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Joseph-Siffred Duplessis
Description
- Joseph-Siffred Duplessis
- Portrait de Christoph Willibald Ritter von Gluck (1714-1787)
- Pastel, ovale
- 54 x 44cm
Provenance
Sa vente, Paris, Galerie Georges Petit, Maître Lair-Dubreuil, 9-11 juin 1909, n°88, reproduit;
Collection Mme J. Brasseur, Lille;
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Maîtres Lair-Dubreuil et Desvouges, 13 mars 1920, n°13, reproduit;
Vente Anonyme, Paris, Palais Galliera, Maître Ader, 23 novembre 1965, n°3, reproduit;
Exhibited
Hector Berlioz, 1969, Bibliothèque Nationale, Paris, n°38 (cité p.30-31 catalogue)
Literature
F. Lesure, Collection musicale André Meyer, Abbeville, 1973, reproduit pl.115
Catalogue Note
Notre tableau date de la période faste de la carrière de l’artiste, en effet Duplessis dut rencontrer le compositeur Allemand Christoph Willibald Gluck lors de son passage à Paris, où il séjourna de 1775 à 1779. Gluck, reste encore aujourd’hui l’un des plus grands compositeurs de la période dite « classique », qui s’étend pour la musique de 1750 à 1820 dans ses limites larges. Après une jeunesse marquée par des études de philosophie à Prague et une prédisposition pour la musique qui l’obligea à quitter le foyer familial, il se rendit à Vienne puis en Italie afin de se perfectionner. Après un passage à Londres en 1746, Gluck entame une tournée européenne qui s’achèvera en 1752. A son retour à Vienne il obtient la reconnaissance tant méritée et met en place « La Réforme », souhaitant une nouvelle conception du drame. C’est ainsi qu’il arrive en 1774 à Paris pour appliquer sa réforme à l’opéra. L’artiste réadapte alors à la mode française son succès viennois Orphée et Eurydice, et son séjour s’accompagne de deux nouveaux succès: Iphigénie en Aulide et d’Iphigénie en Tauride.
Lorsque Duplessis exécuta ce portrait, chacun des deux hommes connaissait le succès. Le travail du peintre est reconnaissable par ces touches pleines de vigueur, il donne à son modèle une image aimable et très distinguée. On connait, à Vienne, un autre portrait de Gluck par Duplessis, le musicien y est vu assis à mi-corps jouant du piano, le visage relevé et le regard dans le lointain. Notre pastel est beaucoup plus intimiste que le tableau de Vienne, le cadrage y est resserré sur un format ovale comme le veut la tradition du portrait. Notre pastel est très probablement une étude préparatoire, très aboutie, pour le tableau de Vienne comme le suggère Belleudy dans sa monographie sur Duplessis en 1913. Gluck apparait en vêtement de soie bleu aux reflets chatoyants, le visage relevé comme dans la composition finale, le regard respectable tourné vers la postérité. Duplessis représente ici un artiste fier de ce qu’il a accompli et au sommet de sa carrière musicale.
Le portrait que nous présentons a été gravé par Miger en 1775.
Nous remercions Rachel Dudouit qui travaille sur l'oeuvre de Duplessis et qui considère que notre pastel est une étude pour le tableau de Vienne. L'oeuvre sera inclus dans le catalogue raisonné de l'artiste actuellement en préparation.