PF1203

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Lot 125
  • 125

Apollinaire, Guillaume

Estimate
40,000 - 60,000 EUR
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Description

  • Apollinaire, Guillaume
  • Lettre autographe signée à André Dupont.1er février 1915.
Une page in-4 (274 x 216 mm), sur papier à l'en-tête du Café Tortoni à Nîmes.
Lettre sous forme d'un poème autographe signé de 18 vers accompagné d'un très bel autoportrait d'Apollinaire en artilleur, on peut lire "38" sur sa casquette. En février 1915, Apollinaire est artilleur au 38e régiment d'artillerie de campagne à Nîmes.

"[...] Tant d'hommes sur le front meurent en ce moment
Que c'est un vrai plaisir de saigner seulement
L'artillerie est l'art de mesurer les angles
L'équitation celui de bien serrer les sangles
L'art du canon est l'art de tout bien mesurer
Avec l'astronomie on peut le comparer
Voilà tout le secret de la guerre où nous sommes
Le reste est dans la joie et la vertu des hommes
[...]".

La lettre a été montée sur onglet dans une reliure signée Loutrel. Chagrin noir souple à la bradel, titre sur le premier plat dans un cadre et sur le dos, étui bordé.

Literature

Lettre reproduite dans Apollinaire, Oeuvres poétiques, Pléiade p. 807.

Catalogue Note

Le dessin est un des plus aboutis des dessins épistolaires du poète. Il s'agit de la première des trois lettres qu'Apollinaire envoya à André Dupont (1884 - 5 mars 1916 à Douaumont, Verdun lors d'une tentative de reprise de fort). Il est cité dans les Ecrivains morts à la guerre. Guillaume Apollinaire l'évoque dans Le Flâneur des deux rives : "La dernière fois qu'avant la guerre j'ai passé rue Berton, c'était il y a bien longtemps déjà en la compagnie de René Dalize, de Lucien Rolmer et d'André Dupont, tous trois morts au champ d'honneur." Avant de partir sur le front où il fut tué, André Dupont avait confié ces poèmes à André Billy qui les publia dans "Apollinaire vivant". Il collabora aux Soirées de Paris.