PF1233

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Lot 308
  • 308

Suite de quatre fauteuils en bois sculpté et redoré d'époque Régence, les tapisseries en laine et soie d'après Maria Sibylla Mérian, travail du nord de la France ou des Flandres, vers 1720

Estimate
40,000 - 60,000 EUR
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Description

  • Haut. 97 cm, larg. 65 cm
  • Height 38 1/4 in; width 25 1/2 in
à dossier plat, les supports d'accotoir en coup de fouet, la ceinture sculptée de croisillons et centrée d'un cartouche, reposant sur des pieds cambrés sculptés de feuilles d'acanthe et terminés par des enroulements ; recouverts de tapisserie à décor de fleurs, fruits et insectes

Catalogue Note

Référence bibloigraphique:

Maria Sybilla Meria, Insects of Surinam, Taschen, Cologne, 2009


Le décor étonnant des tapisseries de nos fauteuils est inspiré directement du recueil de planches botaniques
Métamorphose des Insectes du Suriname (Metamorphosis insectorum Surinamensium) publié en 1705 par Maria
Sibylla Merian, célèbre naturaliste et artiste née à Francfort en 1647 et morte à Amsterdam en 1717. Initiée à la
peinture de fleurs par son beau-père Jakob Marell, peintre en nature morte, elle devint vite une artiste majeure
excellant dans la gravure. Elle publia son premier recueil Le Nouveau Livre des Fleurs à Nuremberg en 1674. Les
planches de cet ouvrage, représentant des plantes, des fleurs et des bouquets serviront par la suite de modèle pour
les artisans, les brodeurs et les ébénistes. En 1686, Maria Sibylla quitte son mari pour s’installer avec ses deux filles
et sa mère à Amsterdam, où elle poursuivit son étude de la nature. Cinq ans plus tard elle ouvre un studio spécialisé
sur la peinture de plantes, d’oiseaux et d’insectes.
Agée de cinquante-deux ans, Maria, accompagnée de sa fille cadette, entreprend en 1699 un long voyage d’étude au
Suriname (nouvelle colonie hollandaise à l’époque) financé par la ville d’Amsterdam. Ce voyage était d’autant plus
extraordinaire que très peu de femmes savaient lire et voyageaient à cette époque. Merian est sans doute la première
femme qui s’aventurait dans une mission d’exploration de cette envergure. À l’issue de ce voyage, elle publia son
recueil Métamorphose des insectes du Suriname (1705), qui introduit la flore et la faune sud-américaine aux
européens. Elle y étudia la métamorphose des papillons, jetant par-là les bases de l’entomologie moderne. Maria
Sibylla Merian meurt en 1717. Ses filles, installées en Russie et au Suriname, assurent alors la diffusion de ses
travaux, qui contribueront non seulement au développement de science naturelle mais enrichiront le vocabulaire des
arts décoratifs.
Le décor de nos fauteuils illustre le goût de l’Europe sous l’ère baroque pour l’étude de la faune et de la flore
découverts dans les nouveaux territoires découverts. Ces conquêtes du nouveau monde alimentaient alors les
cabinets de curiosité en nouvelles espèces botaniques ou animales, renforçant ainsi le goût de ces collectionneurs
pour le curieux et le bizarre.