PF1313

/

Lot 45
  • 45

Nerval, Gérard de

Estimate
20,000 - 25,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed

Description

  • Nerval, Gérard de
  • 11 lettres autographes signées à Eugène de Stadler, [août 1840]-20 septembre 1853.
14 pages in-8  ou in-12 (133 x 107 à 195 x 155 mm), dont 9 avec adresses au verso, un en-tête Revue pittoresque. Deux lettres avec petites réparations au papier collant, une petite déchirure par bris de cachet touchant à deux mots du texte.

Il est question de leurs rendez-vous, notamment au Divan Lepelletier. Nerval, acculé par un article à finir, ne pourra pas venir et se justifie par une plaisanterie en latin, inspirée par Virgile : "Labor improbus un travail malhonnête omnia vincit". Et si les problèmes d’argent ne sont pas absents de ces lettres, notamment lors des ennuis financiers de l’éditeur de Léo Burckart forcé de fuir en Belgique, Nerval s’adresse également à son ami à propos de sorties, de spectacles ou même d’un bal. Le 7 avril 1845, il parle d’une pièce de Théophile Gautier [Le Tricorne enchanté]. Il demande un renseignement sur un livre d’archives nobiliaires en 8 volumes qu’il a vu chez son ami, l’informe d’un rendez-vous chez Verteuil, de la Comédie française, qui l’a inscrit pour la lecture d’une pièce en un acte : "je suis arrivé à temps parce que Beauvalet était venu demander lecture pour un Roméo et Juliette".
Nerval a croisé Victor Hugo et Alexandre Dumas, refugiés à Bruxelles. Le 12 mai 1852, il écrit d’Anvers : "J’attends l’ouverture des riddecks, endroits charmants où l’on voit danser le sexe facile. Je me bornerai j’espère à ce plaisir que le jeune V.H. m’envie en ce moment, forcé qu’il est de faire gravement la société de son père à Brux. J’ai quitté aussi et laissé assez mornes le A.D. et le Parf[ait], son intime actuel. Ces hommes travaillent effroyablement ; je n’ai pas eu encore tant de courage". Il explique qu’il s’est attardé à Bruxelles, où il  été trop nourri. Dumas est bien logé, avec Noël Parfait et sa fille : "Il magnétise une boulangère hystérique et lui fait faire des contorsions surprenantes dont elle n’a plus le souvenir au réveil".
Deux autres lettres de 1852 concernent une publication de Stadler et une note de réclame que Nerval s’efforce de faire paraître dans la presse. Et le dernier billet, écrit de Passy le 20 septembre 1853, en l’invitant à venir dîner en compagnie de Méry, Houssaye et Auguste de Châtillon, suggère à Stadler d’apporter sa musique.
Le poète intervint à plusieurs reprises en faveur des tentatives littéraires de cet ami, notamment pour Le bois de Daphné, opéra-comique qui fut édité en 1852, mais jamais représenté.

Condition

Deux lettres avec petites réparations au papier collant, une petite déchirure par bris de cachet touchant à deux mots du texte.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."

Catalogue Note

Le Baron André Eugène Barthélémy de Stadler (1815-1875), entré en 1833 aux Archives de France, avait été reçu premier au concours de l’Ecole des Chartes. Propriétaire à Vauhallan, près de Palaiseau, il fut maire de cette commune pendant dix ans. Ami de Nerval et de Théophile Gautier, ce dernier le décrit comme "un gai compagnon amoureux de toutes les femmes colossales" et Nadar évoque les soins prodigués par Stadler pendant l’hiver 1851 à un Nerval malade, allant jusqu’à régler les frais de son hospitalisation.

Référence : Oeuvres complètes, T. I-III.