PF1331

/

Lot 293
  • 293

Verlaine, Paul

Estimate
15,000 - 20,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed

Description

  • Verlaine, Paul
  • Romances sans paroles. Sens,Typographie de Maurice L’Hermitte, [mars] 1874. Plaquette in-12, brochée. Chemise demi-chagrin bordeaux, dos à nerfs plus large, titre doré et étui bordé moderne.
1 f. blanc [oublié par Vicaire, VII, 992, id.Montel...), 48 pp. ( y compris f.-t. et t.), 1 f.n.ch. de  table, 1 f. blanc.

édition originale non justifiée tirée à [300] exemplaires sur vélin teinté, seul papier (et non vergé, Van Bever / Monda, 1926, Galantaris infra, Borel Pléiade...). Couverture gris pâle (le bleu pâle a viré comme souvent) dont le 1er plat présente l’adresse de “Paris / Chez tous les libraires / 1874”, 2e plat au centre : “Sens. Typographie Maurice L’Hermitte” entre deux filets, dos titré "Romances sans paroles - Paul Verlaine".



envoi autographe signé à l’encre sur le faux-titre : “à Adolphe Racot bien cordialement P.V.”
Racot (1840-1887), journaliste de talent et mémorialiste qui fut “un vrai ami” du poète, comme de Chabrier, ainsi que le souligne M. Pakenham. Voir sa réédition des articles de Racot sur “Les Parnassiens” en 1967 dans la série Avant-siècle 1 aux Lettres modernes chez Minard et sa notice biographique dans la Correspondance générale de Verlaine, op.cit. p. 1053.



lettre autographe signée à [racot]. 2 pages sur double feuillet in-12 monté avant le titre : “(Arras) Le 18 Février 82. Mon cher ami,/ Vous recevrez probablement en même temps que ceci mon petit livre des “Romances sans paroles”. Il m’a été impossible d’en trouver ici un exemplaire à la couverture moins maltraitée[.] Excusez donc le triste état de la malencontreuse plaquette. Quant aux innombrables ratures du texte, elles ont été l’objet ou plutôt le résultat sur tous les exemplaires d’amis, d’un mien travail très acharné [nous soulignons]. Il y avait des coquilles ! La plus étonnante était peut être/ “corneille poussine”/ au lieu de/ “corneille poussive” ! (...)”.



Grâce à cet extraordinaire exemplaire, dédicacé et accompagné de sa lettre d’envoi dûment datée, on est en mesure, à un jour près, de stratigraphier l’apport méticuleux des corrections du poète depuis celles signalées le 27 mars 1874 de sa prison montoise à Edmond Lepelletier. C’était tâche ardue sinon impossible que celle de Steve Murphy de le tenter  en 2003 (voir référence infra) à partir des 5 exemplaires repérés en bibliothèque publique (et l’ex. Verlaine/Lanssade pour 2 pages) : “Une étude de tous les exemplaires annotés de l’édition originale pourrait éventuellement permettre de ranger ces exemplaires à l’intérieur d’une chronologie relative” (p. 86). Mais d’avancer un peu vite que “la plupart de ces inscriptions (sic) n’ont pas été portées par Verlaine lui-même mais par Lepelletier” (p. 84), ce qui n’est à considérer que pour les exemplaires corrigés tant qu’il est en prison jusqu’au 16 janv. 1875. Verlaine fit encore d’autres modifications, telle cette variante “et portait” (voir infra) qu’il demande à Delahaye et Blémont en sept. 1875 d’ajouter à la liste de leurs transcriptions (p. 84, cf. p. 69, 76 et 85). L’étude chronologique peut désormais être abordée grâce à l’exemplaire Racot.



35 corrections autographes à l’encre recensées (Simonson en comptait 21). Verlaine a pratiqué certaines des retouches de façon si appliquée, minuscule et quasi imperceptible qu’un lecteur peu habitué au fait typographique ne pourrait les déceler : le maquillage était parfait, surtout pour la ponctuation, des “trifles” disait Verlaine pour ne pas décourager Lepelletier (p. 76). Ce premier relevé exhaustif a pu être établi grâce au pointage de Pierre Saunier sur son exemplaire sans envoi, à étiquette de relais de Vanier qui diffusa les invendus à partir de 1884 (voir lettre 84-8  in Correspondance op.cit. p. 850). Il porte les mêmes corrections, parfois plus visibles/lisibles,  avec l’apport de  deux nouvelles dont l’importante p. 26 :  “tous vos tournois” (en marge) qui figure déjà en 1881 dans Sagesse, et une restée inconnue p. 35 : “fatiguée.” [. devient virgule qui n’est pas reportée en 1887]. Exemplaire examiné le 21 mars 2013. Nous l’en remercions vivement.
P. 7 de l’originale,  trois corrections : “amoureuse” [virgule ajoutée] // “murmure,” [, devient !]  //  “n’est/ -pas ?” [devient : /-ce].
P. 8  une : “anciennes” [virgule ajoutée]
P. 9  deux : “ville,” [virgule devient ;] // “s’ennuie” [virgule ajoutée]
P. 10  deux : “choses” [: ajoutés] // “exile.” [. devient !]
P. 11 une : “boudoir, longtemps” [virgule supprimée ; pas d’ex. corrigé mentionné par Murphy  qui note l’importance de cette virgule p. 179].
P. 16 une : “poussine” [devient : poussive (v surcharge)]
P. 17  une : “noyées.”[. devient !]
P. 25  une : “Auberge” [biffé, devient : "Estaminet" au-dessus]
P. 27  une : “éperons,” [virgule supprimée ; pas d’ex. corr. mentionné par Murphy  p. 199].
P. 33  deux : “couveraient” [devient : "couvaient" avec "er" seuls biffés]  // “plus/que” [devient : /"rien" ajouté]
P. 34  deux : “geindre” [? ajouté] // “Blessé, qui” [virgule biffée ; pas d’ex. corr. mentionné par Murphy pour ces deux changements p. 219].
P. 35  trois : “France.” [. devient ?] // “meure.” [. devient virgule] // “mal.”[. devient ! ; pas d’ex. corr. mentionné par Murphy pour ces trois changements p. 220-21].
P. 36  une : “fous,” [, devient !]
P. 37  deux : “pêcheur,” [é (accent) seul corrigé ; pas d’ex. corr. signalé par Murphy p. 224] // “oeil” [surchargé en “nerf” en corrigeant les lettres sauf le "e"].
P. 41  deux : “coeur,qui” [virgule supprimée ; pas d’ex. corr. signalé par Murphy p. 227] // “Entre vos jeunes seins” [biffé ; devient "Sur votre jeune sein" au-dessus].
P. 44  une : “Entre deux murs hauts” [biffés ; devient : "Derrière un" (en marge et pluriel barré) ; corr. qui était déjà demandée en nov. 73 à Lepelletier p. 76].
P. 45  deux : “Child Wife” [biffé ; devient "The pretty One."  ; très rare correction du titre repérée par Murphy dans le seul exemplaire de la British Library p. 233.- Ex. Lanssade infra relève “The Pretty girl”] // “Vous/n’étiez” [devient : /qui (en marge)]
P. 48  sept :  “citaient” [devient : "c’é" (en surcharge)] // “volèrent” [devient "ai" (en surcharge] // “retourna doucement, inquiète” (virgule supprimée et une ajoutée après retourna [Murphy oublie p. 239  cette “importante modification” de LL signalée p. 85 qu’on retrouve d’ailleurs dans l’ex. Monod vendu chez Bergé le 31/5/2005 n° 137] // “en portant” [devient "et portait" avec les lettres "t" et "i" en surcharge] // “Rouvre” [devient : Douvres (lettre D en surcharge et "s" ajouté)] // “Princesse” [devient : "Comt" en interligne au-dessus]. Sur les sept, quatre erreurs étaient déjà relevées par Verlaine à la réception du volume à Mons le 27 mars 1874 (p. 76) et une 5e, modification cette fois, apportée le 3/9/1875 (p. 84)].

Literature

Toutes les paginations, sauf mention, renvoient à l’édition critique de Steve Murphy des Romances sans paroles, avec la collaboration de Jean Bonna et J.-J. Lefrère. Paris, Champion, 2003. -- Exemplaire [Julien Le Roy, E. Périer et Ed.-H. Fischer] in Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, 2000, n° 31 où Chr. Galantaris fait remarquer à juste titre que les 5 corrections au crayon sont  probablement de Lepelletier (p. 50). -- L’exemplaire de Verlaine, avec étiquette de relais, abondamment corrigé (demanderait une étude approfondie) a figuré dans la vente Jean Lanssade, I, 26/11/1993 n° 146 (et non Laussade, IIe, 46, Murphy p. 203 et 389).