PF1213

/

Lot 69
  • 69

Robert, Nicolas et Denis Dodart

Estimate
120,000 - 160,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Robert, Nicolas et Denis Dodart
  • Estampes pour servir l'histoire des plantes.Paris, vers 1786.
2 volumes in-plano (544 x 390 mm).

illustration : frontispice figurant Louis XIV à l'Académie des Sciences, par Sebastien le Clerc, 319 gravures par Nicolas Robert, Abraham Bosse et Louis de Chatillon d'après Nicolas Robert et Chatillon, avec quelques ajouts par Jean Marchant.

reliure de l'époque. Plats de veau marbré de l'époque, cartons et dos refaits, tranches rouges.

Provenance

Comtes de Derby (Knowsley Hall, armoiries).

Literature

BM(NH) IV, p. 1515 -- Brunet IV.1325 -- Bultingaire Les Velins du Museum d'Histoire Naturelle de Paris [n.d.] -- Great Flower Books (1990) p. 91 -- Hunt Flora Portrayed (1985) p. 21 -- Hunt Printmaking in the Service of Botany (1986) 16 -- Laissus & Monseigny Les Plantes du Roi in Revue d'histoire des sciences, XXII, fasc. 3, pp. 193 - 2346 -- Nissen BBI 533 & 504 -- Rix The Art of the Plant World p. 61 -- Tomasi, An Oak Spring Flora 43.

Catalogue Note

"Le plus beau recueil de gravures florales du dix-septième siècle" (Blunt).
Ce rarissime recueil complet fut compilé par Nicolas Robert, le plus grand artiste botanique du dix-septième siècle. Ensemble, ces planches sont un témoignage précieux et unique des plantes en culture dans la seconde moitié de ce siècle. « Le Recueil des plantes était considéré par le maître de la peinture florale Gerard van Spaendonck comme le plus beau travail botanique jamais publié » (Oak Spring Flora). Hunt écrit que les planches de cet ouvrage « se placent parmi les meilleures gravures de botanique jamais réalisées ».

Cet ouvrage n'a jamais été officiellement publié ou mis en vente. Les recueils constitués faisaient l'objet de présents royaux et portaient alors les armes royales sur les plats. Le présent exemplaire, malgré ses restaurations fut sans doute l'un d'eux. Il fut conservé par la suite dans la grande bibliothèque d'histoire naturelle des comtes de Derby à Knowsley Hall.

"On se souviendra de Nicolas Robert (1614-1685) pour trois contributions majeures à l'art botanique : - la célèbre Guirlande de Julie, ses vélins floraux pour Gaston d'Orléans et Louis XIV, et [le présent ouvrage] – la plus belle collection de gravures de fleurs réalisées au cours du XVIIe siècle. Le nom de Robert est mentionné pour la première fois en tant qu'illustrateur d'un petit livre de gravures de fleurs intitulé Fiori Diversi (Rome, 1640). Son père était aubergiste à Langres. Les circonstances qui amenèrent le jeune homme à voyager jusqu'en Italie restent inconnues, mais il devait déjà bénéficier d'une certaine réputation puisqu'il fut choisi l'année suivante pour illustrer un livre d'un intérêt et d'une importance inhabituels, la Guirlande de Julie. Avant que le baron de Sainte-Maure ne partît en guerre, il offrit en cadeau d'anniversaire à sa fiancée [la spirituelle, belle et vertueuse Julie d'Angennes, fille de Madame de Rambouillet] un album de fleurs – chef d'œuvre de galanterie connu sous le titre de Guirlande de Julie. Nicolas Robert collabora pour cette œuvre avec Jarry, le plus grand calligraphe de ce temps... En une nuit, Robert devint célèbre ; peu de temps après, alors que Gaston d'Orléans était à la recherche d'un peintre qu'il chargerait d'inventorier sa collection, son choix se porta naturellement sur le jeune peintre de la célèbre Guirlande. Pour se faire une impression exacte de toute la diversité et l'éclat du talent de peintre de Robert, il est nécessaire d'étudier son travail au Musée du Jardin des Plantes [...] Au moment de la mort de Gaston d'Orléans en 1660, la collection remplit cinq grands volumes in-folio. La majorité de ces dessins représentent des fleurs, bien qu'il y ait aussi de nombreux oiseaux et d'autres sujets d'histoire naturelle. Nommé en 1664 au poste de "peintre ordinaire de Sa Majesté pour la miniature", Robert poursuivit à Paris et à Versailles le travail commencé à Blois. Durant les années passées à Blois, Nicolas Robert était devenu plus qu'un simple fournisseur de beautés florales : il était donc naturel que la toute nouvelle Académie Royale des Sciences, en décidant de publier une Histoire des Plantes, le choisisse comme illustrateur principal (Wilfried Blunt & William T. Stearn, The Art of Botanical Illustration, 1994, pp. 118 - 121).

"L'idée initiale de cette entreprise encyclopédique a été proposée par Perrault, et sa proposition fut acceptée avec enthousiasme par Colbert, bien qu'il semblerait que le projet n'ait vraiment pris forme que lorsque le botaniste Denis Dodart (1634 - 1707) a rejoint l'Académie en 1673. Son oeuvre, Mémoires pour servir à l'Histoire des Plantes, à l'origine volume d'introduction de cette série, paru en 1675 et contenait 39 plaques par Robert. Dodart y déplore le fait qu'aucunes de ces gravures ne pouvaient être en couleurs, mais au moins, assure-t-il au lecteur, toutes les illustrations de cette nouvelle série sont dessinées d'après nature, l'artiste déployant tous ses efforts pour présenter les plantes à taille réelle... Mettant de côté son activité régulière de peinture de fleurs sur vélin afin de se concentrer sur ce projet, Robert réussit à produire un très grand nombre de gravures, [mais au moment de sa mort, le travail était incomplet]... Ce travail est de toute évidence le résultat d'une intense collaboration entre l'artiste et le scientifique,  chacun cherchant à dépeindre les plantes aussi fidèlement que possible. Les planches gravées par Robert sont immédiatement reconnaissables
à la légèreté de son toucher et aux subtiles variations des tons gris et noirs dans les feuilles et les fleurs" (Lucia Tongiorgi Tomasi, An Oak Spring Flora, 1997, pp. 168-170). A l'origine, les gravures devaient accompagner le texte fondé sur les dernières expériences chimiques, médicales et botaniques des espèces représentées : ce texte n'a jamais été publié.

Les premiers tirages de ces gravures ont été imprimés vers 1685, au moment de la mort de Robert pour fournir un exemple de "travail en cours" à l'Académie Royale des Sciences. Ils comprenaient environ 272 planches. En 1701, l'oeuvre complète en comprenait 319. En 1719, Jean Marchant ajouta des détails végétaux aux planches, en s'appuyant sur Tournefort et Vaillant, avec quelques occasionnels changements de noms. Aux environs de 1786, le "tirage royal" fut publié (comme le fut le présent exemplaire), agrémenté d'un important frontispice par Sébastien Le Clerc et comprenant la totalité des 319 planches. En 1788, un second tirage de l'édition fut publié. Chacun de ces tirages est de la plus grande rareté.