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Huysmans, Joris-Karl
Estimate
1,500 - 2,000 EUR
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Description
- Huysmans, Joris-Karl
- Lettre autographe signée à [Rops ?]. Paris, 3/7/1889. 2 pp. in-16 (131 x 103 mm) sur 1 double f. à en-tête du Ministère de l’Intérieur.
Rodin : la luxure “incapable d’y comprendre un mot !”.- Ceux qui pensent “avoir découvert un génie dans ce matois !”
Provenance
Collection Simonson qui obtint, comme Paul Van der Perre, plusieurs pièces de la Demi-Lune, propriété de Claire Rops-Demolder (voir n° 199).
Catalogue Note
La date est importante. Elle suit de près la fameuse visite de l’écrivain à l’atelier de Rops pour voir "Les Sataniques", afin de mieux peindre l’obscénité diabolique de l’artiste dans Certains, volume de critique d’art qui sortit en fin d’année. Dans les salons littéraires, on n’ignorait pas combien Rodin était imprégné, sans le reconnaître, des érotiques de Rops.
“Cher ami, Il n’y a pas de quoi vous ennuyer et vous scrupuler avec celà - La croix ! - ceux qui n’y tiennent point l’ont toujours, car du moment que ça n’apporte point le bonheur, il n’y a pas de raison pour qu’elle n’arrive pas. La vôtre me plait, car elle embêtera, en sus, tous les pisse-froid de l’art (...). Oui, le Rodin ; c’est fort tout de même mais quoi, il ne peut faire que des fragments [;] il fait des femmes tortillées - mais quant à la Luxure, cette chose formidable et biblique, il est bien incapable d’y comprendre un mot ! La sottise, ce sont les écrivains dits de l’avant, qui s’imaginent avoir découvert un génie dans ce matois ! Je suis plongé en pleine luxure - à propos de ce travail. Je descends bravement dans la fosse de mon âme et j’y trouve des matières singulièrement fécales [.] Si seulement je pouvais arriver à les pomper et à les étaler sur le papier !à bientôt, cher ami, n’est-ce pas ? votre (s.)”.
“Cher ami, Il n’y a pas de quoi vous ennuyer et vous scrupuler avec celà - La croix ! - ceux qui n’y tiennent point l’ont toujours, car du moment que ça n’apporte point le bonheur, il n’y a pas de raison pour qu’elle n’arrive pas. La vôtre me plait, car elle embêtera, en sus, tous les pisse-froid de l’art (...). Oui, le Rodin ; c’est fort tout de même mais quoi, il ne peut faire que des fragments [;] il fait des femmes tortillées - mais quant à la Luxure, cette chose formidable et biblique, il est bien incapable d’y comprendre un mot ! La sottise, ce sont les écrivains dits de l’avant, qui s’imaginent avoir découvert un génie dans ce matois ! Je suis plongé en pleine luxure - à propos de ce travail. Je descends bravement dans la fosse de mon âme et j’y trouve des matières singulièrement fécales [.] Si seulement je pouvais arriver à les pomper et à les étaler sur le papier !à bientôt, cher ami, n’est-ce pas ? votre (s.)”.