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Maria Helena Vieira da Silva
Description
- Maria Helena Vieira Da Silva
- Tours d'armes
- signé
- huile sur toile
- 73 x 92 cm; 28 3/4 x 36 1/4 in.
- Exécuté en 1954.
Provenance
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel (1960)
Exhibited
Literature
Dora Vallier, La peinture de Vieira da Silva : Chemins d'approche, Paris, 1971, p.132, illustré
Condition
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Catalogue Note
L’abstraction de Vieira da Silva n’est pas un renoncement au système figuratif, il est plutôt un éclatement d’une forme trop étroite, trop linéaire de la représentation. Il s’est constitué sur un trop plein de sensations qu’aucune description ne pouvait satisfaire. A la différence d’un Mondrian ou d’un Kandinsky ou par la suite d’un Poliakoff qui poursuivent une pure abstraction des sensations, Vieira da Silva oriente son abstraction vers une part de la réalité. Elle confronte au rythme pur des lignes et des couleurs le travail de la ressemblance tel qu'Alberto Giacometti le prônait, c’est-à-dire ce qui fait que cela ressemble à quelqu’un ou à quelque chose. Dans les architectures de damiers et de carreaux qui apparaissent dès les années trente s’exercent autant l’influence de Paul Klee et de son orchestration de la couleur qu’une attraction pour les intérieurs métaphysiques de Chirico. Abstraite, figurative ? L’œuvre de Vieira da Silva retourne indéfiniment la question. C’est la peinture elle-même qui est devenue intériorité et c’est du sans fond de la toile que l’on attend le surgissement de la figure. Plus le peintre va avancer dans son œuvre, plus ce glissement vers l’intériorité va s’étendre. Elle défait la belle ordonnance des architectures des peintres de la Renaissance qui faisaient converger vers la figure humaine toutes les lignes de leurs cités idéales pour y substituer une infinité d’espaces faits d’accélérations et de ralentissements. Il y a un émiettement des perspectives qui se multiplient et se chevauchent, ouvrant des dimensions nouvelles dans le tableau en désignant la profondeur comme finalité ultime de l’aventure du regard. Face à cette énigme de la profondeur, le peintre Wols lui demanda un jour : « Dites-moi, j’aime beaucoup ce que vous faites, mais pourquoi faites-vous la perspective ? » « J’ai répondu – dit-elle – que je savais que cela ne se faisait pas dans l’art moderne mais qu’il fallait que je le fasse quand même. »
Dina Vierny, Maria Helena Vieira da Silva, Paris, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, 1999
Maria Helena Vieira da Silva dans son atelier à Paris © Wölbing-Van Dyck, Bielefeld et Ida Kar