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Table à écrire en acajou mouluré de la fin de l'époque Louis XV
Description
- Haut.73 cm, larg. 86 cm, prof. 46 cm
- Height 28 2/3 in; width 33 3/4 in; depth18 1/4 in
Literature
A. Pradère, "Madame de Pompadour et le goût grec", Connaissance des arts, décembre 1989, n° 454, p. 106
Cat. expo. musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 14 février-19 mai 2002, Madame de Pompadour et les arts, RMN, Paris, 2002
J. Cordey, Inventaire des biens de Madame de Pompadour, Paris, 1939
J. Guiffrey, Inventaire de Jean-François Oeben (1763), NAAF, 3e série, vol. XV, 1899
Catalogue Note
Cette mode pour les meubles en acajou massif est marquée par l’anglomanie répandue à la fin du XVIIIe siècle en France. La haute aristocratie s’enthousiasme alors pour le whist et le « thé à l’anglaise », comme le montre la profusion de petites tables à thé créées alors. Plusieurs mots anglais apparaissent à cette époque dont club, jury, budget, confort et convention. Les hommes portent un habit sans galon qui s’appelle redingote (provenant du mot anglais riding coat). Les femmes portent des robes simples en mousseline sans crinoline. Les meubles et la mode tendent tous deux vers le dépouillement et la simplicité.
Jean-François Oeben était le grand créateur de ces tables à écrire, dites tables à coulisses. Sa production ne comporte que très peu de ces tables en acajou. A sa mort en 1763, la mode pour ces meubles ne faisait que débuter. Madame de Pompadour fut l’une des premières à commander des meubles de cette nouvelle mode. Elle acquiert Ménars en juin 1760 et entreprend d'importants travaux de rénovation et d'aménagement résolument "modernes". C'est à cette période qu'elle paye à Jean-François Oeben 17.400 livres "comme acompte sur des meubles à fournir pour ses différentes maisons" et que ce dernier achète "trente-quatre madriers d'acajou (...) par l'ordre et pour le compte de la dite dame marquise de Pompadour pour être employés à faire des meubles pour les différentes maisons de la dite dame" (inv. de Jean-François Oeben, op. cit.). A la mort de la marquise, Ménars et son contenu reviennent à son frère le marquis de Marigny qui poursuivit l'oeuvre commencée. Contrairement à ce qu'il fit pour les autres résidences, il conserva Ménars à peu près intact, probalement en raison du caractère moderne de l'ameublement.