PF1233

/

Lot 304
  • 304

Attribué à Jean-Baptiste Deshays de Colleville dit le Romain

Estimate
10,000 - 15,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed

Description

  • Jean-Baptiste Deshays de Colleville dit le Romain
  • Nessus offrant sa tunique empoisonnée à Déjanire
  • Huile sur papier marouflé sur toile en grisaille

Provenance

Vente anonyme, Maître Desvouges, Paris, Hôtel Drouot, 20 mai 1926, n°4 (comme Boucher)

Catalogue Note

Le sujet de notre tableau est tiré des Métamorphoses d’Ovide, livre IX, verset 93-126. Il s’agit du passage qui suit l’enlèvement de Déjanire par le centaure Néssus, très souvent illustré dans l’histoire de l’art. Le sujet que nous présente ici l’artiste est moins connu, il s’agit des derniers instants du centaure Nessus.

Après s’être battu contre le dieu fleuve Achéloos, Héraclès eu le droit d’épouser la belle Déjanire. Sur le chemin du retour, les jeunes époux se virent en difficulté au moment de traverser le fleuve Euénus, plus abondant que de coutume. Le centaure Nessus proposa son aide à Héraclès : « Je me charge, petit-fils d’Alcaeus, de déposer là-bas sur la rive, celle que voici, dit-il. Toi, tu en as la force, traverse à la nage. » Lorsque Héraclès arriva sur l’autre rive, il vit que Nessus avait rebroussé chemin et se disposait à abuser de Déjanire. Il décocha une flèche enduite du poison de l’Hydre de Lerne (1) entre les omoplates du Centaure pour délivrer sa femme. Le sang jaillit par la blessure, se mêlant au poison de l’hydre. Le centaure, ne voulant pas mourir sans se venger, teignit sa tunique de son sang empoisonné et en fit don à Déjanire, la lui présentant comme étant un stimulant pour l’amour. C’est précisément cet instant que notre composition illustre.

Plus tard, Héraclès s’éprit d’Iolé, fille du roi Eurytos. Déjanire, après avoir tenté d’écarter sa rivale se décida à envoyer à son mari la tunique imprégnée du sang de Nessus, espérant réanimer l’amour défaillant de son mari infidèle. Elle demanda à Lichas, compagnon d’Héraclès de la lui remettre. Sans soupçon, le héros la reçue et la mit sur ses épaules. La tunique consomma petit à petit son corps, il se jeta dans un bucher sur le mont Oeta pour abréger ses souffrances, tandis qu’au même moment, Déjanire se pendit de tristesse.

1- l’Hydre de Lerne fut l’un des douze travaux d’Hercules. Ce monstre avait un corps de chien et plusieurs têtes qui exhalaient un poison soufflé par les multiples gueules. Héraclès, après avoir tué l’animal le dépeça et recueillit le venin pour en imprégner ses flèches