PF1211

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Lot 21
  • 21

Meuble à deux corps en marqueterie et bois noirci, travail toulousain de la première moitié du XVIIIe siècle, attribué à Noël Hache

Estimate
20,000 - 30,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Haut. 192 cm, larg. 140 cm, prof. 85 cm
  • Height 75 2/3 in; width 55 in; depth 33 1/2 in
à décor de fleurs, oiseaux et rinceaux ; panneauté sur les côtés, la partie supérieure surmontée d'une corniche et ouvrant à deux vantaux, la partie inférieure ouvrant à deux tiroirs en ceinture et à deux vantaux, reposant sur deux lions couchés

Condition

The illustration of the catalogue is accurate. Good overall condition despite the inevitable scratches and marks throughout due to age and use. There are some shrinkage cracks on each front door. There are the usual restorations to the marquetry. A few minor old traces of woodworm. Minor loss on each front corner of the lower moulding. Very nice patina to the wood. Ready to use.
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Catalogue Note

Noël Hache (vers 1630-vers 1675)

Issu d’une famille de Calais, Noël Hache entreprend le tour de France des compagnons après être passé par Paris, Nevers, Lyon, Nîmes, Montpellier, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Tours, Blois, Orléans et Angers. Avant même ce tour, la proximité de Calais laisse supposer qu’il a pu acquérir les techniques des maîtres des Flandres. Il s’installe ensuite à Toulouse probablement en 1656 et il se marie en 1657 avec Antoinette Cassé. De cette union naquirent huit enfants dont le célèbre Thomas Hache qui partit s’installer à Grenoble à la fin du XVIIe siècle. Bien que ce dernier avait onze ans à la mort de son père, on peut supposer qu’il a retenu la technique de marqueterie de fleurs au naturel de son père que lui-même avait probablement apprise lors de son tour à Paris auprès d’ébénistes hollandais comme Pierre Gole (1620-1685). Une lettre du 11 mars 1659 qu’il adresse à la municipalité de Toulouse pour ouvrir une boutique, il indique qu’il est le seul à créer à Toulouse « des cabinets à la façon d’Allemagne », soit en placage d’ébène, et qu’il créait aussi des « cadres tableaux, miroirs, cassettes, tablettes, écrans, damiers guéridons et pièces rapportées, où il emploie le bois de sandale, d’esbaine, d’ivoire, de rose, de violette, de brésil et autre bois de senteur… »(1). Cette lettre montre que Noël Hache se tenait au courant des dernières modes et innovations des ateliers parisiens. Des archives récentes indiquent qu’il fut reçu maître le 26 mars 1665 à Toulouse.

Pour ce qui est d’une signature ou estampille, une déclaration devant notaire du 5 juillet 1666  indique que Noël Hache décide « de renoncer à signer de sa marque habituelle aucun de ses ouvrages et aucun acte public (…) et ce pour éteindre chez ses concurrents l’envie et la tentation de le contrefaire »(2).  Il semble qu’il n’ait signé sa production que lorsqu’il tenait boutique entre 1665 et 1666. Aucun meuble connu ne porte sa signature si bien qu’on ne sait pas s’il s’agissait d’une estampille, d’un décor spécifique de marqueterie, d’une étiquette ou d’une signature.

(1)   P. et F. Rouge, Le Génie des Haches, editions Faton, Dijon, 2005, p. 29

(2)   R. Fonvieille, La Dynastie des Haches, editions Dardelet, Paris, 1974, p. 14