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Verlaine, Paul
Description
- Verlaine, Paul
- Mes prisons. Paris, Vanier, 1893, in-12. Bradel demi-veau raciné vert à coins, papier marbré de même ton, signature de Barthou frappée or dans le coin supérieur gauche, dos lisse titré, tête dorée, absolument non rogné, couverture avec son dos (passé) au prix de 6 fr. Ajout d’une chemise en demi-maroq. noir à rabats et étui avant 1949.
Provenance
Literature
exposition : Baudelaire, Verlaine, Rimbaud. Paris, Maggs Bros., 1937 n° 91.
Condition
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Catalogue Note
Seul manuscrit autographe signé connu du célèbre chapitre Amigo, la prison où Verlaine fut enfermé la nuit du 10 juillet, et depuis, transformé en hôtel où séjournent volontiers bibliophiles et libraires de passage.
“mes prisons./ la troisième.” Complet en 3 ff. vélin teinté in-12, paginés dans le coin sup. g. et signés. Montés sur onglet avant le f.-t. Correspond au ch. IV de l’édition. Le manuscrit du fonds Doucet ne commence qu’au ch. VII.
Installés au balcon, nous assistons à la célèbre arrestation en fin de journée, ce 10 juillet 1873, du pauvre Lélian qui allait devenir un des prisonniers emblématiques de l’histoire littéraire, ce qui, tel Dostoïevsky, allait changer l’homme et l’écrivain.
" (...) Voici : [les deux points barrés verticalement en même temps qu’un appel pour l’ajout marginal : ] / en juillet 1872 (sic), à Bruxelles/ par suite d’une dispute dans la rue, consécutive à deux coups de révolver dont le premier avait blessé sans gravité l’un des interlocuteurs et sur lesquels ceux-ci, deux amis, avaient passé outre en vertu d’un pardon demandé et accordé dès la chose faite,- celui qui avait eu le si regrettable geste, d’ailleurs dans l’absinthe auparavant et depuis, eut un mot tellement énergique et mit la main [surchargé par :] fouilla dans la poche droite de son veston où l’arme encore chargée de quatre balles et dégagée du cran d’arrêt se trouvait par malechance, ce d’une tellement significative façon que l’autre, pris de peur, s’enfuit à toutes jambes par la vaste chaussée, poursuivi par le furieux à l’ébahissement des pons Pelches [germanisme et non belgicisme] traînant leur flemme d’après-midi sous un soleil qui faisait rage.(...)". On aura constaté que la précision, dans l’édition, sur la chaussée : “(de Hall, si ma mémoire est bonne)” résulte d’un ajout sur épreuves (il voulait écrire Halle, l’ancienne orthographe du XVIIIe s., au lieu de Hal, mais c’est la rue du Midi qu’ils empruntèrent vers la place Rouppe).
Jacques Borel se prévaut pour son édition de la Pléiade en 1972 d’un collationnement du manuscrit chez M. et Mme Kies (p. 330). Or, c’est à croire que le docte philologue n’a rien décrypté. Il faudrait au moins une page pour recenser toutes les variantes, ajouts ou suppressions, sans compter la ponctuation.
Couverture un peu salie qui ne dépare aucunement cet exemplaire très précieux.