PF1313

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Lot 44
  • 44

Nerval, Gérard de

Estimate
25,000 - 30,000 EUR
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Description

  • Nerval, Gérard de
  • 8 lettres autographes signées, [16 octobre 1838]-23 septembre 1853.
8 pages ½ in-8 dont 7 avec adresses, un double feuillet à l’en-tête du journal Le Messager avec une trace de montage par onglet, et un autre à l’en-tête de l’imprimerie Gratiot.

En octobre 1838, alors que lui-même assure le feuilleton théâtral du Messager, il recommande ses amis et confrères critiques auprès d’Anténor Joly de La Renaissance. Il cite Hippolyte Lucas, "un de ces feuilletonistes un peu nomades qu’il faut soigner toujours", Emile Forgues, "un peu dur dans sa critique et je ne vous en réponds pas sur tous les points" -- ce même Forgues à qui Nerval enverra un de ses propres volumes lui demandant d’en rendre compte dans la Revue bibliographique du Commerce -- mais aussi Jules Sandeau de la Revue de Paris, Darthenay  "qui m’a toujours été très utile", Léon Vidal qui est lu en province, en précisant un point souvent oublié par les directeurs de théâtre : que les places accordées aux rédacteurs ne soient pas voisines de la loge du directeur du journal !
S’adressant à Louis Perrot (29 février [1840]), nommé chef du bureau des théâtres au ministère de l’Intérieur, Nerval décrit la capitale autrichienne comme "une ville où l’on peut beaucoup travailler parce qu’on s’y ennuie beaucoup" , après avoir expliqué qu’il a fait à la fois des travaux "de deux sortes, sérieux et légers, il faudra bien que je réussisse au moins d’un côté" . Il demande en post-scriptum s’il est vrai que Dumas est marié [Alexandre Dumas avait épousé Ida Ferrier le 5 février précédent].
Au fil de ces lettres, il est question d’une collaboration avec Marie de L’Epinay, nom de plume de la comtesse Eve de Bradi, nouvelliste et auteur dramatique, et de ses Illuminés qu’il envoie le 16 juin 1852 à Emile de Girardin, en même temps qu’il a donné à Buloz son article sur les fêtes de Hollande : "Je n’ai pas besoin de vous avertir qu’il y a quelque ironie dans la préface sur ce sujet semi-politique du socialisme – à moins que vous ne lisiez pas l’ouvrage". Il évoque aussi des répétitions du Chariot d’enfant (créé le 25 avril 1850), la correction des Nuits de Ramazan [qui paraissent dans Le National], et la première édition in-12 du Voyage en Orient par Charpentier : "je n’aurai guère de corrections dans le premier volume sauf des mots mais beaucoup dans le second" (30 janvier 1851).
Le dernier billet de ce magnifique ensemble, adressé à George Bell le 23 septembre 1853, est daté de la clinique du Dr. Blanche à Passy où Nerval demande à son ami de venir le voir : "vous pourrez faire venir mes effets ici ainsi que l’argent qu’il me faudra. Je vous dirai où j’en ai laissé".

référence : Oeuvres complètes, t. I-III.