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Nodier, Charles
Estimate
2,000 - 3,000 EUR
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Description
- Nodier, Charles
- [“De quelques phénomènes du sommeil”]. circa 1830. Manuscrit autographe, 3 pp. grand in-4 (270 x 210 mm) non paginées sur 3 ff. vergé filigrané à la petite coquille Saint-Jacques, (variante du n° 253).
beau manuscrit fragmentaire de 3 pleines pages, se suivant, fort raturées, après relecture, pour la publication de cette importante étude dans la Revue de Paris en février 1831, reprise l’année suivante dans le t. V des Œuvres complètes chez Renduel. On peut en lire de larges extraits dans l’excellente réédition de La Fée aux miettes (...) établie et annotée par Patrick Berthier. (P.), Gallimard, (1982), coll. Folio classique 1420 (p. 363-365, pour notre fragment). Nous faisons état dans la partie citée des divers changements, ajouts et suppressions, plutôt apportés sur épreuves que dans une version manuscrite postérieure.
“Le cauchemar, que les dalmates appellent Smarra [cf. son conte de 1821], est un des phénomènes les plus communs du sommeil, et il y a peu de personnes qui ne l’aient éprouvé. Il devient habituel, en raison de l’inoccupation de la vie positive, et de l’intensité de la vie imaginative, /particulièrement chez les enfants, [ajout Revue]/chez les jeunes-gens passionnés, parmi les peuplades oisives qui se contentent de peu, et dans les états inertes et stationnaires qui ne demandent qu’une attention vague et rêveuse, comme celui du berger. C’est peut-être [biffé ; ajout en interligne :] selon moi de cette disposition physiologique, placée dans les conditions qui la développent, qu’est sorti le merveilleux de tous les pays ; car [biffé ; ajout en interligne :] et il ne faut pas s’imaginer [devient : pays./ On s’imagine mal à propos Revue] que le cauchemar ne s’exerce que sur des fantaisies lugubres et repoussantes. (...). Il sème des soleils dans le ciel ; il bâtit pour en approcher des villes plus hautes que la Jérusalem céleste ; il dresse pour y atteindre des échelles [biffé ; ajout en interligne :] avenues resplendissantes aux degrés de feu, et il peuple leurs bords d’anges aux divins concerts [devient : anges à la harpe divine, Revue] dont les inexprimables harmonies ne peuvent se comparer à rien de ce qui a été entendu sur la terre ; il donne des ailes au vieillard [devient : terre. Il prête au vieillard le vol de l’oiseau Revue] pour traverser les mers et les montagnes, /en laissant bien loin derrière lui je ne sais quels oiseaux fantastiques que les aigles suivent de plus loin encore en haletant [passage supprimé, Revue]/ ; et dans [biffé, remplacé en interligne par :] auprès [de] ces montagnes, les Alpes du monde connu disparoissent comme des grains de sable, et dans ces mers, nos océans se noient comme des gouttes d’eau. Voila tout le mythisme d’une religion, révélé, depuis l’échelle de Jacob [ajout en interligne :] jusqu’au char d’Elie et jusqu’aux miracles [futurs, ajout Revue] de l’Apocalypse ; et pour en douter [devient : Pour opposer à ceci une théorie plus vraisemblable, Revue], il faudroit d’abord établir que la perception, éteinte par le réveil, ne se [biffé ; ajout en interligne :] peut se prolonger [devient : ne peut ni se prolonger ni se propager, Revue] dans la pâle et froide atmosphère de l’Univers sensible. C’est ici qu’est la question ; (...)” [devient : atmosphère du monde réel. C’est la véritable place de la question. Revue].
Il nous entraîne dans la ronde sabbatique : "Le voila cet être ignorant, crédule, et cependant impressionnable et pensif, - [devient : crédule, impressionnable, pensif, le voilà qui Revue] qui parle [biffé en interligne] qui marche et qui agit, parcequ’il est somnambule ; qui parle/, qui gémit, et qui pleure, et qui crie, [ajout Revue]/ parcequ’il est somniloque, et qui voit des choses inconnues de tout le [biffé ; ajout en interligne :] du reste de ses semblables,/ marchants et parlants, [ajout Revue]/ parcequ’il a le cauchemar ; (...) au moment où il ouvre les yeux, la perception qui s’enfuit laisse retentir à son oreille quelques rires épouvantables ; un sillon de flamme ou de fumée qui ne s’efface que peu-à-peu marque à sa vue effrayée la trace du char du démon ; l’herbe foulée en rond autour de lui conserve l’empreinte de ses danses nocturnes. Où pensez [biffé ; ajout en interligne :] voulez -vous qu’il ait passé cette nuit de terreurs, si ce n’est au sa[b]bat ? (…)”.
“Le cauchemar, que les dalmates appellent Smarra [cf. son conte de 1821], est un des phénomènes les plus communs du sommeil, et il y a peu de personnes qui ne l’aient éprouvé. Il devient habituel, en raison de l’inoccupation de la vie positive, et de l’intensité de la vie imaginative, /particulièrement chez les enfants, [ajout Revue]/chez les jeunes-gens passionnés, parmi les peuplades oisives qui se contentent de peu, et dans les états inertes et stationnaires qui ne demandent qu’une attention vague et rêveuse, comme celui du berger. C’est peut-être [biffé ; ajout en interligne :] selon moi de cette disposition physiologique, placée dans les conditions qui la développent, qu’est sorti le merveilleux de tous les pays ; car [biffé ; ajout en interligne :] et il ne faut pas s’imaginer [devient : pays./ On s’imagine mal à propos Revue] que le cauchemar ne s’exerce que sur des fantaisies lugubres et repoussantes. (...). Il sème des soleils dans le ciel ; il bâtit pour en approcher des villes plus hautes que la Jérusalem céleste ; il dresse pour y atteindre des échelles [biffé ; ajout en interligne :] avenues resplendissantes aux degrés de feu, et il peuple leurs bords d’anges aux divins concerts [devient : anges à la harpe divine, Revue] dont les inexprimables harmonies ne peuvent se comparer à rien de ce qui a été entendu sur la terre ; il donne des ailes au vieillard [devient : terre. Il prête au vieillard le vol de l’oiseau Revue] pour traverser les mers et les montagnes, /en laissant bien loin derrière lui je ne sais quels oiseaux fantastiques que les aigles suivent de plus loin encore en haletant [passage supprimé, Revue]/ ; et dans [biffé, remplacé en interligne par :] auprès [de] ces montagnes, les Alpes du monde connu disparoissent comme des grains de sable, et dans ces mers, nos océans se noient comme des gouttes d’eau. Voila tout le mythisme d’une religion, révélé, depuis l’échelle de Jacob [ajout en interligne :] jusqu’au char d’Elie et jusqu’aux miracles [futurs, ajout Revue] de l’Apocalypse ; et pour en douter [devient : Pour opposer à ceci une théorie plus vraisemblable, Revue], il faudroit d’abord établir que la perception, éteinte par le réveil, ne se [biffé ; ajout en interligne :] peut se prolonger [devient : ne peut ni se prolonger ni se propager, Revue] dans la pâle et froide atmosphère de l’Univers sensible. C’est ici qu’est la question ; (...)” [devient : atmosphère du monde réel. C’est la véritable place de la question. Revue].
Il nous entraîne dans la ronde sabbatique : "Le voila cet être ignorant, crédule, et cependant impressionnable et pensif, - [devient : crédule, impressionnable, pensif, le voilà qui Revue] qui parle [biffé en interligne] qui marche et qui agit, parcequ’il est somnambule ; qui parle/, qui gémit, et qui pleure, et qui crie, [ajout Revue]/ parcequ’il est somniloque, et qui voit des choses inconnues de tout le [biffé ; ajout en interligne :] du reste de ses semblables,/ marchants et parlants, [ajout Revue]/ parcequ’il a le cauchemar ; (...) au moment où il ouvre les yeux, la perception qui s’enfuit laisse retentir à son oreille quelques rires épouvantables ; un sillon de flamme ou de fumée qui ne s’efface que peu-à-peu marque à sa vue effrayée la trace du char du démon ; l’herbe foulée en rond autour de lui conserve l’empreinte de ses danses nocturnes. Où pensez [biffé ; ajout en interligne :] voulez -vous qu’il ait passé cette nuit de terreurs, si ce n’est au sa[b]bat ? (…)”.
Provenance
Charles Weiss, son meilleur ami, qui signe au verso d’un f. et authentifie l’écriture. -- Collection A.K. Les manuscrits de Nodier en mains privées sont peu communs.