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Commode en cabinet en laque du Japon et placage d'ébène de la fin de l'époque Louis XV, vers 1765-1770, estampillée I. DUBOIS
Description
- Haut. 106 cm, larg. 137 cm, prof. 55 cm
- Height 41 3/4 in; width 54 in; depth 21 3/4 in
Provenance
Literature
T. Wolvesperges, Le Meuble français en laque au XVIIIe siècle, Paris, 2000
Condition
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Catalogue Note
Une commode en cabinet de Leleu, similaire à la nôtre par sa structure générale, le nombre et le décor en laque des tiroirs, et provenant des collections de la duchesse de Mazarin et du marquis de Laborde a été vendue chez Ader-Picard-Tajan, vente Monte-Carlo du 17 mars 1988 (pour une illustration, voir " Jean-François Leleu ", in L'Estampille et l'Objet d'Art, septembre 1989, n°228, p.68).
Le célèbre financier et collectionneur Randon de Boisset en possédait une paire estampillée de Levasseur qui apparait sous le n° 772 lors de la dispersion de sa collection en 1777, puis fut revendue chez Sotheby's à New York, The Jaime-Ortiz Patiño Collection, le 20 mai 1992, lot 85.
La forme particulière de notre commode, avec ses côtés cintrés, se retrouve sur une commode en cabinet estampillée de Joseph et conservée au château de Warwick en Angleterre (ill. ci-contre), ainsi que sur une autre commode reproduite dans T. Wolvesperges (op. cit.), p. 83, ill. 62. L'ébéniste reprendra ce schéma de construction pour des meubles à hauteur d'appui, comme la paire provenant de la comtesse Gérard de Chavagnac vendue chez Ader Picard Tajan à Paris, le 13 juin 1978, lot 92, qui possède par ailleurs sur la façade le vase néoclassique en bronze doré (ill. ci-contre).
Les montants à l'aplomb du bâti, les dés de raccordement cubiques et les côtés incurvés sont typiques des lignes sobres du "goût grec" dont René Dubois fut un ardent partisan. Le "goût grec" est un style puissant, masculin, caractéristique des premières années du renouveau classique en réaction contre un style rocaille jugé par certains excessif. Le dessin est architecturé avec une rigueur et une symétrie nouvelles, les motifs décoratifs de l’Italie classique comme les frises de postes, entrelacs, godrons refont leur apparition.
Dans l'inventaire après-décès de Mme Delaplanche est mentionné le prix de 360 livres pour une commode qui pourrait être la nôtre : "un corps de commode à dix tiroirs de laque noir et or, le corps plaqué en ébenne et cannelures avec cadres et anneaux de bronze doré, son dessus de marbre portor" (IAD de Mme Delaplanche, 26 juin 1775, lots n° 286, Arch. Nat. étude XXXXII, liasse 543). Le rôle du marchand-mercier, à la fois intermédiaire, conseil, fournisseur et bien sûr commerçant, est ici encore déterminant. De la créativité et de l’imagination du marchand-mercier qui utilise et transforme des matériaux rares et précieux avec l’aide des artisans des différentes corporations naissent des pièces qui créent l’émerveillement et séduisent une clientèle avide de nouveauté.
René Dubois, ébéniste reçu maître en 1755, est le fils de Jacques Dubois qui fut très actif sous le règne de Louis XV et se spécialisa, entre autres, dans la fabrication de mobilier en laque et en vernis parisien. A la mort de son père, René reprend l'atelier et continue d'utiliser l'estampille de son père que l'on retrouve sur des meubles typiques de sa production. Il livra des meubles pour la reine Marie-Antoinette ou le prince de Soubise, il se montra particulièrement créatif et participa à l'avèmement du style néoclassique. Une collaboration avec le marchand-mercier Delaplanche qui eu pour client le marquis de Marigny semble donc tout à fait naturelle.