PF1332

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Lot 598
  • 598

Proust, Marcel

Estimate
8,000 - 12,000 EUR
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Description

  • Proust, Marcel
  • Lettre autographe signée à Madame Alphonse Daudet. [4, 5 ou 6 décembre 1903]. 4 p. in-8 (168 x 124 mm) sur papier de grand deuil, à l'encre.
"Vous avez toujours été si gentille pour moi que je n’ai pas été étonné que vous vous montriez si bonne au moment où je suis si malheureux (...). Si je vous parlais des heures terribles de la semaine dernière depuis le moment où tout est arrivé, je risquerais de toucher trop profondément en vous des souvenirs personnels qui sont aussi des chagrins pour moi [allusion sans doute à la longue maladie d’Alphonse Daudet]. Et vous vous figurez ce qu’était Papa pour moi, qui ne quittais presque plus la maison. J’aime mieux vous dire que votre cher et admirable Lucien m’a montré pendant ces deux semaines non seulement cette gentillesse, cette intelligence inouïe de tout ce qu’on sent, ou va sentir qui fait que tout le monde l’aime et l’admire tant, mais aussi cette bonté ce cœur infinis qui font que ses amis ont l’orgueil de croire que seuls ils le comprennent complètement, ou du moins dans la mesure où on peut comprendre ce qui nous est tellement supérieur. Quel être unique et inouï. Léon m’a écrit une lettre exquise et je l’en ai bien mal remercié".

Le professeur Adrien Proust meurt le 26 novembre 1903 des suites d’une hémorragie cérébrale, survenue brutalement le 24 novembre, et Proust fut très affecté de ce décès. "Mon père avait pour mon genre d’intelligence un mépris suffisamment corrigé par la tendresse pour qu’au total, son sentiment sur tout ce que je faisais fût une indulgence aveugle" (A l’ombre des jeunes filles en fleurs, collection "Bouquins", I, p. 86).

Literature

Kolb, Correspondance de Marcel Proust, III, n° 262, p. 449.