PF1213

/

Lot 82
  • 82

Baudelaire, Charles

Estimate
20,000 - 25,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Baudelaire, Charles
  • Théophile Gautier. Notice littéraire précédée d'une lettre de Victor Hugo.Paris, Poulet-Malassis & De Broise,1859.
édition originale. In-12 (180 x 116 mm).

tirage à 500 exemplaires.

Elle comporte un premier envoi autographe signé de l'auteur à victor hugo, gratté et recouvert d'un second envoi à l'encre : "à M. Gélis, Hommage de l'auteur. Ch. Baudelaire".
Le papier à l'endroit de la dédicace peluche très légèrement. L'exposition par transparence à la lumière naturelle montre qu'il existait une précédente inscription manuscrite soigneusement grattée - dont on devine, à l'oeil nu, quelques lettres. Exposé à la lampe UV, on découvre la première intention de l'auteur quand à l'envoi de cet exemplaire :
"à Victor Hugo, Témoignage d'admiration, Ch. Baudelaire".

reliure légèrement postérieure. Bradel demi-percaline bordeaux, couverture, non rogné. Coiffes et pièce de titre un peu usées.

Provenance

Jacques-Léon Gélis (envoi).

Condition

Coiffes et pièce de titre un peu usées.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."

Catalogue Note

Le repentir sur l'envoi laisse rêveur et ouvre la voie à de multiples conjectures. Nous ignorons s'il existe un autre exemplaire de ce livre dédicacé par Baudelaire à Victor Hugo. Théophile Gauthier parut d'abord en article dans "L'Artiste" du 13 mars 1859. Dès le 16 février 1859, Baudelaire pensait à le faire reparaître sous la forme d'une plaquette (lettre à Poulet-Malassis, Correspondance, Pléiade, p. 550).
L'idée fut retenue et réalisée. Pour donner à la publication un intérêt supplémentaire, Baudelaire demanda une lettre-préface à Victor Hugo alors en exil à Hauteville House. Une première réponse se perdit. Baudelaire le sollicita à nouveau et ce fut la lettre du 6 octobre. Baudelaire la reçut vers le 10 et l'expédia immédiatement à Poulet-Malassis sans manquer toutefois d'ajouter un commentaire ironique à l'égard du préfacier (OE.C., Pléiade, p. 1128, et Correspondance, I, p.608). A ce stade, il paraît bien difficile d'imaginer que Baudelaire n'ait pas fait le service d'un exemplaire dûment signé à Victor Hugo. Mais, en même temps, comment comprendre un tel palimpseste ? Baudelaire se serait-il aperçu qu'il avait déja dédicacé son livre à Hugo ou bien se serait-il ravisé au dernier moment ? est-ce un "repentir" dû à quelques énervements de Baudelaire à l'égard du grand exilé ?
On sait que la relation de l'auteur des Fleurs du mal avec celui des Misérables fut tumultueuse et sujette à de brusques variations. Toutefois, sur un exemplaire de la seconde édition des Fleurs du Mal qu'il lui adressa deux ans plus tard, Baudelaire écrira bel et bien un envoi dont le texte n'est pas si éloigné du présent recouvert : "à Victor Hugo, / Témoignage d'admiration / de sympathie et de dévouement. C.B.". Il existe aussi un autre exemplaire de l'édition originale de 1857 des Fleurs du Mal avec une dédicace de Baudelaire à Victor Hugo qui a été mutilée ; l'envoi au crayon y a été repassé à l'encre sans scrupules, détruisant par ce geste un trésor de la poésie du XIXe siècle.
Quoi qu'il en soit, cet envoi gratté demeure une énigme et le nom substitué de Jacques-Léon Gélis, banquier, né la même année que Baudelaire en 1821, ne nous aide guère. D'après Claude Pichois, Baudelaire et Gélis se connaissaient depuis leur jeunesse. Gélis mourut en 1898.