Lot 4
  • 4

Appuie-tête, Yaka, République Démocratique du Congo

Estimate
30,000 - 40,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed

Description

  • Yaka
  • Appuie-tête
  • wood
  • haut. 19 cm
  • 7 1/2 in

Provenance

Collection Bela Hein, Paris
Transmis par descendance
Fraysse et Associés, Paris, 8 décembre 2004, n°47
Galerie Flak, Paris
Collection Françoise et Jean Corlay, Paris, 2005

Catalogue Note

L'iconographie des appuie-tête musawu - dont la très grande variété des sujets puise dans la figuration humaine, animale ou domestique - est associée aux éléments de la pensée Yaka et à l'identité de leurs propriétaires (Bourgeois in Dewey, 1993, p. 55). Ils appartenaient aux dignitaires - en particulier aux chefs kalaamba - et à certains chefs de lignage (lemba) dont ils servaient durant le sommeil à préserver la coiffure élaborée, cette dernière agissant comme un charme protecteur pour la communauté (Bourgeois, 1982).  

Ici, la figure cariatide combine la représentation du léopard Ngo à un visage aux traits humains. Selon Bourgeois (in Falgayrettes-Leveau, 2007, p. 299 et 312), au sein du riche bestiaire utilisé dans l'art Yaka - soulignant la relation métaphorique entre l'imagerie animale et l'identité masculine - "la représentation du léopard Ngo [...] est rarement sculptée en bois, à l'exception, notable, des appuie-tête". Son symbolisme renvoie à l'image du chef et à travers elle, probablement à la société des hommes-léopards (syoonya) à laquelle faisaient appel certains chefs lignagers, ou encore au culte ngongi, dédié aux esprits des ancêtres. 

Avec un talent remarquable, le sculpteur a traduit, dans l'équilibre de la composition et la dynamique des volumes, l'élégance du félin et la tension de la pose. La finesse des modelés est mise en valeur par les nuances de la patine, brun miel sur la cariatide, brune et profonde sur le linteau. Voir Bastin (1984, p. 302, n°317) pour un appuie-tête de style très comparable; et de Grunne (2008, p. 30, n°10) pour un autre, vraisemblablement de la même main, qui fut exposé à Paris en 1937. 

Photographie réalisée par Hugues Dubois