- 606
Proust, Marcel
Estimate
10,000 - 15,000 EUR
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Description
- Proust, Marcel
- Lettre autographe signée [à la comtesse greffulhe]. Datée Jours de la Ste Nativité, le onzième de la Double Nativité [25 décembre 1909]. 4 p. in-12 (202 x 126 mm), sur papier fort filigrané "Original Turkey Mill Kent".
Ayant trouvé par hasard des lettres des princes de Chimay, il les adresse avec humour à son égérie la comtesse de Greffulhe, née Caraman-Chimay : "Parce que leurs noms, et peut être leur écriture doivent vous être si familiers, sans doute vous restent-ils cependant chers". Ce cadeau est un hommage à la naissance des deux jumeaux que sa fille vient d’avoir avec Armand de Guiche, née onze jours plus tôt : "j’ai pensé que ces glorieuses Ombres [les noms des Chimay] pouvaient en ce jour être conduits, comme des Mages, par le rayonnement de votre Étoile, auprès du miraculeux berceau où ils adoreront le jour de Noël les deux jumeaux dont ils sont les ancêtres". Et de citer, en les transformant, des vers de Théophile Gautier : "J’aime à vous voir en vos lettes ovales / écrits jaunis des hommes du vieux temps"… d’après "J’aime à vous voir en vos cadres ovales / Portraits jaunis de belles du vieux temps…"). Il lui envoie aussi une lettre "plus frivole et plus précieuse aussi, trop frivole pour être amenée près du berceau qui ne veut que des exemples", une lettre de Madame Tallien, qui fut un jour princesse de Chimay.
A l’origine de cette trouvaille d’autographes, Proust explique qu’il recherchait des lettres à propos de Bagatelle qu’on lui avait promises l’été précédent : il s’agit d’une allusion à l’intervention que la comtesse lui avait demandé de faire lors des fêtes de Bagatelle organisées par la Société des Grandes Auditions de France dont elle était présidente. Incapable d’écrire quoi que ce soit à cause de son état de santé (cf. Kolb, Correspondance, IX, n° 72 et 73), il cherchait certainement à se faire pardonner en offrant ces lettres à la comtesse.
Née comtesse Élisabeth de Caraman-Chimay (1860-1952), la comtesse Henri Greffhule régna sur le tout-Paris politique, scientifique et mondain. Elle inspira le personnage de la duchesse de Guermantes, et son colérique et infidèle mari le duc de Guermantes. Peu de lettres que Proust lui a adressées sont connues. Le filigrane du papier est le même que celui des lettres déjà citées écrites en juillet 1909 à la comtesse ; peut-être gardait-il ce papier fort pour les destinataires de ce rang.
A l’origine de cette trouvaille d’autographes, Proust explique qu’il recherchait des lettres à propos de Bagatelle qu’on lui avait promises l’été précédent : il s’agit d’une allusion à l’intervention que la comtesse lui avait demandé de faire lors des fêtes de Bagatelle organisées par la Société des Grandes Auditions de France dont elle était présidente. Incapable d’écrire quoi que ce soit à cause de son état de santé (cf. Kolb, Correspondance, IX, n° 72 et 73), il cherchait certainement à se faire pardonner en offrant ces lettres à la comtesse.
Née comtesse Élisabeth de Caraman-Chimay (1860-1952), la comtesse Henri Greffhule régna sur le tout-Paris politique, scientifique et mondain. Elle inspira le personnage de la duchesse de Guermantes, et son colérique et infidèle mari le duc de Guermantes. Peu de lettres que Proust lui a adressées sont connues. Le filigrane du papier est le même que celui des lettres déjà citées écrites en juillet 1909 à la comtesse ; peut-être gardait-il ce papier fort pour les destinataires de ce rang.