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Léautaud, Paul
Description
- Léautaud, Paul
- Lettre autographe signée à Fritz-René Vanderpyl.Fontenay-aux-Roses, 22 octobre 1942.
Catalogue Note
Intéressante lettre de Léautaud, écrite pendant l'Occupation, dans laquelle il évoque avec une ironie féroce et un goût douteux Valéry, Apollinaire, Matisse, Monet, Fragonard, Mallarmé ou encore Botticelli...
"Bien que Valéry m'ait dit un jour que je parlais de la peinture comme un homme de lettres, c'est-à-dire n'y connaissant rien, j'ai toujours été éberlué [...] de trouver la peinture si laide. Quand Apollinaire publie Alcools, avec son portrait par Picasso (vous devez le connaître) -- il y avait bien un peu de juif chez Apollinaire : son bohémianisme d'appoint, ses contes d'érudit fabriqués comme ceux de Schwob, l'assemblage de morceaux dissemblables dans ses poèmes (La Chanson du Mal-Aimé) -- Je me rappelle lui avoir dit que cela ressemblait à une vespasienne autour de laquelle on tournait sans trouver par où entrer [...].
Il est un peintre que vous admirez, que je range à peu près dans la même catégorie par son appliquation à faire le laid, et criard [...] : c'est ce fameux Henri Matisse dont je connais l'appréciation sur lui même : Moi, Je suis un intellectuel. Quand un homme dit cela de lui, et surtout un peintre, en commetant en même temps une faute de français, je suis renseigné sur son compte et je me sauve [...]
Cela, un grand peintre? Rien pour l'esprit, rien pour le coeur [...]".
Fritz-René Vanderpyl était écrivain et pendant la guerre, critique au Mercure de France, dans lequel, en 1942, il réédite son ouvrage : L'Art sans patrie, un mensonge : le pinceau d'Israël.
Une copie manuscrite de la lettre est conservée à la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet.