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Statuette, Tsogho, Gabon
Description
- Tsogho
- Statuette
- haut. 42 cm
- 16 1/2 in
Provenance
Collection Marceau Rivière, acquis ca. 1993
Collection privée
Exhibited
Sous la base, le n° 22... inscrit à l'encre blanche
Literature
Catalogue Note
La dynamique de la pose - jambes semi-fléchies accentuant la cambrure des reins, épaules tendues vers l'avant afin de libérer dans l'espace le mouvement des bras repliés devant l’abdomen - annonce la force et l'élégance de la tête. Chaque trait, depuis le cou étiré jusqu'aux ornements métalliques, en accentue l'impact visuel. La force du visage anguleux redouble dans l'acuité du regard - les larges yeux de cuivre profilés en oblique, la pupille signifiée.
La forme rectangulaire du piétement, dans lequel se fond l'extrémité des jambes, pourrait suggérer que la sculpture ornait initialement le sommet d’un pilier votif ana-a-ndembe d’un temple du bwiti, la religion commune des peuples du centre et du sud du Gabon (cf. Gollnhofer, Sallée, Sillans, Art et artisanat tsogho, Musée des arts et traditions du Gabon, Orstom, 1975, p. 41, fig. 56). Chez les Tsogho de la région de Mimongo, ces piliers allant toujours par paire, mâle et femelle, étaient installés pour constituer une sorte d’autel au fond du sanctuaire ebanza, lors des cérémonies de deuil ghebenda. Ces représentations du couple primordial de l’humanité, Nzambe Kana, l’ancêtre mâle, et Disumba, l’ancêtre mère - appelées aussi gheonga pour les statues proprement dites -, étaient utilisées à l’occasion d’autres rites du bwiti (culte des ancêtres mombe ou pratiques thérapeutiques).
Commentaire de Louis Perrois, avril 2013