PF1313

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Lot 46
  • 46

Nerval, Gérard de

Estimate
10,000 - 15,000 EUR
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Description

  • Nerval, Gérard de
  • 15 lettres ou billets autographes signés, à divers correspondants. Paris ou Passy, 1844-1855.
16 pages in-12, à l'encre ou à la mine de plomb, avec 9 feuillets de suscription, marques postales, montées sur onglets en un vol. in-12 (155 x 110 mm.). Reliure signée D. Montecot. Veau framboise, dos lisse titré (légères éraflures).

Dans l’ordre du montage :

- A Louis Desessart. [Paris, 11 février 1844]. Lettre coécrite par Théophile Gautier et par un troisième scripteur non identifié, au retour de son voyage d’Orient à l’éditeur attitré de Gautier, qui publia la pièce de Nerval Léo Burckart, avec Barba en 1839, et qui s’est réfugié à Bruxelles à la suite d’ennuis financiers. "Quelle tristesse que Paris quand on revient des pays éclairés de soleil. […] J’ai vu L’Egypte 6 mois ; puis j’ai séjourné en Syrie 3 mois - à Constantinople 4 mois le reste en route. C’est assez beau. Je ne m’amuse plus qu’en voyage et je vis double autant que je puis. Vous, me dit-on, vous travaillez beaucoup et gagnez peu. Moi, je ne gagne à peu près rien, que de quoi manger maigrement. Espérons que nous nous reverrons dans des idées plus consolantes". Puis c’est à Gautier de prendre la plume, sur un ton mélancolique, pour regretter leur séparation, et enfin c'est au tour d'un troisième comparse, un nommé Robert, ami des deux hommes et qui les a encouragés à écrire cette lettre.
- Ce 27. 1 page in-12. Reconnaissance de dette pour un acompte de 10 f. reçus de M. Rouy [gérant et caissier de La Presse].
- A son cher Papa. [Mars 1841 ?]. A propos d’une affaire "très embrouillée" dont lui a fait part le notaire Alphonse Leroux, dans laquelle le père de Nerval  est subrogé tuteur : il pourrait s’agir de la liquidation d’une succession concernant un cousin et beau-frère du Dr Labrunie, mais cette explication a été remise en cause par Jean Ziegler dans son édition de la Pléiade. 
- A George Bell. [1854 ?]. Au sujet d’un emprunt "qui a quelques chances de réussir" et de ce que Nerval a raconté ce matin à son ami : "Vous savez que je vous ai fait un conte ce matin. Je sortais des bras de… cherchez". Et il ajoute : "J’emporte  votre bourse neuve et vous laisse le porte-monnaie de M. Bertrand [oncle du Dr Blanche et économe de sa clinique], je vous dirai pourquoi". Ami dévoué, Joachim Hounau, dit George Bell (1824-1899), est l’auteur d’un petit ouvrage sur Nerval, paru juste après la mort du poète.
- A M. Rouÿ. Ce 12, s.d. Il sollicite une avance de 10 fr. sur un feuilleton à paraître…
- A Joseph Méry. [Passy , 23 décembre 1853]. A propos de la pièce de Méry qui vient d’être créée à l’Odéon, Guzman le brave, et dont leur ami Théophile Gautier doit parler dans La Presse.
- A Edmond Seveste, au Théâtre de la République. Ce jeudi [entre octobre 1848 et novembre 1849]. Il demande des places pour le Théâtre Français, se recommandant de leur rencontre chez Alboise [Jules-Édouard Alboise du Pujol, avec lequel Nerval écrivit Les Monténégrins créé à l’Opéra-comique en mars 1849].
- A son cher Denys [Achille Denis, rédacteur en chef du Messager des Théâtres ?]. S.d. [janvier 1850 ?]. Demande de places pour Les Porcherons [opéra-comique de Thomas Sauvage sur une musique d’Albert Grisar].
- A Eugène de Stadler. Ce dimanche [Passy, après le 8 août 1854]. Après son hospitalisation chez le Dr. Blanche : "Si vous revenez + tâchez de venir dîner à la meson blanche demain lundi – sinon mardi ! – pour affaires". Et sur le feuillet de suscription, à la mine de plomb, d’une écriture encore plus désordonnée que celle du billet, avec deux mots illisibles : "’ai donné à Antony et à Blanche […] Mirecourt". Quelques semaines auparavant, Nerval avait lu la biographie qu’Eugène de Mirecourt lui avait consacrée et l’avait jugée exagérée dans son éloge.
- A Armand Barthet. S.d. [Paris, fin 1852 ?]. Avec deux pages de la main de Barthet : au sujet de la pièce de Barthet, Le Chemin de Corinthe que Nerval a chaudement recommandée à Taxile Delord [rédacteur au Siècle] et à Louis Huard [directeur du Charivari] : "c’est très beau (ceci est vague) mais c’est même nouveau. Je n’ai  à blâmer que certains hémistiches assez légers"…  Barthet a annoté cette lettre par un curieux et émouvant portrait de Nerval, rôdant dans les rues de Paris, les poches de sa longue redingote remplies de livres, puis par la description de la cérémonie funéraire au Père Lachaise à laquelle assistèrent Gautier, Buloz, Gustave Planche, Sandeau, Chaix d’Ange…
- A Francis [Wey]. S.d. "J’ai vu aujourd’hui M. de Martres [Auguste de Martres, fonctionnaire au Ministère de l'Intérieur] comme il m’a dit que c’était à peu près arrangé, je me suis décidé"
- A George Bell. 3 billets non datés [vers 1854 et 29 juillet 1854].  Nerval est interné chez le Dr. Blanche et donne rendez-vous à son ami "mais ne vous gênez pas en cas de difficulté...". "Je commence à sortir. Nous prendrons rendez-vous pour nous voir"… Le 29 juillet, il indique qu’il est sorti, "contre mon attente", et suggère à son  ami de lui laisser un mot pour le lendemain.
- A Alphonse Royer directeur du théâtre de l’Odéon.  Ce Janvier 1855.  Il demande des places pour La Conscience [drame d’Alexandre Dumas, créé le 6 novembre précédent].

Condition

Très légères éraflures à la reliure
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Catalogue Note

On a monté in fine l'édition des Deux lettres inédites de Gérard de Nerval à Ferdinand Sartorius. Thierry Bouchard, 1987.

référence : Oeuvres complètes, La Pléiade, t. I-III.