PF1308

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Lot 88
  • 88

Statue, Fon, Bénin

Estimate
30,000 - 50,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Fon
  • Statue
  • haut. 87 cm
  • 34 1/4 in

Provenance

Acquis par Georges Vidal au Bénin, en 1975
Collection Georges Vidal, Cannes
Collection privée

Exhibited

São Paulo, Parque Ibirapuera, Mostra do Redescobrimento. Brasil 500 é mais. Arte Afro-Brasileira, 23 avril - 7 septembre

Literature

Fundação bienal de São Paulo, Mostra do Redescobrimento. Brasil 500 é mais. Arte Afro-Brasileira, 2000, p. 92, n°74

Catalogue Note

"Devant l'art africain, plus vous serez agressé, dérouté, plus il vous faudra être attentif ; n'ayez pas peur de la commotion, du choc".
Jacques Kerchache (in Vaudou, 2011, p. 38)

Disparaissant sous une accumulation d'éléments rapportés - os, coquillages, tissus, anneaux métalliques - et sous une épaisse patine sacrificielle, cette impressionnante statue bocio du vodun impose son visage hypnotique aux grands yeux sertis de verre, illustrant la relation qu'elle entretient avec le monde ambivalent des esprits. Les traces d'offrandes sacrificielles renvoient à sa fonction protectrice, agissant contre les menaces venues de l'extérieur et les litiges internes fragilisant le groupe. 

Les sculptures anthropomorphes matérialisant les bocio – intermédiaires entre les hommes et les entités voduns – sont le plus souvent  relativement sommaires : les jambes se fondant dans une base destinée à être fichée dans le sol, les bras dans le volume du torse. Très rares sont celles, comme ici, à figurer un personnage assis, dans une attitude naturaliste. Tandis que le crâne parfaitement lisse « pourrait évoquer une coutume des Fon qui consiste, au moment des funérailles, à raser la têtes des membres de la famille du défunt », les anneaux métalliques symboliseraient "les entraves que portaient les captifs en Afrique même, ainsi que les esclaves, marchandises de valeur exportées vers l’Europe et les Amériques, en particulier vers le Brésil" (Falgayrettes-Leveau in Dapper, 2005, p. 45-46). Voir les collections du futur musée Vaudou à Strasbourg ; et Bethenod (2003, p. 176) pour une statue comparable dans la collection Jacques Kerchache, de plus petite dimension.  

Présentée à São Paulo dans l’exposition Brasil 500 é mais. Arte Afro-Brasileira, elle y témoignait des parentés des productions afro-brésiliennes et des arts de l’Afrique subsaharienne, en particulier dans l’héritage des croyances et des mythes qui contribuèrent à forger les entités plurielles du Nouveau Monde.