PF1331

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Lot 234
  • 234

Nodier, Charles

Estimate
500 - 700 EUR
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Description

  • Nodier, Charles
  • Lettre autographe signée à son “cher étienne”. [1828]. 2 pp. in-4 (247 x 189 mm) sur double f. vergé mince avec marque et contremarque LAB.
Elles "(...) parûrent autrefois [en 1812, anonymement] sous vos auspices, et qui dûrent plus de succès à votre amitié qu’au foible mérite de mon travail.  (...) Je vous supplie seulement de parcourir la préface* et d’y chercher une expression de mes vieux et fidèles sentimens que je ne veux pas vous laisser ignorer./ Ce n’est pas tout, mon ami. (...) Quand je publiai la première édition des questions de littérature, j’avois vingt six ans [32 ans], de la force, du courage, quelque sentiment de moi-même, un avenir, une destinée. Leur sort m’étoit assez indifférent./ Aujourd’hui, je suis vieux (...) Je suis désabusé de tout, et de la renommée littéraire mille fois plus que de toute autre chose. Je n’ai plus qu’un avenir de jours, (...) Toute mon ambition se réduit à laisser quelques ressources de plus aux gens qui me survivent, ou pour mieux dire à leur laisser quelques dettes de moins. Voila le seul motif de cette réimpression (...) voici maintenant le mot de cette ennuyeuse énigme./ Depuis plusieurs années je ne m’occupe que d’études sérieuses, plus conformes que les travaux d’imagination à mon âge, à mon état, (...). J’ai donc beaucoup de manuscrits, curieux selon moi, sur la grammaire, la philologie, la critique, les sciences. Les libraires n’en veulent point. J’ai donc perdu plusieurs années en efforts négatifs pour vaincre le besoin et améliorer le sort de ma famille”. Si les Questions avaient quelque succès, “(...) la chance de vendre le reste de mes ouvrages inédits deviendroit sûre et brillante ; ce seroit à qui les voudroit, et je serois sauvé (...)”. Pour cela il a besoin d’un article du Constitutionnel, et Etienne pourrait le parrainer, lui qui jadis l’a introduit au Journal de l’Empire en 1813 (voir Dahan in Correspondance de jeunesse. (Genève), Droz, 1995, t. II, notice biographique p. 602).
* Nodier le cite nommément en 1828 dans l’“Avertissement” des Questions p. IV : “(…) l’amitié me reconnut, et la bienveillance de M. Etienne m’ouvrit peu de temps après une carrière plus heureuse [au Journal cité], où elle m’a toujours suivi. Il y a ici beaucoup d’anecdotes littéraires, et je ne me pardonnerois jamais d’avoir oublié celle-là.”