PF1315

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Lot 2
  • 2

Maria Helena Vieira da Silva

Estimate
300,000 - 400,000 EUR
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bidding is closed

Description

  • Maria Helena Vieira Da Silva
  • Tours d'armes
  • signé
  • huile sur toile
  • 73 x 92 cm; 28 3/4 x 36 1/4 in.
  • Exécuté en 1954.

Provenance

Galerie Pierre, Paris
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel (1960)

Exhibited

Amsterdam, Stedelijk Museum, Vieira da Silva – Germaine Richier,  4 février – 7 mars 1955

Literature

Guy Weelen et Jean-François Jaeger, Vieira da Silva, Catalogue raisonné, Genève, 1994, p.229, no.1164, illustré
Dora Vallier, La peinture de Vieira da Silva : Chemins d'approche, Paris, 1971, p.132, illustré

Condition

The colors (especially the blue colors) are more vivid and brighter in the original work. This work is executed on its original canvas and is not relined. Three minor paint losses are visible under : - two (approx 0.4 cm) located along the upper edge, 45 cm from the extremity of the left corner - one (approx 0.1 cm) located along the upper edge, 12 cm from the extremity of the upper right edge. A minor canvas wear (approx 0.3 cm) is visible located on the rim of the left edge, 33 cm from the extremity of the upper left corner is only visible under very close inspection. Under UV light, there is no evidence of any retouching. This work is in excellent condition.
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Catalogue Note

Perpétuelle interface entre une vision de l’infini et un imaginaire de la réalité, la peinture de Vieira da Silva ressemble à un point d’équilibre où s’opposeraient la sensation et la pensée, l’ordre et le chaos. Comment s’est constituée chez ce peintre cette vision elliptique qui ne s’arrête pas à décrire la réalité mais semble au contraire irrémédiablement attirée vers un inconnu ? Comme si le véritable sujet de cette œuvre si variée résidait dans l’appel du regard désigné par les jeux de perspectives qui s’emboîtent  ou par ces damiers qui s’ouvrent sur une profondeur infinie du tableau. Plus que la présence tangible des choses, c’est leur traversée qui préoccupe le peintre comme s'il fallait rappeler sans cesse une expérience fondamentale. N’y a-t-il pas dans la peinture de Vieira da Silva, la tentation d’un vertige pascalien entre les deux formes de l’infini. Loin de cerner l’espace, ces entrelacs de lignes et de touches n’évoquent-ils pas la volonté de faire entrer en résonance ces deux dimensions insondables ? Faire jouer une infinité de plans qui révèlent un lointain inaccessible.  [...]

L’abstraction de Vieira da Silva n’est pas un renoncement au système figuratif, il est plutôt un éclatement d’une forme trop étroite, trop linéaire de la représentation. Il s’est constitué sur un trop plein de sensations qu’aucune description ne pouvait satisfaire. A la différence d’un Mondrian ou d’un Kandinsky ou par la suite d’un Poliakoff qui poursuivent une pure abstraction des sensations, Vieira da Silva oriente son abstraction vers une part de la réalité. Elle confronte au rythme pur des lignes et des couleurs le travail de la ressemblance tel qu'Alberto Giacometti le prônait, c’est-à-dire ce qui fait que cela ressemble à quelqu’un ou à quelque chose. Dans les architectures de damiers et de carreaux qui apparaissent dès les années trente s’exercent autant l’influence de Paul Klee et de son orchestration de la couleur qu’une attraction pour les intérieurs métaphysiques de Chirico. Abstraite, figurative ? L’œuvre de Vieira da Silva retourne indéfiniment la question. C’est la peinture elle-même qui est devenue intériorité et c’est du sans fond de la toile que l’on attend le surgissement de la figure. Plus le peintre va avancer dans son œuvre, plus ce glissement vers l’intériorité va s’étendre. Elle défait la belle ordonnance des architectures des peintres de la Renaissance qui faisaient converger vers la figure humaine toutes les lignes de leurs cités idéales pour y substituer une infinité d’espaces faits d’accélérations et de ralentissements. Il y a un émiettement des perspectives qui se multiplient et se chevauchent, ouvrant des dimensions nouvelles dans le tableau en désignant la profondeur comme finalité ultime de l’aventure du regard. Face à cette énigme de la profondeur, le peintre Wols lui demanda un jour : « Dites-moi, j’aime beaucoup ce que vous faites, mais pourquoi faites-vous la perspective ? » « J’ai répondu – dit-elle – que je savais que cela ne se faisait pas dans l’art moderne mais qu’il fallait que je le fasse quand même. »

Dina Vierny, Maria Helena Vieira da Silva, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, 1999

Maria Helena Vieira da Silva dans son atelier à Paris © Wölbing-Van Dyck, Bielefeld et Ida Kar