le corriger, deux lettres à Gustave Tronche, à propos de sa collaboration au Paris-Journal et à L’Intransigeant. Le 16 avril 1910, il remercie André Suarès pour ses éloges : "Les paysans savent mal exprimer leur amour et je ne suis qu’un paysan très ignorant", le remerciant trois ans plus tard pour un exemplaire de Cressida portant une dédicace faisant l’éloge du Grand Meaulnes.
La publication de ce roman est prétexte à une lettre à Emile Paul concernant son contrat d'édition et Mme Casimir-Périer [l’actrice Pauline Benda, dite Mme Simone]. A cette occasion, Alain-Fournier remercie également Henry Gauthiers-Villars [Willy] ou Lucien Descaves [juré du Prix Goncourt, prix finalement attribué au Peuple de la mer de Marc Elder]. Le 2 janvier 1911, Alain-Fournier écrit au collectionneur d’art Gabriel Frizeau à propos de Charles Péguy, "si parfaitement simple et généreux et admirable" et d'une polémique à laquelle Desjardins et Copeau ont pris part. Citons encore une carte postale écrite de La Chapelle d’Angillon dans le Cher au sujet de Jules Vallès dont on ne dit pas suffisamment qu’il était un admirable humoriste ("toute l’école Jules Renard !"), un billet probablement adressé à Léon-Paul Fargue dont il vient de lire les Hymnes dans La Phalange, et une lettre concernant le club sportif qu'Alain-Fournier envisage de créer avec de jeunes écrivains et artistes. Parmi les autres destinataires, mentionnons Jacques Rouché, fondateur et directeur de La Grande revue, Emile Henriot, le directeur du Temps, Charles Morice, auteur d’une Lettre à mes amis sur quelques points de durable actualité, ou encore Aurélien Coulanges, directeur de la revue Les Marches de Provence et initiateur d'une enquête à laquelle Alain-Fournier répond : "l’homme d’esprit peut n’être qu’un observateur, mais le fantaisiste est nécessairement un créateur" et il cite Giraudoux, Derême ou Carco.