PF1331

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Lot 126
  • 126

Flaubert, Gustave

Estimate
2,500 - 3,500 EUR
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Description

  • Flaubert, Gustave
  • lettre autographe signée à Mme Hortense Cornu. Croisset. Lundi soir [29 mai 1865]. 2 pp. in-8 (208 x 135 mm) sur double f. (en 1 et 3) sur papier bleu.
Flaubert fréquenta pendant les années '63-'65 Hortense Lacroix, épouse du peintre Cornu, fille de la dame d’honneur de la reine Hortense de Beauharnais dont le fils, futur Napoléon III, avait été élevé avec elle. Des amis intimes de Flaubert la chérissaient, dira-t-il, surtout Jules Duplan.
Chère Madame Cornu./ Il faut que je vous remercie bien fort [biffé ; ajout en interligne :] beaucoup pour avoir recomforté mon pauvre Monseigneur [Louis Bouilhet] qui etait dans un etat pitoyable. Sa situation est triste. En lui venant en aide vous ferez une bonne action, je vous assure. Comment s’y prendre pour qu’il ait de quoi manger tout en restant poëte ? Voilà la question. Je m’en rapporte à votre bon coeur & à votre esprit pour la resoudre (...)”.

Catalogue Note

Une lettre de Jules Duplan du 24 mai 1865 signale à Flaubert que Mme Cornu a reçu Bouilhet “avec un empressement qui l’a vivement touché”. Sa pièce recalée, il est sans le sou, et elle pense lui obtenir une subvention, plutôt un secours (p. 1350-51). Flaubert lui répond le 26 mai : “J’allais écrire à Mme Cornu quand j’ai reçu ta lettre, hier (...) Je suis bien attendri par la conduite de Mme Cornu. Remercie-la en mon nom de ce qu’elle fait pour notre ami.” Et d’enchaîner à propos du prince [Jérôme Napoléon dit Plon-Plon] : “Ai-je tort de ne pas écrire au prince une lettre sur son discours d'Ajaccio ?"... (Correspondance, Pléiade III, 1991, p. 441-42). Il se pose la même question dans notre lettre : “Le discours d’Ajaccio m’avait tellement frappé que j’ai eu, un instant, l’idée d’ecrire au Prince. La peur de paraitre courtisan m’a retenu. Jules [Duplan] m’ecrit que j’ai bien fait. Est-il vrai ? il me semble qu’on a été un tantinet sevère pour le Prince ?” Le fameux discours du 15 mai pour un empire libéral lui valut la disgrâce de son cousin l’Empereur Napoléon III.

Flaubert apprend par les “journaux que la MquiseRoccagiovine a perdu sa fille !” : [Matilda del Gallo], âgée de 15 ans, fille de Julie Bonaparte, marquise de Roccagiovine et cousine issue de germain de Napoléon III, que Flaubert appelle “mes Anges” dans sa lettre citée à Duplan (J. Bruneau avait pressenti juste, p. 1351).  “(...) lui dire combien cette nouvelle m’a affligé. Le mot est exact. Vous ne mentirez pas. Le souvenir de cet enfant est lié, pour moi, à celui de sa mère,  car elle etait chez vous avec elle lorsque je l’ai vue p[ou]r la première fois. Pauvre femme ! quel desastre ! quel desespoir ! (...) permettez moi de vous baiser les mains (...)”.

Trois lettres à Mme Cornu étaient connues in Correspondance établie par J. Bruneau, Pléiade, 1991, III, p. 265 (oubliée dans l’Index de 2007 !), 292 et 445 (oubliée de même). Une autre inédite, d’une p., figure dans Les Autographes, Th. Bodin, cat. 130 [juin 2010] n° 108.