Lot 220
  • 220

Suite de six chaises en bois sculpté et doré d'époque Louis XVI, vers 1780-1785, estampillée G. IACOB, probablement livrée pour le comte d'Artois

Estimate
80,000 - 120,000 EUR
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Description

  • Haut. 96 cm, larg. 52 cm, prof. 53 cm
  • Height 37 3/4 in; width 20 1/2 in; depth 21 in
la traverse haute du dossier sculptée d'une double frise de perles, reposant sur des montants en colonnes cannelées et rudentées sommées d'une boule ; la ceinture en fer à cheval finement sculptée d'une frise de perles et de feuilles d'eau, reposant sur quatre pieds fuselés à cannelures rudentées sommés de feuilles de laurier ; deux recouvertes de damas de soie et quatre recouvertes de velours ciselé brun ; chacune portant une étiquette manuscrite à l'encre Salon de Monseig[neu]r

Literature

Hector Lefuel, Georges Jacob, Paris, 1923
Guillaume Janneau, Les Sièges, Paris, 1977, p.52 et pl.XXXIX, fig.b pour un modèle similaire

Condition

The illustration is accurate. Good overall condition despite the usual minor chips and scratches to the gilding revealing white gesso underneath. The gilding is later. Some worn areas to the gilding revealing red gesso underneath too. All constructions are firm and sound. The seatrails are reinforced with two additional wooden blocks which are only visible when you flip the chairs. The upholstery is in good condition.
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Catalogue Note

Georges Jacob, menuisier reçu maître en 1765

C'est en 1777 que Jacob reçut la première commande d'un membre de la famille royale, celle du comte d'Artois pour son boudoir turc du palais du Temple (sièges aujourd'hui conservés au Louvre). Par la suite, il continua non seulement de fournir le frère cadet de Louis XVI, mais aussi sa soeur Madame Elisabeth et bien sûr la reine Marie-Antoinette, le record de commandes revenant cependant au comte de Provence dont Jacob devint le menuisier officiel : entre 1781 et 1786, il livra à ce dernier 2 558 sièges et lits pour la somme astronomique de 140 120 livres. Il eut ainsi l'occasion de déployer toutes les facettes de son talent, que ce soit dans la conception de nouvelles formes ou dans la sculpture de fastueux ornements.

Le raffinement des motifs sculptés ornant les chaises présentées ici atteste une commande, si ce n'est royale, du moins émanant d'un client issu de la très haute aristocratie. L'étiquette manuscrite présente sur chaque chaise vient renforcer cette hypothèse : en effet, il était d'usage d'appeler "Monseigneur" les princes du sang mais aussi les ducs et pairs du royaume.
Quoi qu'il en soit, ces sièges, datant du début de la décennie 1780, illustrent l'aboutissement des recherches de Jacob dans l'élaboration d'un style que l'on pourrait qualifier d'"officiel", propre à décorer les pièces d'apparat des résidences de la famille royale ou celles des membres éminents de la Cour. Il est à noter qu'entre 1780 et 1784, Jacob effectue pas moins de cinq livraisons pour le palais du Temple, demeure parisienne du comte d'Artois qui abritait également le principal garde-meuble du prince (H. Lefuel, op. cit.).

Cinq chaises identiques aux nôtres, également par Jacob et portant la même étiquette, sont conservées de nos jours au château de Versailles : quatre ont été léguées en 1971 par la duchesse de Richelieu (V4736-4739) et la cinquième fut offerte en 1975 par la comtesse Etienne de Jouvencel. 
Une autre série de quatre, avec deux chaises en suite d'époque postérieure, fut vendue 650 000 F chez Christie's à Monaco le 20 juin 1992, lot 108.
Par ailleurs, le Mobilier National préempta lors de la vente de la succession de Lucien Guiraud au palais Galliera, le 10 décembre 1971, lot 53, une paire de chaises du même ensemble, également étiquetée (ill. ci-contre). Appartenant aussi à cet ensemble, une paire de fauteuils, toujours étiquetée, est actuellement visible au palais de l'Elysée dans le Salon des Aides de camp (ill. ci-contre).