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Flaubert, Gustave
Description
- Flaubert, Gustave
- "Cosmos / Alexandre [de] Humboldt". manuscrit autographe, c. 1860-1870. 21 pp. ½ (295 x 222 mm) sur 13 ff. y compris celui du titre, montés sur onglet. In-4. Demi-maroquin rouge serti d’un filet doré, dos à nerfs, non rogné (Reliure moderne).Un feuillet de titre sur vélin léger ; 18 pages + deux fois ½ p. soit l’équivalent de 19 pp. sur 11 feuillets paginés de 2 à 11, vélin satiné assez fort, filigrané "De Canson Frères" ; 1 (dernier) feuillet non paginé sur les "questions academiques", vélin un peu moins fort filigrané de la même fabrique "Vidalon Frères", feuillet qui a souffert aux pliures renforcées, sans perte de texte.
Provenance
Catalogue Note
Alors que Humboldt écrit généralement en français, son Cosmos, vaste synthèse sur la Nature, l’œuvre de toute sa vie, fut rédigé en allemand à Berlin et Postdam à la fin de sa carrière, dans un style éminemment poétique aux antipodes de la sécheresse scientifique, souligne Mary Orr. Le premier tome publié en 1845 fut traduit en français en 1846. Il sera aisé de déterminer quelle est l’édition en traduction utilisée par Flaubert, car il en donne la pagination.
Ses notes couvrent les deux tomes. Le tome I avec le Tableau de la Nature ; d’après ses apostilles : partie astronomique - composition chimique des aérolithes - changements futurs dans le ciel - vie céleste - intérieur de la terre - boussole chinoise - lumière animale de la mer - tremblements de terre - cause du vulcanisme d’après Platon - Fossiles - Méditerranée - Caspienne - Courants océaniques - brouillards reproduisant les bas-fonds - vie marine - Depuis Colomb l’homme circule sur la terre - Si la terre n’avait pas d’air. - Le tome II avec son Histoire de l’idée du Cosmos ; notes fort diversifiées : de la taille des arbres, l’invention des coulisses, les parcs des rois persans, le tala sucre de canne, le collège astronomique de Babylone, les noms indiens des marchandises apportées à Salomon, les voyages légendaires ; des philosophes, historiens cités ; l’histoire de l’antiquité à l’Amérique des Vikings, de Colomb ; les savants du XVIe, Copernic, Tycho-Brahé… Il plonge vers les “prairies oceaniques”, note dans le t. I la lumière animale de la mer sous les tropiques : “Mais ici la lumière est un produit des forces organiques de la nature ; les vagues couronnées d’une écume phosphorescente s’élèvent roulent et se brisent comme en une mer de feu ; chaque point de l’immense surface est une étincelle et dans chaque étincelle se manifeste la vie animale d’un monde invisible”. Dans les notes du Cosmos, il pointe les Jardins d’Adonis “le jardin où Vénus s’unit à Adonis symbole de la jeunesse trop tôt flétrie, de la croissance féconde et de la destruction”, l’or d’Ophir, le sucre et les éléphants.
Le dernier feuillet sur les “questions academiques” puise ses informations dans Cicéron, édition Fournier, mais bien d’autres noms apparaissent également comme Xénophane, Strabon, Anaximandre…
"C’est ainsi que la science conduit l’esprit humain des plus simples premisses aux plus hautes conceptions et lui ouvre ces champs sillonnés par la lumière où 'germent des myriades de monde comme l’herbe d’une nuit' – extrait d’un sonnet de Guillaume de Humboldt".