PF1331

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Lot 266
  • 266

[Rimbaud, Arthur] -- Paul Verlaine

Estimate
20,000 - 30,000 EUR
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Description

  • [Rimbaud, Arthur] -- Paul Verlaine
  • "à Arthur Rimbaud/ Sur un croquis de lui par sa sœur". manuscrit autographe signé. Une page sur un feuillet in-12 (157 x 105 mm) vélin crème avec illustration fragmentaire au verso tirée en bistre.
C’est l’état manuscrit préparé pour la deuxième édition augmentée de Dédicaces, parue en 1894, poème LXIII avec notre titre. Celui-ci était formulé différemment dans La Plume le 15/2/1893 : “A Arthur Rimbaud d’après un dessin de sa sœur le représentant en costume oriental (sic)” dont le manuscrit Hayoit constituait le premier jet (vente Sotheby’s, Paris, III, 30/11/2001 n° 652) : “l’art pieux” (Hayoit/La Plume) devient “l’art naïf” dans notre manuscrit et dans Dédicaces. Quant à la leçon “souvenirs feus” (Hayoit/La Plume) pour laquelle il a hésité en surchargeant le 'x' d’une 's' dans Hayoit, elle demeure "feus" dans notre manuscrit, après une nouvelle hésitation d’un 'x' surchargé, mais Dédicaces imprime ensuite la coquille "feux" reprise par toutes les éditions. Cela n’a pas échappé au philologue A. Kies qui nous l’avait montré chez lui dans les années 1970 et qui l'a relaté en 1991 : “Tous les éditeurs impriment 'souvenirs feux'. Or, il ne s’agit pas de 'feux' (du latin focus) mais bien de 'feus' (du latin populaire fatutus) dont l’emploi est certes rarissime à part dans les expressions comme 'feu ma mère', 'la feue reine' etc. Il est piquant que le feuillet manuscrit témoigne d’une certaine hésitation : à la manière des écoliers qui doutent (…). Quoi qu’il en soit, il y a une leçon correcte : 'souvenirs feus'" (qui était celle de Hayoit/La Plume). A noter que les 2 manuscrits et La Plume présentent : “feux brûlants” avec l’adjectif verbal accordé, le participe présent invariable “brûlant” de Dédicaces étant aussi une coquille. On ne soulignera jamais assez l’importance des manuscrits.

Célèbre sonnet composé le 30 janvier 1893 dès que Vanier lui eut communiqué le dessin d’Isabelle Rimbaud montrant son frère jouant de la harpe abyssine, assis, habillé d’une espèce de gandoura. Ce croquis démarque en fait le dessin d’un musicien africain par Ronjat paru dans le Tour du monde et dont Isabelle a fait un “nègre blanc”. Vanier écrit le 30 janvier : “Je lui ai montré le croquis de la tête de Rimbaud et il m’a fait et vendu le lendemain le sonnet suivant”. Même s’il a utilisé le verso de l’invitation au banquet du 9 février envoyée toute fin janvier (publiée le 1er février), notre rédaction présente une version postérieure qui s’inscrit dans le temps de “fabrication” de Dédicacesparues en 1894.

“Depuis sa mort, dit-il à Retté, je le revois toutes les nuits. Il y avait dans ce garçon une séduction démoniaque. Son souvenir est un soleil qui flambe en moi et qui ne veut pas s’éteindre. (…) Je ne puis pas accepter cette mort”. Dans le catalogue de la vente Hayoit, on trouve le fin commentaire suivant : “(Verlaine) la regarde en face, et la dégage du dessin où le chagrin d’une sœur l’avait cachée. Comme si Isabelle Rimbaud dessinait pour conjurer la mort d’un mourant tandis que Verlaine écrivait pour mieux comprendre celle d’un immortel”.

Quant au papier, une bonne fortune nous a permis d’identifier le petit fragment illustré au verso. Il s’agit du cliché du dessin de Butel et Valton pour les invitations personnelles au 7e banquet de La Plume organisé le jeudi 9 février 1893 sous la présidence de Mallarmé. Il est reproduit à la page 66 et dernière du n° 91 du 1/2/1893 de ladite revue. Sur le fragment, on voit Verlaine escaladant à l’aide d’une plume (géante) le Mont Parnasse.
Acidification de la bande supérieure du feuillet due à un papier collant, au verso, qui a mordu sur le nom de Rimbaud en 1ère ligne. Traces légères de pliures et trous d’épingle.

Provenance

ll est extrordinaire de constater que les deux amis bibliophiles, Hayoit et Simonson, possédaient les deux seuls manuscrits connus mais toutefois ignorés de Le Dantec et de Borel dans leurs éditions de la Pléiade. H. Matarasso essaya de le racheter à A. Kies en nov. 1965 (voir préface du catalogue supra).

Literature

A. Kies “Varia, Cellulairement et autres manuscrits de Verlaine” Le Livre & l’Estampe, 1991, n° 136 p. 340. - Oeuvres poétiques complètes, Pléiade, établies par Y.-G. Le Dantec, tirage 1948, p. 432 et J. Borel, 1968, p. 601-602.

Condition

Acidification de la bande supérieure du feuillet due à un papier collant, au verso, qui a mordu sur le nom de Rimbaud en 1ère ligne. Traces légères de pliures et trous d'épingle.
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