PF1233

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Lot 322
  • 322

Table à écrire en acajou mouluré de la fin de l'époque Louis XV

Estimate
40,000 - 60,000 EUR
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Description

  • Haut.73 cm, larg. 86 cm, prof. 46 cm
  • Height 28 2/3 in; width 33 3/4 in; depth18 1/4 in
le plateau coulissant de forme chantournée découvrant un tiroir muni d'une tablette à écrire inclinable et de deux casiers, reposant sur des pieds cambrés reliés par une tablette d'entretoise, terminés par des sabots en bronze doré

Literature

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

A. Pradère, "Madame de Pompadour et le goût grec", Connaissance des arts, décembre 1989, n° 454, p. 106

Cat. expo. musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 14 février-19 mai 2002, Madame de Pompadour et les arts, RMN, Paris, 2002

J. Cordey, Inventaire des biens de Madame de Pompadour, Paris, 1939

J. Guiffrey, Inventaire de Jean-François Oeben (1763), NAAF, 3e série, vol. XV, 1899

Catalogue Note

Par sa ligne encore légèrement mouvementée, cette table est la parfaite illustration de la transition entre le style Louis XV et Louis XVI, marqué par le dépouillement des formes. Le placage de bois de rose ou de bois de violette ainsi que les décors marquetés sont laissés de côté au profit de la sobriété de l’acajou, choisi pour cette table avec le plus grand soin. Sa couleur est particulièrement dense et les fils du bois, courant sur toute la longueur du meuble sans présenter aucune ronce, sont blonds ou brunissants, produisant un effet de profondeur. Dans ce bois très dur, l’outil  a tracé de longues moulures rectilignes ornées de motifs à la grecque aux angles.  Ces moulures remplacent les bronzes pour obtenir une plus grande sobriété.

Cette mode pour les meubles en acajou massif est marquée par l’anglomanie répandue à la fin du XVIIIe siècle en France. La haute aristocratie s’enthousiasme alors pour le whist et le « thé à l’anglaise », comme le montre la profusion de petites tables à thé créées alors. Plusieurs mots anglais apparaissent à cette époque dont club, jury, budget, confort et convention. Les hommes portent un habit sans galon qui s’appelle redingote (provenant du mot anglais riding coat). Les femmes portent des robes simples en mousseline sans crinoline. Les meubles et la mode tendent tous deux vers le dépouillement et la simplicité.   

Jean-François Oeben était le grand créateur de ces tables à écrire, dites tables à coulisses. Sa production ne comporte que très peu de ces tables en acajou. A sa mort en 1763, la mode pour ces meubles ne faisait que débuter. Madame de Pompadour fut l’une des premières à commander des meubles de cette nouvelle mode. Elle acquiert Ménars en juin 1760 et entreprend d'importants travaux de rénovation et d'aménagement résolument "modernes". C'est à cette période qu'elle paye à Jean-François Oeben 17.400 livres "comme acompte sur des meubles à fournir pour ses différentes maisons" et que ce dernier achète "trente-quatre madriers d'acajou (...) par l'ordre et pour le compte de la dite dame marquise de Pompadour pour être employés à faire des meubles pour les différentes maisons de la dite dame"  (inv. de Jean-François Oeben, op. cit.). A la mort de la marquise, Ménars et son contenu reviennent à son frère le marquis de Marigny qui poursuivit l'oeuvre commencée. Contrairement à ce qu'il fit pour les autres résidences, il conserva Ménars à peu près intact, probalement en raison du caractère moderne de l'ameublement.