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Michaux, Henri
Description
- Michaux, Henri
- Quatre cents hommes, en croix. Paris, Pierre Bettencourt, 1956.
illustration : exemplaire bien complet des 3 lithographies originales de Henri Michaux en frontispice, entre les pages 16 et 17, 24 et 25.
tirage limité à 270 exemplaires, un des 10 de tête sur Japon nacré, n°8.
pièce jointe :
tapuscrit complet et très corrigé du texte.
7 pp. in-4 (268 x 209 mm) et une 1/2 p. in-8 oblong (209 x 131 mm), sur 8 feuillets numérotés v1, 2, v3, v4, z5, v6 et 7 (le feuillet in-8 est intitulé "Notes en bas de page").
Le manuscrit comporte une centaine de corrections et ajouts autographes et environ 70 ratures. Il est signé et daté : "Entrepris en 1952. Henri Michaux".
Catalogue Note
D'emblée la croix est instaurée comme autoportrait du corps souffrant, comme soutien et instrument de souffrance des quatre cents hommes formant cette société créée par Michaux. On ne trouve en réalité que 31 figures, numérotées entre 42 et 260, tentative de retrouver une unité universelle. L'ouvrage entier est empreint d'une nostalgie confuse de la foi antérieure. Michaux, d'ailleurs, ne parvient ni à la retrouver, ni à l'expliquer : à travers cette fragmentation, au lieu de rejoindre le sens et la réalité du Christ ancien qu'il recherche, il le découd et l'effrite, peu à peu. "Je m'y suis mal pris. J'avais choisi les images de quelques christs primitifs. Mais ce n'est pas cela qu'il fallait faire. J'aurais dû partir d'une idée du Christ, me refaire une idée du Christ, plutôt que de contempler des images" (Alain Jouffroy, Avec Henri Michaux, éditions du Rocher, 1992).
Le tapuscrit est signé et annoté par Michaux "Entrepris en 1952". Le sous-titre "Journal d'un dessinateur (fragments)" indique que la genèse du livre fut bien les dessins, cette recherche sur la figure du Christ en croix, du Christ supplicié, pour y ajouter le texte. Et ce "fragment de journal" ne nous livre que 3 dessins. Michaux en parle comme d'un rejet (artistique ? spirituel ?) : "Long arrêt. Des mois. Je viens de recommencer et... recommence aussitôt leur répugnance à se mettre en croix." (Quatre Cents Hommes en Croix, p. 29).
Et si Dieu, le Christ, la religion ou les saints sont présents dans presque chaque oeuvre du poète, on peut rapprocher ce projet d'une part du supplice endurée volontairement (comme le Christ) par Marie-Louise, sa femme, quelques années auparavant et d'autre part de son expérience mysthique à venir autour des drogues et la mescaline en particulier.
Les manuscrits ou tapuscrits complets d'oeuvres de Henri Michaux sont très rares en vente publique.