PF1331

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Lot 308
  • 308

Verlaine, Paul

Estimate
4,000 - 6,000 EUR
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Description

  • Verlaine, Paul
  • Conférences de Verlaine en Belgique en 1893.
1) lettre autographe signée. Paris, (Hôpital Broussais), 5/1/1893. 2 pages 1/3 sur un double feuillet quadrillé in-8.
C’est Verlaine qui est demandeur pour une tournée de conférences en Belgique. Elle eut effectivement lieu du 25 février au 11 mars et contribua à sa légende dans les annales littéraires. Il avait d’abord, le 1er janvier, contacté Octave Maus, l’éminent avocat et secrétaire de la Société des XX (où il donna une conférence le 2 mars) pour avoir son accord (cf. aut. in cat. P. de Sadeleer L’Art et l’Idée, 26/10/1992, n° 121 où nous dressons les éphémérides de son séjour, les données de Borel dans la Pléiade étant erronées). Il lui demandait l’adresse de l’avocat Picard dont il voulait solliciter l’avis pour être à l’abri de poursuites : “(...) je me sens tout heureux de pouvoir après près de vingt ans revoir la si plaisante et si intéressante capitale (...) Un seul point m’ennuierait (...) J’ai été (...) condamné par le Tribunal correctionnel de Bruxelles à deux ans de prison, peine subie partie aux Petits Carmes, partie à Mons. Il s’agissait de deux coups de revolver - porté [mot biffé avant même d'avoir mis le pluriel] "tirés" [ajouté en interligne] par moi en état d’ivresse, sur Arthur Rimbaud - vous connaissez peut-être cette histoire [il a pu la lire dans Le Chat noir du 6/2/1892, ch. Amigo dont manuscrit au numéro suivant]. Je me suis livré de moi-même (sic) dans la rue. J’étais d’ailleurs plus fou encore qu’ivre. C’est arrivé en juillet 1873 (...) Je suis sorti de la prison cellulaire de Mons dans le milieu de Janvier 1875 et reconduit à la frontière de Blanc Misseron par la Gendarmerie belge [le 16 janvier par Quiévrain, côté belge]./ Croyez-vous que j’aie lieu de m’inquiéter de cet antécédent (...) N’y a-t-il pas prescription, ou dois-je craindre une seconde expulsion et peut être pire ? (...)”. L’avocat Maus aurait pu le rassurer, mais Picard était un poids lourd de la magistrature (reprod. en fac-similé par Vanwelkenhuyzen avec un montage des clichés pour une double page dépliante entre 144-45).

Provenance

Lettres communiquées par Simonson à Vanwelkenhuyzen en 1944-1945.

Literature

G. Vanwelkenhuyzen Paul Verlaine en Belgique. Bruxelles, La Renaissance du Livre, (1945), p. 141 sv. in extenso (ponctuation retouchée).

Catalogue Note

2) lettre autographe signée, Paris (H. Broussais) 9/1/1893. Une page sur un double feuillet in-8, même papier que supra. La réponse décisive viendra d’O. Maus “qui veut bien se faire en cette circonstance l’interprète des cercles bruxellois et provinciaux [il commença par Charleroi, accueilli par Jules Destrée]. Il lui demande un modèle de lettre pour le ministre [Jules Lejeune] qui l’autoriserait à séjourner.

3) lettre autographe signée. Paris (H. Broussais) 13/1/1893. Une page, sur papier de l’Assistance publique (in-8 à contresens). Picard s’est exécuté, et Verlaine lui envoie la demande officielle. Une inquiétude surgit : “(...) Il a paru sous le manteau, et sous mon nom, un livre très léger, il y a quelques deux ans [Femmes en déc. 1890]. Croyez vous que cette circonstance puisse m’occasionner du désagrément ? (...)”. Si le livre avait été saisi à la parution, comme les bibliographies le racontent (voir n° 302), - et la phrase ne le laisse aucunement entendre, - Picard, très au fait de la censure, eût été un des premiers avertis, et cela aurait fait du bruit dans le petit landerneau bruxellois ! Verlaine aurait d’autant plus paniqué !

Il souhaita ajouter à une nouvelle édition de Mes prisons l’article de Picard “Quatre jours de pistole” paru dans La Plume le 1/9/93.