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Important portrait d'Aristocrate en marbre, Rome, vers 1650–60
Estimate
70,000 - 100,000 EUR
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Description
- Important portrait d'Aristocrate en marbre
- buste grandeur nature en marbre blanc; sur un piédouche en brèche jaune Pavanazza
- Haut. (totale) 81 cm; larg. 67 cm; Height (overall) 32 in.; width 26 1/2 in.
le regard dirigé vers la droite, sa chevelure retombant en lourdes boucles, la bouche légèrement entrouverte; il porte un foulard noué autour du cou, et est vêtu d'une armure, un drapé aux plis profonds enveloppant ses épaules
Provenance
Ancienne collection Carafà, Naples.
Literature
A. Bacchi, S. Zanuso, Scultura del ’600 a Roma, Milan, 1996, pp. 835–837, nos. 687–713.
A. Nava Cellini, 'Ritratti di Andrea Bolgi', Paragone, 1962, no 13 : pp. 24–40.
D. Dombrowski, Giuliano Finelli, Bildhauer zwischen Neapel und Rom, Frankfurt, 1997, nos. 147, 181 et 248.
J. Montagu, 'Antonio Raggi in S. Maria della Pace', The Burlington Magazine 136, no. 1101, (déc. 1994), pp. 836-839.
A. Nava Cellini, 'Ritratti di Andrea Bolgi', Paragone, 1962, no 13 : pp. 24–40.
D. Dombrowski, Giuliano Finelli, Bildhauer zwischen Neapel und Rom, Frankfurt, 1997, nos. 147, 181 et 248.
J. Montagu, 'Antonio Raggi in S. Maria della Pace', The Burlington Magazine 136, no. 1101, (déc. 1994), pp. 836-839.
Catalogue Note
L’expressivité du regard, la virtuosité et la plasticité dans le modelé des boucles, ainsi que le mouvement dramatique du drapé avec ses plis profonds font de ce buste un portrait remarquable s’inscrivant tout à fait dans la lignée des œuvres réalisées sous l’influence de Gianlorenzo Bernini à Rome vers 1650.
Provenant d’une collection d’un aristocrate napolitain, ce buste a été considéré, dans un premier temps, comme œuvre du sculpteur Andrea Bolgi (1605-1656). Elève de Gianlorenzo Bernini (1598-1680) avec lequel il collabora dès 1626 au décor sculpté de l’église Saint Pierre à Rome, Bolgi acheva le fameux portrait de Thomas Baker commencé par son maître (V&A museum, Londres). Après avoir travaillé dans l’équipe du Bernin, Bolgi fut appelé par l’avocat Giovan Camillo Cacace à Naples pour y terminer sa carrière comme portraitiste attitré de l’aristocratie napolitaine.
D. Dombrowski suggère une attribution à Antonio Raggi (1624-1686). Formé dans l’atelier d’Alessandro Algardi (1595-1654), Raggi sera l’un des collaborateurs le plus important et le plus productif de l’équipe du Bernin. On compte parmi ses œuvres la figure du Danube pour la fontaine des Quatre Fleuves, Piazza Navona, l’une des figures d’Anges à la colonne sur la Ponte Sant’ Angelo, la Mort de Saint Cécile à l’église de Sant’ Agnese de Rome, les statues de Saint Bernard et du pape Alessandro VII Chigi dans la cathédrale de Sienne. Bien que nous connaissions peu de portraits en buste de la main de l’artiste, ses œuvres se distinguent par la voluminosité et plasticité de ses drapés ainsi que le mouvement maniériste et l’expressivité des corps, tels que l’on retrouve dans notre buste.
Une vraie ressemblance peut être constaté de notre gentilhomme avec Ranuccio II Farnèse (1630-1694), portraituré sur une gravure de 1666 par Johann Martin Lerch (1643-1693) (voir ci-dessous). Les cheveux en larges boucles retombant sur les épaules, une cravate nouée autour du cou, on reconnaît sur la gravure les traits de visage de Ranuccio avec son nez proéminent et pointu, les lèvres sensuelles gonflées, et ce léger double menton.
Fils ainé du Duc Edouard Ier Farnèse et de Marguerite de Médicis (1522-1586), Ranuccio II prit la fonction du régent de Parme et Piacenza dès sa majorité en 1646. Son règne sera marqué par la Guerre di Castro lors de laquelle le duché de Parme et Piacenza devient propriété de l’Etat de l’Eglise. Ensuite le pouvoir des Farnèse diminuera et leur propriété sera transférée à Parme. Encore plus frappant est la similitude de notre portrait avec un buste de la Galleria Nazionale di Parma, datant vers 1670-80 (voir ci-dessous). Bien que son auteur est inconnu, l’analogie du marbre de Parme avec notre buste pourrait confirmer notre hypothèse quant à l’identité du modèle. Ranuccio Farnèse y est representé vingt ans plus tard, également vêtu d’une armure, la chevelure longue et bouclée, ses épaules enveloppées d’un drapé fluide aux plis profonds, un foulard noué autour du cou. Le visage un peu joufflu, se distingue ici par sa moustache.
Réalisé vers 1650-60, notre buste serait donc l’une des premières effigies du jeune Duc Ranuccio II Farnèse, âgé d’une vingtaine d’années, et inédit à ce jour. L’expressivité du visage, la virtuosité dans le modelé du drapé formant des nœuds et des bouffées de tissus profonds, volant dans le vent, le traitement des longues boucles épaisses, soigneusement travaillées au trépan, sont l’œuvre d’un sculpteur qui excelle dans l’art du portrait, et n’est pas sans rappeler une certaine influence berninesque.
Nous remercions vivement Dr. Jennifer Montagu et Prof. Damian Dombrowski pour leur aide précieuse dans l'expertise de cette œuvre.
Provenant d’une collection d’un aristocrate napolitain, ce buste a été considéré, dans un premier temps, comme œuvre du sculpteur Andrea Bolgi (1605-1656). Elève de Gianlorenzo Bernini (1598-1680) avec lequel il collabora dès 1626 au décor sculpté de l’église Saint Pierre à Rome, Bolgi acheva le fameux portrait de Thomas Baker commencé par son maître (V&A museum, Londres). Après avoir travaillé dans l’équipe du Bernin, Bolgi fut appelé par l’avocat Giovan Camillo Cacace à Naples pour y terminer sa carrière comme portraitiste attitré de l’aristocratie napolitaine.
D. Dombrowski suggère une attribution à Antonio Raggi (1624-1686). Formé dans l’atelier d’Alessandro Algardi (1595-1654), Raggi sera l’un des collaborateurs le plus important et le plus productif de l’équipe du Bernin. On compte parmi ses œuvres la figure du Danube pour la fontaine des Quatre Fleuves, Piazza Navona, l’une des figures d’Anges à la colonne sur la Ponte Sant’ Angelo, la Mort de Saint Cécile à l’église de Sant’ Agnese de Rome, les statues de Saint Bernard et du pape Alessandro VII Chigi dans la cathédrale de Sienne. Bien que nous connaissions peu de portraits en buste de la main de l’artiste, ses œuvres se distinguent par la voluminosité et plasticité de ses drapés ainsi que le mouvement maniériste et l’expressivité des corps, tels que l’on retrouve dans notre buste.
Une vraie ressemblance peut être constaté de notre gentilhomme avec Ranuccio II Farnèse (1630-1694), portraituré sur une gravure de 1666 par Johann Martin Lerch (1643-1693) (voir ci-dessous). Les cheveux en larges boucles retombant sur les épaules, une cravate nouée autour du cou, on reconnaît sur la gravure les traits de visage de Ranuccio avec son nez proéminent et pointu, les lèvres sensuelles gonflées, et ce léger double menton.
Fils ainé du Duc Edouard Ier Farnèse et de Marguerite de Médicis (1522-1586), Ranuccio II prit la fonction du régent de Parme et Piacenza dès sa majorité en 1646. Son règne sera marqué par la Guerre di Castro lors de laquelle le duché de Parme et Piacenza devient propriété de l’Etat de l’Eglise. Ensuite le pouvoir des Farnèse diminuera et leur propriété sera transférée à Parme. Encore plus frappant est la similitude de notre portrait avec un buste de la Galleria Nazionale di Parma, datant vers 1670-80 (voir ci-dessous). Bien que son auteur est inconnu, l’analogie du marbre de Parme avec notre buste pourrait confirmer notre hypothèse quant à l’identité du modèle. Ranuccio Farnèse y est representé vingt ans plus tard, également vêtu d’une armure, la chevelure longue et bouclée, ses épaules enveloppées d’un drapé fluide aux plis profonds, un foulard noué autour du cou. Le visage un peu joufflu, se distingue ici par sa moustache.
Réalisé vers 1650-60, notre buste serait donc l’une des premières effigies du jeune Duc Ranuccio II Farnèse, âgé d’une vingtaine d’années, et inédit à ce jour. L’expressivité du visage, la virtuosité dans le modelé du drapé formant des nœuds et des bouffées de tissus profonds, volant dans le vent, le traitement des longues boucles épaisses, soigneusement travaillées au trépan, sont l’œuvre d’un sculpteur qui excelle dans l’art du portrait, et n’est pas sans rappeler une certaine influence berninesque.
Nous remercions vivement Dr. Jennifer Montagu et Prof. Damian Dombrowski pour leur aide précieuse dans l'expertise de cette œuvre.