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Baudelaire, Charles
Estimate
80,000 - 120,000 EUR
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Description
- Baudelaire, Charles
- Les Fleurs du mal. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1857. In-12. Maroquin bordeaux, plats décorés d’une grande composition dorée dans le style Le Gascon avec filets d’encadrements droits et courbes et un grand fleuron central quadrilobé aux petits fers pointillés, dos à nerfs ornés de caissons à petits fers courbes pointillés, dentelle intérieure à roulettes et filets dorés, gardes de papier peigne, coiffes guillochées, double filet sur les coupes, tranches dorées sur témoins, couverture (Cuzin) (sic).
2 ff.n.ch. (f.-t. et t.), 248 pp., 2 ff.n.ch. de table (le f.bl. après le 1er plat et les 2 ff.bl. avant le 2e ont été ajoutés à la reliure, les Fleurs n’en ayant pas).
édition originale.
un des [20] ex. sur vergé d&c Blauw (écu couronné), dit couramment papier de hollande, n° 16* de la liste Chalvet (1975) qui nous livre les informations suivantes.
Anciennement exemplaire de Lucienne Bréval dans une reliure janséniste doublée de Noulhac de 1902 (tête dorée, non rogné, sans couverture), tel qu’il est encore décrit dans un catalogue Ronald Davis en octobre 1924 avec la signature de Bréval sur une garde.
Acheté en 1932 par Carteret “qui le destinait à Laurent Meeûs, il a subi les modifications suivantes : La reliure de Noulhac a été brisée et la garde, portant la signature de Lucienne Bréval, détruite. (...) Des couvertures (sic) y ont été ajoutées et les tranches dorées sur témoins. Cette reliure, exécutée par Mercier en 1933 [1934, voir infra], est signée Cuzin [mort en 1890]”. La couverture sans dos fut donc ajoutée. Le grand papier n’en ayant pas de particulière sauf le dos à 6 fr., elle est, comme il se doit, du 3e état de la 1ère avec les 5 fautes corrigées (R. Desprechins, Le Livre et l’Estampe, 1967, n° 51-52, version revue de celle de 1966 qu’utilisa la réédition Carteret du Véxin français en 1976).
*Reprenant son étude de 1960 du Livre & l’Estampe, Maurice Chalvet en dénombre 22 en 1975 dans le Bulletin du Bibliophile, mais il convient lui-même que des exemplaires ont pu être transformés, - auxquels il faut ajouter le Banville découvert en 1984. Poulet-Malassis signalait 20 exemplaires sur vergé ; La Fizelière-Decaux seulement 10. L’étude du vergé des Poulet-Malassis de 1857 serait instructive. Lui-même parle simplement de vergé ou parfois de vergé de fil. Notons que le filigrane D&C Blauw n’a jamais été précisé par les baudelairiens.
[pièces jointes (montées) :]
- suite des 4 (sur 5) portraits à l’eau-forte (re)tirés sur Chine dont les 2 par Manet. Ils figurèrent en 1er tirage sur vélin dans la biographie du poète par Asselineau (P., Lemerre, 1869). Déjà montés en 1902 par Noulhac.
- lettre autographe signée à [Alphonse de Calonne], 15/12/1859. Une page sur un feuillet in-12 (175 x 135 mm) sur vélin mince au timbre sec de la ville de Paris, monté sur un feuillet de garde (CPL I, 1973, p. 637). Le directeur de la Revue contemporaine refusa les 3 poèmes qu’il lui envoie : [A une Madone], Le Cygne et [Le Squelette laboureur]. C’est l'obscure petite revue La Causerie qui les accueillit ! Belles gloses de 3 autres poèmes projetés qu’il écrivit finalement en prose, sauf le premier sous les 2 formes. La Belle Dorothée [et Bien loin d’ici] : “beauté de la nature tropicale ; idéal de la beauté noire”, La Femme sauvage... : “sermon adressé à une petite-maîtresse qui a des douleurs imaginaires” et Les Tentations... : “la fortune, l'amour et la gloire, s’offrent, pendant son sommeil, à un homme qui les repousse, et qui dit en se réveillant : si j’avais été éveillé, je n’aurais pas été si sage !” (titres définitifs abrégés).
Petit point d’acidité p. 9 et passim, déchirure marginale p. 199, sinon bel exemplaire avec de beaux témoins (H. 191,5 mm).
édition originale.
un des [20] ex. sur vergé d&c Blauw (écu couronné), dit couramment papier de hollande, n° 16* de la liste Chalvet (1975) qui nous livre les informations suivantes.
Anciennement exemplaire de Lucienne Bréval dans une reliure janséniste doublée de Noulhac de 1902 (tête dorée, non rogné, sans couverture), tel qu’il est encore décrit dans un catalogue Ronald Davis en octobre 1924 avec la signature de Bréval sur une garde.
Acheté en 1932 par Carteret “qui le destinait à Laurent Meeûs, il a subi les modifications suivantes : La reliure de Noulhac a été brisée et la garde, portant la signature de Lucienne Bréval, détruite. (...) Des couvertures (sic) y ont été ajoutées et les tranches dorées sur témoins. Cette reliure, exécutée par Mercier en 1933 [1934, voir infra], est signée Cuzin [mort en 1890]”. La couverture sans dos fut donc ajoutée. Le grand papier n’en ayant pas de particulière sauf le dos à 6 fr., elle est, comme il se doit, du 3e état de la 1ère avec les 5 fautes corrigées (R. Desprechins, Le Livre et l’Estampe, 1967, n° 51-52, version revue de celle de 1966 qu’utilisa la réédition Carteret du Véxin français en 1976).
*Reprenant son étude de 1960 du Livre & l’Estampe, Maurice Chalvet en dénombre 22 en 1975 dans le Bulletin du Bibliophile, mais il convient lui-même que des exemplaires ont pu être transformés, - auxquels il faut ajouter le Banville découvert en 1984. Poulet-Malassis signalait 20 exemplaires sur vergé ; La Fizelière-Decaux seulement 10. L’étude du vergé des Poulet-Malassis de 1857 serait instructive. Lui-même parle simplement de vergé ou parfois de vergé de fil. Notons que le filigrane D&C Blauw n’a jamais été précisé par les baudelairiens.
[pièces jointes (montées) :]
- suite des 4 (sur 5) portraits à l’eau-forte (re)tirés sur Chine dont les 2 par Manet. Ils figurèrent en 1er tirage sur vélin dans la biographie du poète par Asselineau (P., Lemerre, 1869). Déjà montés en 1902 par Noulhac.
- lettre autographe signée à [Alphonse de Calonne], 15/12/1859. Une page sur un feuillet in-12 (175 x 135 mm) sur vélin mince au timbre sec de la ville de Paris, monté sur un feuillet de garde (CPL I, 1973, p. 637). Le directeur de la Revue contemporaine refusa les 3 poèmes qu’il lui envoie : [A une Madone], Le Cygne et [Le Squelette laboureur]. C’est l'obscure petite revue La Causerie qui les accueillit ! Belles gloses de 3 autres poèmes projetés qu’il écrivit finalement en prose, sauf le premier sous les 2 formes. La Belle Dorothée [et Bien loin d’ici] : “beauté de la nature tropicale ; idéal de la beauté noire”, La Femme sauvage... : “sermon adressé à une petite-maîtresse qui a des douleurs imaginaires” et Les Tentations... : “la fortune, l'amour et la gloire, s’offrent, pendant son sommeil, à un homme qui les repousse, et qui dit en se réveillant : si j’avais été éveillé, je n’aurais pas été si sage !” (titres définitifs abrégés).
Petit point d’acidité p. 9 et passim, déchirure marginale p. 199, sinon bel exemplaire avec de beaux témoins (H. 191,5 mm).
Provenance
- L’exemplaire est cité pour la 1ère fois en 1922 par F. Vandérem, n° 7 de sa 1ère liste : “Exemplaire sans dédicace (Appartient à Mlle B., à Paris)” in Bulletin du Bibliophile, 1/6/22, p. 190. [Lucienne Bréval], cantatrice wagnérienne, l’avait reçu d’un admirateur, dixit Chalvet.
- Ex-libris Laurent Meeûs (Wittock, 1982, n° 945).
- Simonson se l’attribue en priorité le 19 oct. 1950 pour 125.000 FB, et ce, dès la réception de la bibliothèque que venait de lui confier la veuve Meeûs (mention la plus ancienne inscrite dans son exemplaire de l’inventaire Meeûs du 30/6/1943, copie in archives PdS). Il éprouve d’abord quelque difficulté à l’identifier dans les 5 non dédicacés de la nouvelle liste Vandérem de 1932 (BB, 20/7 p. 290). Dans une note rédigée fin oct.-début nov. 1950 (archives ibid.), il relève : “(...) Meeûs achète les Fleurs le 28 décembre 1933 à Carteret pour 33.000 francs et l’exemplaire était broché ou mal relié puisque je trouve en mars 1934 une facture de reliure de Mercier, successeur de Cuzin, demandant 1950 francs pour la reliure et 60 francs pour l’étui.” Il ne l’identifie pas d’emblée avec l’exemplaire Bréval et s’interroge sur la couverture : "(...) il a été relié sans le dos. Mais peut-être a-t-on supprimé le dos pour la vraisemblance de la reliure de Cuzin”. Il n’est évidemment pas dupe de la signature du XIXéme mais il ne sait pas encore que la couverture a simplement été ajoutée par Mercier. Maurice Chalvet va le lui révéler, car c’est son ancien patron Ronald Davis qui l’acheta avant oct. 1924. Mis dans la confidence en même temps que Rousseau-Girard et Georges Blaizot du récent succès de l’affaire Meeûs, Maurice Chalvet lui répond le [14/11/50] : “(...) Je vous félicite d’être l’heureux possesseur des Fleurs du Mal, Hollande. C’est le livre capital qui vous manquait. Mr Davis le tenait de l’actrice Mlle Bréval, et cet exemplaire est repris dans la liste de Vandérem, sous le n° 2 (sic), dans le Bulletin du Bibliophile ([20/7]1932, page 290).” (archives Daniel Higny). Simple lapsus car, dans ses articles de 1960 et 1975, c’est bien le n° 3 décrit par Vandérem en 1932 : “Exemplaire relié.- Reliure pleine moderne sans couvertures [de Noulhac]. A appartenu à Mlle B. à Paris”. La reliure ne changea qu’au début 1934 comme relaté supra.
- Ex-libris Laurent Meeûs (Wittock, 1982, n° 945).
- Simonson se l’attribue en priorité le 19 oct. 1950 pour 125.000 FB, et ce, dès la réception de la bibliothèque que venait de lui confier la veuve Meeûs (mention la plus ancienne inscrite dans son exemplaire de l’inventaire Meeûs du 30/6/1943, copie in archives PdS). Il éprouve d’abord quelque difficulté à l’identifier dans les 5 non dédicacés de la nouvelle liste Vandérem de 1932 (BB, 20/7 p. 290). Dans une note rédigée fin oct.-début nov. 1950 (archives ibid.), il relève : “(...) Meeûs achète les Fleurs le 28 décembre 1933 à Carteret pour 33.000 francs et l’exemplaire était broché ou mal relié puisque je trouve en mars 1934 une facture de reliure de Mercier, successeur de Cuzin, demandant 1950 francs pour la reliure et 60 francs pour l’étui.” Il ne l’identifie pas d’emblée avec l’exemplaire Bréval et s’interroge sur la couverture : "(...) il a été relié sans le dos. Mais peut-être a-t-on supprimé le dos pour la vraisemblance de la reliure de Cuzin”. Il n’est évidemment pas dupe de la signature du XIXéme mais il ne sait pas encore que la couverture a simplement été ajoutée par Mercier. Maurice Chalvet va le lui révéler, car c’est son ancien patron Ronald Davis qui l’acheta avant oct. 1924. Mis dans la confidence en même temps que Rousseau-Girard et Georges Blaizot du récent succès de l’affaire Meeûs, Maurice Chalvet lui répond le [14/11/50] : “(...) Je vous félicite d’être l’heureux possesseur des Fleurs du Mal, Hollande. C’est le livre capital qui vous manquait. Mr Davis le tenait de l’actrice Mlle Bréval, et cet exemplaire est repris dans la liste de Vandérem, sous le n° 2 (sic), dans le Bulletin du Bibliophile ([20/7]1932, page 290).” (archives Daniel Higny). Simple lapsus car, dans ses articles de 1960 et 1975, c’est bien le n° 3 décrit par Vandérem en 1932 : “Exemplaire relié.- Reliure pleine moderne sans couvertures [de Noulhac]. A appartenu à Mlle B. à Paris”. La reliure ne changea qu’au début 1934 comme relaté supra.
Condition
Petit point d'acidité p. 9 et passim, déchirure marginale p. 199.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."