Lot 264
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Groupe formant pendule à cercles tournants en bronze patiné et doré, porcelaine de Sèvres bleue et marbre blanc veiné d'époque Louis XVI, dans le goût de Louis-Simon Boizot et probablement exécuté par Pierre-Philippe Thomire

Estimate
50,000 - 70,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Haut. 44 cm, larg. 43 cm, prof. 34 cm
  • Height 17 1/4 in; width 17 in; depth 13 1/2 in
les cercles tournants inscrits dans une borne ornée de colombes indiquant les heures et les minutes sommés de Cupidon et flanqués de vestales, l'une tenant un chien, l'autre un papillon ; reposant sur une plinthe ovale ornée d'un coeur enflammé et d'une torche, la ceinture ceinte d'une frise en rais de coeur et terminée par six pieds

Condition

Some minor chips to the enamel numerals. The replaced timepiece movement has a lever platform escapement, complete and looks as though it would run but may benefit from a clean. Porcelain drum has chips around the top edge. Bronzes in good condition with original patination, very minor chips to the marble plinth.
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Catalogue Note

Le sytème d'affichage de l'heure et des minutes au moyen de cercles tournants permit aux artistes de la fin du XVIIIe siècle de renouveler l'esthétique des pendules. Le mécanisme était d'abord enchâssé dans des caisses en formes de temples qui restaient proches des pendules à cadran classique. Très vite, le mouvement fut caché dans un vase ou une urne permettant à la pendule de devenir un objet d'art à part entière. Toutes les variations furent alors possibles, les vases étant en bronze doré ou des réemplois de vases de Sèvres ou de Chine de grande valeur. Enfin, les mouvements des cercles tournants furent miniaturisés pour les inscrire dans de grandes compositions mêlant personnages à l'antique et mobilier. Les pendules devinrent alors de véritables groupes de sculpture pouvant être posés au milieu d'un guéridon. Elles n'étaient plus alors cantonnées à être placées devant un miroir ou un mur. Ces pendules étaient d'un grand luxe mêlant la porcelaine de Sèvres, le bronze doré et patiné, le marbre blanc et parfois le biscuit.

Pierre-Philippe Thomire (1751-1843) créa plusieurs modèles de pendules de ce type. Le mouvement y est pour la plupart inscrit dans un autel flanqué de personnages à l'antique. Un dessin qui lui est attribué montre une de ces compositions (Musée des Arts Décoratifs, inv. 1895). Une pendule de ce modèle est conservée au J. Paul Getty Museum de Malibu (ill. dans European Clocks from the J. Paul Getty Museum, Malibu, 1996, p. 124).  L'ornemaniste Jean-Guillaume Moitte (1746-1810) pourrait avoir fourni à Thomire le dessin original. L'autel pourrait quant à lui provenir d'un dessin de Jacques-Louis David lors de son voyage à Rome.

La composition de notre pendule pourrait être le fruit d'une collaboration de Thomire et de Louis-Simon Boizot (1743-1809) qui fournit plusieurs projets de pendule  à la Manufacture de Sèvres. Une terre cuite de ce sculpteur conservée au musée de la Céramique de Sèvres montre une composition très proche de notre pendule (ill. dans Louis-Simon Boizot, Sculpteur du roi, catalogue d'exposition, Paris, 2001, p. 185, fig. 5).

L'absence de signature sur une pendule du XVIIIe siècle laisse suggérer qu'il s'agit d'une commande d'un marchand-mercier tel que Daguerre ou Lignereux auprès d'un scuplteur tel que Boizot et d'un bronzier tel que Thomire mais aussi François Rémond (1747-1812). Ce dernier collabora avec Boizot sur de nombreuses pendules (voir op. cit., p. 287). Notre pendule n'a pas de modèle similaire connu. Il pourrait donc s'agir d'une commande particulière. Ces pendules sculpturales sont rares et une autre pendule dans le même esprit que la nôtre (avec une composition totalement différente) est illustrée dans J-D. Augarde, Les Ouvriers du Temps, Genève, 1996, p. 193. Cette pendule illustrée est elle aussi un modèle unique.