PF1213

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Lot 115
  • 115

[Rimbaud, Arthur] -- Paul Verlaine

Estimate
12,000 - 18,000 EUR
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Description

  • [Rimbaud, Arthur] -- Paul Verlaine
  • Lettre autographe signée de Paul Verlaine à son éditeur Léon Vanier.Datée Mardi 8 Xbre 90 [sic, au lieu de 91].
Une page (105 x 110 mm), à l'encre brune. Sur feuillet de facturier (?).

Provenance

Henri Matarasso.

Literature

J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud -- Paul Verlaine, Oeuvres poétiques complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 601.

Catalogue Note

« Depuis sa mort, je le revois toutes les nuits. Il y avait dans ce garçon une séduction démoniaque. Son souvenir est un soleil qui flambe en moi et qui ne veut pas s’éteindre. » (Verlaine en janvier 1892, à Adolphe Retté venu lui rendre visite à l'hôpital Broussais, in Le Symbolisme. Anecdotes et souvenirs).

Rimbaud mourut le 10 novembre 1891. Verlaine ne l’apprit qu’un mois plus tard, dans L’Echo de Paris du 6 décembre, alors qu'il séjourne à l'hôpital Broussais pour la septième fois. Dans une lettre à l’éditeur Léon Vanier, le 7 décembre 1891, il évoque froidement « Rimbaud (mort, dit-on) ». Dans la présente lettre datée du 8 décembre, il place parmi d'autres nouvelles deux lignes seulement, tout aussi laconiques : « Reçu encore confirmation par le cousin de M. Charles Vesseron (mort aussi il y a quelques mois !) de la mort de Rimbaud et de son inhumation à Charleville en novembre dernier », mais, sous le coup de l'émotion, date sa lettre de 1890. 
Depuis le 12 décembre 1875, date de la dernière lettre connue de Verlaine à Rimbaud, le silence définitif de ce dernier coupait court à toute tentative de communication entre les deux "anciens exilés chers". Le Rimbaud vivant, l'homme, l'ami, l'amant, faisait désormais partie du passé de Verlaine. Il ne se préoccupait plus désormais que d'un seul aspect de Rimbaud : le poète, à la gloire duquel il écrit ses Poètes Maudits, pour lequel il publie les Illuminations et dont il salue l'oeuvre dans Les Hommes d'aujourd'hui. Si la jeunesse littéraire savait à peu près qui était l'auteur du Bateau ivre lorsque les journaux annoncèrent tardivement sa disparition, c'était principalement grâce au poète saturnien.

Mais la mort de Rimbaud laisse Verlaine à nouveau puissamment hanté. Son obsédante présence, Verlaine l'a formulée dans le poème "Toi mort, mort, mort!", paru le 15 février 1893 dans La Plume sous le titre : A Arthur Rimbaud, d'après un dessin de sa soeur le représentant en costume oriental.

Cette lettre exceptionnelle a été publiée dans Arthur Rimbaud, Correspondance posthume (1891-1900)  Jean-Jacques Lefrère, Fayard, 2010.