Lot 305
  • 305

Commode en acajou à monture de bronze doré d'époque Empire, vers 1810, estampillée JACOB D./R. MESLEE

Estimate
50,000 - 80,000 EUR
bidding is closed

Description

  • mahogany, gilt-bronze, marble
  • Haut. 98 cm, larg.139 cm, prof. 66,5 cm
  • Height 38 ½ in; width 54 3/4 in; depth 26 1/4 in
la frise décorée d'hippocampes et de patères centrée d'une palmette ; la façade ouvrant par deux vantaux découvrant trois tiroirs ; les montants en gaine ornés de carquois et surmontés de figures féminines ; dessus de marbre blanc

Provenance

Giuseppe Rossi, Turin

Literature

Jean-Pierre Samoyault, Mobilier Français Consulat et Empire, Paris, 2009, p. 215, fig. 273 pour un modèle similaire
Alain Renner, Mobilier de métal de l'Ancien Régime à la Restauration, Saint-Rémy-en-l'Eau, 2009, p. 150, pour un modèle similaire
Anna Orlando, Case di Milano, Turin, Adarte, 2011, p. 109 pour une illustration du lot
Architectural Digest Italia n°383, avril 2013, p. 272 pour une illustration du lot

Condition

In overall very good conserved condition. This impressive piece can be placed immediately. The gilding is less greenish and more golden and attractive than in the catalogue photograph. Superb quality mounts which have been nicely cast and chased. The quality of plum pudding mahogany is most attractive.There are two minor hairline vertical cracks down the left side and a very minor approx 2cm demi-lune patch to the rear edge of the same side. On the right side there is another hairline vertical crack and another restored one. The cracks are superficial and can be left. Old very minor restorations to veneer generally which have been very well executed and hardly noticeable.There is an old very minor restoration to the moulded edge beneath the top on the right side.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

L'association des meilleurs placages d'acajou et de bronzes dorés d'une qualité supérieure sur des meubles d'aspect architectural tels que la pièce que nous proposons à la vente caractérise la production de Jacob-Desmalter, ébéniste de renom qui livra des pièces pour Napoléon.

Les montures de bronze novatrices se retrouvent sur plusieurs pièces du même ébéniste. Ainsi, les ornements de palmettes et d'hippocampes présents sur la frise de notre commode se retrouvent sur un bureau mécanique en acajou et bronze doré daté de 1810, conservé au Château de Fontainebleau dans la chambre de Napoléon (illustré in A. Renner, op. cit., p. 150; voir aussi J.P. Samoyault, op. cit., p. 215, fig. 273, pour une console présentant des hippocampes identiques, vers 1808-10, collection privée).

Un meuble d'appui similaire ayant successivement fait partie des collections de Napoléon, du Schloss Herrnsheim et de Giuseppe Rossi fut vendue par Sotheby's le 12 mars 1999 à Londres (Estate of the late Giuseppe Rossi, vol. III, lot 1401, £160,000). Notre commode provient également de la collection de Giuseppe Rossi. En outre, l'association du plateau de marbre blanc et de la qualité exceptionnelle des bois et des bronzes donnent à penser que cette pièce fut à l'origine la propriété de Napoléon Ier, avant peut-être d'être offerte à son ami et conseiller le duc Emmerich von Dahlberg pour son Schloss Herrnsheim entre 1801 et 1815. 

François-Honoré-Georges Jacob Desmalter (1770-1841)
Ebéniste favori de Napoléon, Jacob-Desmalter est issu d'une dynastie d'ébénistes majeurs. Fils du célèbre menuisier en sièges Georges Jacob, il dirigea l'atelier familial à partir de 1796 avec son frère Georges : l'atelier devint connu sous le nom de Jacob Frères et demeura actif rue Meslay ou Meslée jusqu'en 1825. Jacob-Desmalter a du observer son père travailler sur des meubles exceptionnels tels que les chaises destinées à la laiterie de Marie Antoinette à Rambouillet. L'une des premières commandes de Jacob-Desmalter fut la décoration et l'ameublement de l'hôtel particulier du Général Bonaparte et de sa femme Joséphine, rue Chantereine. Les pièces qui nous sont parvenues illustrent le caractère symbolique et patriotique omniprésents durant la période Directoire et annonçant le style Empire. Jacob-Desmalter travailla ensuite pour les Récamier, une famille de banquiers influents. Durant la même période, Jacob-Desmalter réalisa la décoration et l'ameublement du Château de Malmaison, maison de campagne de Joséphine sur les plans de Percier et Fontaine. L'atelier Jacob Frères fournit également en meubles les appartements de Bonaparte aux Tuileries. 
Quelques pièces furent présentées aux deuxième et troisième Expositions des Produits de l'lndustrie Française, qui eurent lieu en 1801et 1802 dans la cour du Louvre. Jacob-Desmalter reçut une médaille d'or à l'exposition de 1802.
Après la mort de Georges en 1803, l'activité de l'atelier se poursuivit durant neuf années sous la tutelle du père. Cependant, à partir de cette année et jusqu'en 1813, Jacob-Desmalter utilisa sa propre estampille : JACOB.D./R. MESLEE.

C'est durant l'Empire que la réputation de Jacob-Desmalter fut établie et son talent entièrement reconnu. En 1807, l'atelier employait 350 artisans. En 1809, Jacob-Desmalter exécuta le mobilier en malachite du Grand Trianon, composé de deux meubles d'appui, de deux candélabres et d'un vase supporté par trois grandes chimères, ornée d'une tête d'Hercule et d'une peau de lion. Ce vase, réalisé d'après un dessin de Percier et Fontaine, fut exécuté par Cartelier, déjà employé par Jacob-Desmalter auparavant pour le trône de Napoléon à Fontainebleau. Jacob-Desmalter travaillait en outre avec les meilleurs bronziers de son temps: Thomire et Delafontaine. D'après Grandjean, (op. cit.), son travail "est estimé non seulement pour l'homogénéité de son style, mais aussi pour sa qualité constante".