PF1203

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Lot 116
  • 116

Apollinaire, Guillaume

Estimate
3,000 - 4,000 EUR
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Description

  • Apollinaire, Guillaume
  • La Vie Anecdotique. M. Guy Lavaud – Jean Lombard– Légende Moréas en Amérique – Les Cubistes et les Poètes.Manuscrit autographe signé.[16 novembre, 1912].
9 pages in-8 (210 x 135 mm), numérotées de 1 à 9. Trois pages et demi (pp. 4-5-6 et 4 lignes de la p. 7) de l'article sur Jean Lombard sont d'une autre main. Ces feuillets écrits à l'encre brune portent de très nombreuses ratures et corrections.

A noter le magnifique article sur les cubistes et les poètes dans lequel Apollinaire s'étonne de l'inégalité de traitement faite à l'art français moderne et aux peintres cubistes, considérés avec admiration en Hollande contrairement à la France : « Ainsi cependant qu'à Paris on demandait des sanctions contre des peintres coupables d'avoir des opinions esthétiques différentes de celles qui ont cours dans les salles de rédaction, à Amsterdam, on faisait aux cubistes une réception officielle » et de conclure : « Il ne faut pas oublier en effet que Delaunay, Gleizes, Le Fauconnier, Metzinger, Léger, etc, c'est-à-dire la plupart des peintres cubistes, vivent dans la compagnie des poètes. Quant à Picasso, qui inventa la peinture nouvelle et qui, on ne peut plus en douter aujourd'hui, [est] la figure artistique la plus haute de ce temps, il n'a vécu que parmi les poètes dont je m'honore d'être, d'être [sic] Guillaume Apollinaire ».

Literature

Michel Décaudin, Apollinaire, Œuvres en prose complètes, Pléiade, III, 1993, p. 127-131 et p.1161 et s.


 

Catalogue Note

« L'anecdote amuse Apollinaire et lui est utile. Elle émaille ses tous premiers articles et fleurit tout au long de son œuvre, poème y compris [...] Ainsi la politique aussi bien que l'histoire, la littérature ou les beaux arts se voient-ils abordés par le biais souvent imprévu d'un trait singulier, cocasse, original qui en révèle les coulisses ou les secrets [...] On ignore toutefois à quelle date précise remonte le projet de « La Vie anecdotique », nouvelle rubrique qui apparaît le 1er avril 1911 dans « La Revue de la quinzaine » du Mercure de France. « J'aime les hommes, non pour ce qui les unit, mais pour ce qui les divise, et des cœurs, je veux surtout connaître ce qui les ronge » placée en tête de la première Vie anecdotique, cette phrase d'Apollinaire en forme de profession de foi dut étonner plus d'un lecteur par le ton de gravité un peu solennelle que venaient aussitôt démentir les quelques articles qu'elle coiffe. Mais elle indique assez bien de quelle façon Apollinaire souhaitait être lu » (cf. Michel Décaudin).
Ces chroniques ne seront rassemblées qu'après la mort du poète et paraîtront pour la première fois en 1926 aux éditions Stock sous le titre « Anecdotiques » (cet article figure aux p. 81 à 85 de cette édition et p. 127 à 131 de la Pléiade).