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Baudelaire, Charles
Estimate
10,000 - 12,000 EUR
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Description
- Baudelaire, Charles
- complément aux Fleurs du mal. Bruxelles, chez tous les libraires, 1869. Petit in-12. Chagrin vert, double encadrement d’un triple filet doré avec fleurs de néflier dorées aux angles et armes dorées du duc d’Arenberg au centre des plats, dos à nerfs filetés, caissons à petits fers dorés, roulette intérieure dorée, doublure et gardes de papier moiré blanc, coupes guillochées, couverture grise imprimée (P. Eenhaes), étui [Devauchelle] .
Complément à l’“Edition Michel Lévy, 1869” (citée sur le titre), édité par Poulet-Malassis et imprimé par son confrère Briard à Bruxelles. Des 3 éditions connues (très différentes), celle-ci de format plus petit est la B, selon la classification de J. Crépet (articles de 1934 et 1937 repris et retouchés dans ses Propos sur Baudelaire, Mercure, 1957, avec ajouts de Pichois), et complétée pour la C. par Pichois (Les Lettres romanes, 1970, t. XXIV, n° 1).
Retenons la leçon remarquable, posthume bien sûr, apportée par la B au v. 70 des Femmes damnées/ Delphine et Hippolyte : “Cours offrir un corps vierge à ses cruels baisers” (p. 8) au lieu d’ “un coeur vierge” des Epaves et de l'édition A. Or, Malassis est impliqué directement dans cette édition quand on sait que pour la leçon “Comme un qui n’est pas à son aise,” (Un Importun p. 29), il revient, comme dans Les Epaves, à celle préférée du poète qui le lui demandait le 7/2/66, et que l’édition A s’en écarte avec “Comme un homme mal à son aise,” version des épreuves non corrigées des Epaves (erreur in L’Atelier de Baudelaire op.cit., I p. 769).
La couverture n’est pas la jaune habituelle de l'édition B avec le premier plat seul imprimé, mais la grise des exemplaires A avec, en 4e, la liste des « Curiosités de l’Hétérodoxie et de la Libre Pensée ». Nous pensons qu’elle a été ajoutée à la reliure strictement d’époque (un peu froissée et mal montée), même si l’exemplaire B de la BnF, coll. Ristelhueber, cité par Crépet en 1934/1957, présente aussi une grise (ajoutée ?).
Le complément reprend 11 pièces (10 numérotées) des Epaves (1866) qui n’avaient pu figurer dans l’édition définitive de Lévy (186[8]), savoir : les 6 pièces condamnées, 2 de la rubrique Galanteries (Les Promesses et Le Monstre) et les Bouffonneries belges.
Il est exceptionnel de rencontrer le complément en reliure armoriée et agrémentée de surcroît au dos d’un titre factice propre aux livres défendus en France ou de second rayon : “Confrérie royale du S. Nom de Marie”. Se trouvait-il ainsi remisé sur la tablette des livres pieux de la duchesse (voir infra) ! La richesse de la reliure de Pierre-François Eenhaes (associé à son frère) n’enlève rien à sa finesse et son élégance, et les grandes chasses laissent apparaître une charmante roulette. Leurs oeuvres “comptent parmi les plus parfaites sorties des ateliers belges de leur temps” (Dubois d’Enghien La Reliure en Belgique au XIXe, 1954 p. 163).
Retenons la leçon remarquable, posthume bien sûr, apportée par la B au v. 70 des Femmes damnées/ Delphine et Hippolyte : “Cours offrir un corps vierge à ses cruels baisers” (p. 8) au lieu d’ “un coeur vierge” des Epaves et de l'édition A. Or, Malassis est impliqué directement dans cette édition quand on sait que pour la leçon “Comme un qui n’est pas à son aise,” (Un Importun p. 29), il revient, comme dans Les Epaves, à celle préférée du poète qui le lui demandait le 7/2/66, et que l’édition A s’en écarte avec “Comme un homme mal à son aise,” version des épreuves non corrigées des Epaves (erreur in L’Atelier de Baudelaire op.cit., I p. 769).
La couverture n’est pas la jaune habituelle de l'édition B avec le premier plat seul imprimé, mais la grise des exemplaires A avec, en 4e, la liste des « Curiosités de l’Hétérodoxie et de la Libre Pensée ». Nous pensons qu’elle a été ajoutée à la reliure strictement d’époque (un peu froissée et mal montée), même si l’exemplaire B de la BnF, coll. Ristelhueber, cité par Crépet en 1934/1957, présente aussi une grise (ajoutée ?).
Le complément reprend 11 pièces (10 numérotées) des Epaves (1866) qui n’avaient pu figurer dans l’édition définitive de Lévy (186[8]), savoir : les 6 pièces condamnées, 2 de la rubrique Galanteries (Les Promesses et Le Monstre) et les Bouffonneries belges.
Il est exceptionnel de rencontrer le complément en reliure armoriée et agrémentée de surcroît au dos d’un titre factice propre aux livres défendus en France ou de second rayon : “Confrérie royale du S. Nom de Marie”. Se trouvait-il ainsi remisé sur la tablette des livres pieux de la duchesse (voir infra) ! La richesse de la reliure de Pierre-François Eenhaes (associé à son frère) n’enlève rien à sa finesse et son élégance, et les grandes chasses laissent apparaître une charmante roulette. Leurs oeuvres “comptent parmi les plus parfaites sorties des ateliers belges de leur temps” (Dubois d’Enghien La Reliure en Belgique au XIXe, 1954 p. 163).
Provenance
Duc d’Arenberg : écu de gueules à trois fleurs de néflier d’or, timbré du bonnet ducal du Saint-Empire. Le duc Prosper-Louis étant décédé en 1861, il pourrait s’agir de son épouse Ludmille, princesse Lobkowitz (1819-1878) mais un peu âgée pour ce petit jeu... ou de leur fils Englebert (1824-1875), voir Armorial belge du bibliophile, (Brux.), Société des Bibliophiles, 1930, t. III, p. 645. - Vente Librairie Simonson, Brux., 12/12/1987 n° 13 sur une fiche de P. de Sadeleer avec E. Speeckaert pour l’identification des armes. - Coll. A.K. qui l’acheta judicieusement.