PF1331

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Lot 236
  • 236

Nodier, Charles

Estimate
800 - 1,200 EUR
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Description

  • Nodier, Charles
  • Lettre autographe signée inédite au “cher Maitre” [Eloi Johanneau, philologue]. Lundi (Paris, 19 avril 1830). Une page in-4 (255 x 200 mm) vergé teinté léger. Seul le lundi est écrit par Nodier.
Seule fois où Nodier aborderait l’étymologie de son nom, et ce juste après la bataille d’Hernani du 25 février où le clan Hugo affichait fièrement le Hierro des cartons rouges d’invitation en signe de ralliement.

“ (...) je vous demande pardon de vous avoir entretenu de mon blazon en plus de lignes que je n’en ai écrit de ma vie sur pareil sujet, mais je vois que vous aimez comme moi ces étymologies des noms propres, qui sont à vrai dire une des pièces les plus intimes de notre individualité sociale. (...) mon Ñudo de hierro est le très humble serviteur de votre Johannellus”. “(...) Je savois bien que je ne vous envoyois pas la véritable orthographe du nom de mon vénérable ayeul Nado di hierro, mais je me conformois aux actes du temps qui l’écrivent ainsi. Quant à la manière dont son initiale tildée s’est changée en N, elle est conforme à l’esprit de notre langue qui n’a point de mot commençant par un gn mouillé (passez-moi cette mauvaise expression des vieux grammairiens) ; je vous dirai cependant à ce propos que le patois franc-comtois a beaucoup de mots de ce genre, (...). Ainsi l’on dit chez nous des gneuds pour des noeuds, et aussi les paysans de notre contrée nous appellent-ils plus communément gnaudie que Nodier.Cette observation confirme l’étymologie./Je ne crois pas toutefois cette étymologie aussi chevaleresque et aussi galante que vous me faites la grâce de l’imaginer. Noeud de fer en cette acception signifie tout bonnement un noeud de fer, c’est à dire un chainon, et j’en ai pour preuve nos armoiries qui sont parlantes comme presque toutes celles de ce temps. Elles se composent d’un noeud de fer ou chainon de trois anneaux, scellé à une muraille, et lié de l’autre extrémité à un arbre de l’espèce des sapins, avec cette devise : Rien n’y peut. En franche-comté, le sapin s’appelle un peu, et son fruit une pive. Le prévôt Ñudo de hierro étoit seigneur d’un village nommé peux, où ces arbres sont très-communs (...).

Literature

Simple mention de la lettre et de son “étymologie hispano-fantaisiste” par J.-R. Dahan in Hugo-Nodier Correspondance croisée. (Bassac), Plein Chant, 1986, p. 81 en note d’une question de Hugo à Nodier du 10/2/1827 : “Ne suis-je pas attaché au pilier de votre gloire par le nœud de fer”.