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Nerval, Gérard de
Estimate
20,000 - 25,000 EUR
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Description
- Nerval, Gérard de
- 8 lettres autographes signées, [avril 1832] - 23 juin 1851.
9 pages in-8 et 1 page in-4 dont 7 avec adresses au verso. Une lettre fragilisée et fendue à un pli mais sans manque de texte.
La première lettre, non datée [avril 1832] est adressée à Ferdinand Papion du Château pendant l’épidémie de choléra qui sévit à Paris. Nerval étudiant s’est mis au service des médecins, débordés, mais compte rendre visite à son ami pour lui confier son "Cahier de l’Erreur" : "Pour moi il est impossible qu’il me serve jamais, non que je le croie inférieur à moi (alors - je ne vous l’offrirois pas), mais parce qu’il est d'un genre de poésie, autre que celui que j’ai embrassé et qu’à ce titre, il me nuiroit s’il paraissoit sous mon nom, de la même façon qu’une poésie carliste nuiroit à un républicain".
C’est au moment de ses débuts comme dramaturge que Gérard Labrunie adopta son pseudonyme, tout en cherchant sa voie et son style d’écrivain. Il cède ici un de ses manuscrits, une comédie-vaudeville restée inédite jusqu’à sa publication en 1969.
Puis il explique à Du Château, qui a lui-même envoyé un de ses propres opuscules à Hugo et Dumas, qu’il n’en recevra peut-être pas de réponse, du moins par écrit : "Ils ne sont pas grands écriveurs de leur nature […] Leur haute position les met au dessus de ce qui seroit une impolitesse pour d’autres. Moi qui vois M. Hugo depuis quatre ans et qui lui ai adressé tous mes ouvrages, je n’ai jamais reçu qu’une lettre de lui, pour le premier que je lui ai envoyé, pour les autres, je suis allé le voir et il m’en a dit son avis. Et j’ai toujours beaucoup gagné aux conseils qu’il m’a donnés ainsi verbalement qu’au peu qu’il auroit pu m’écrire dans une lettre". Le 26 avril, il informe ce même ami qu’il ne pourra être à leur rendez-vous, devant honorer une consultation avec son père.
Une lettre [apparemment inédite] est adressée à Francisque Michel le 12 septembre [1838 ?], lui reconnaissant le droit de se fâcher comme Jupiter tout en lui réclamant un délai de deux jours pour lui faire remettre un manuscrit "fort bien conservé". Partant pour Francfort à la fin du mois, il lui suggère de lui écrire 14 rue Navarin [l’adresse de Théophile Gautier].
Ami fidèle, Nerval plaide chaleureusement la cause de ses amis : celle d’Auguste de Belloy auprès d’Hippolyte Delaunay, directeur de L’Artiste. Lui-même, "honteux" de ne rien avoir apporté depuis longtemps, s’est remis au travail et, en attendant, recommande les vers remarquables de Belloy : "C’est presque du Lafontaine. C’est une bluette toute artistique que l’on pourrait comparer à une imitation de la renaissance". Ou encore, le 31 mai 1847, celle du peintre Camille Rogier auprès de M. Mourier, chef de cabinet au ministère de l’Instruction publique, et auprès du directeur de la Politique nouvelle, Léopold Amail, celle de M. Meyer, écrivain et artiste, auteur d’un "roman-voyage" dont il vante le style très coloré : "les débuts sont trop rares aujourd’hui dans la haute littérature pour n’avoir pas droit à tout encouragement".
Enfin, il propose un rendez-vous au philosophe Emile Saisset au Divan Lepelletier [datée au verso par une mention de la main du destinataire qui a répondu le 17 novembre 1850], et recommande à Louis Méry, le frère de Joseph, archiviste à Marseille, le fils du général Fauconnet qui se rend en Algérie.
Référence : Oeuvres complètes, t. I (Bibliothèque de la Pléiade, 1989).
La première lettre, non datée [avril 1832] est adressée à Ferdinand Papion du Château pendant l’épidémie de choléra qui sévit à Paris. Nerval étudiant s’est mis au service des médecins, débordés, mais compte rendre visite à son ami pour lui confier son "Cahier de l’Erreur" : "Pour moi il est impossible qu’il me serve jamais, non que je le croie inférieur à moi (alors - je ne vous l’offrirois pas), mais parce qu’il est d'un genre de poésie, autre que celui que j’ai embrassé et qu’à ce titre, il me nuiroit s’il paraissoit sous mon nom, de la même façon qu’une poésie carliste nuiroit à un républicain".
C’est au moment de ses débuts comme dramaturge que Gérard Labrunie adopta son pseudonyme, tout en cherchant sa voie et son style d’écrivain. Il cède ici un de ses manuscrits, une comédie-vaudeville restée inédite jusqu’à sa publication en 1969.
Puis il explique à Du Château, qui a lui-même envoyé un de ses propres opuscules à Hugo et Dumas, qu’il n’en recevra peut-être pas de réponse, du moins par écrit : "Ils ne sont pas grands écriveurs de leur nature […] Leur haute position les met au dessus de ce qui seroit une impolitesse pour d’autres. Moi qui vois M. Hugo depuis quatre ans et qui lui ai adressé tous mes ouvrages, je n’ai jamais reçu qu’une lettre de lui, pour le premier que je lui ai envoyé, pour les autres, je suis allé le voir et il m’en a dit son avis. Et j’ai toujours beaucoup gagné aux conseils qu’il m’a donnés ainsi verbalement qu’au peu qu’il auroit pu m’écrire dans une lettre". Le 26 avril, il informe ce même ami qu’il ne pourra être à leur rendez-vous, devant honorer une consultation avec son père.
Une lettre [apparemment inédite] est adressée à Francisque Michel le 12 septembre [1838 ?], lui reconnaissant le droit de se fâcher comme Jupiter tout en lui réclamant un délai de deux jours pour lui faire remettre un manuscrit "fort bien conservé". Partant pour Francfort à la fin du mois, il lui suggère de lui écrire 14 rue Navarin [l’adresse de Théophile Gautier].
Ami fidèle, Nerval plaide chaleureusement la cause de ses amis : celle d’Auguste de Belloy auprès d’Hippolyte Delaunay, directeur de L’Artiste. Lui-même, "honteux" de ne rien avoir apporté depuis longtemps, s’est remis au travail et, en attendant, recommande les vers remarquables de Belloy : "C’est presque du Lafontaine. C’est une bluette toute artistique que l’on pourrait comparer à une imitation de la renaissance". Ou encore, le 31 mai 1847, celle du peintre Camille Rogier auprès de M. Mourier, chef de cabinet au ministère de l’Instruction publique, et auprès du directeur de la Politique nouvelle, Léopold Amail, celle de M. Meyer, écrivain et artiste, auteur d’un "roman-voyage" dont il vante le style très coloré : "les débuts sont trop rares aujourd’hui dans la haute littérature pour n’avoir pas droit à tout encouragement".
Enfin, il propose un rendez-vous au philosophe Emile Saisset au Divan Lepelletier [datée au verso par une mention de la main du destinataire qui a répondu le 17 novembre 1850], et recommande à Louis Méry, le frère de Joseph, archiviste à Marseille, le fils du général Fauconnet qui se rend en Algérie.
Référence : Oeuvres complètes, t. I (Bibliothèque de la Pléiade, 1989).
Condition
Une lettre fragilisée et fendue à un pli mais sans manque de texte
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
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