PF1227

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Lot 93
  • 93

Joseph-Siffred Duplessis

Estimate
15,000 - 20,000 EUR
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Description

  • Joseph-Siffred Duplessis
  • Portrait de Christoph Willibald Ritter von Gluck (1714-1787)
  • Pastel, ovale
  • 54 x 44cm

Provenance

Collection Félix Doisteau;
Sa vente, Paris, Galerie Georges Petit, Maître Lair-Dubreuil, 9-11 juin 1909, n°88, reproduit;
Collection Mme J. Brasseur, Lille;
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Maîtres Lair-Dubreuil et Desvouges, 13 mars 1920, n°13, reproduit;
Vente Anonyme, Paris, Palais Galliera, Maître Ader, 23 novembre 1965, n°3, reproduit;

Exhibited

Cent pastels du XVIIIe siècle par Latour, Perronneau, Nattier, Chardin, Greuze, etc. et de bustes par Houdon, Pajou, Caffiéri, Coustou organisée par Mme la Marquise de Ganay, au profit de la Société française de Secours aux blessés militaires, 18 Mai au 10 Juin 1908, Galerie Georges Petit, Paris, n°16;
Hector Berlioz, 1969, Bibliothèque Nationale, Paris, n°38 (cité p.30-31 catalogue)

Literature

J. Bellendy,  J.S. Duplessis, peintre du Roi, Chartres, 1913, p.324, n°75
F. Lesure, Collection musicale André Meyer, Abbeville, 1973, reproduit pl.115

Catalogue Note

Fils d’un chirurgien de la ville de Carpentras, peintre à ses heures perdues, Joseph-Siffred devait selon la volonté de ses parents rentrer dans les ordres, mais face à l’exemple paternel il choisit la peinture. Après avoir accompagné pendant quatre ans un chartreux également peintre il décida, à 20 ans, de partir pour l’Italie où grâce aux recommandations de son maître il réussit à rentrer dans l’atelier de Pierre Subleyras (1699-1749). Du peu que l’on connaisse sur le reste de son séjour en Italie, on sait qu’il y rencontra le peintre Joseph Vernet (1714-1789), c’est à cette époque qu’il s’intéressa au genre du paysage. Il rentra d’Italie en 1748, et s’établit alors dans sa ville natale avant de gagner Lyon, puis Paris en 1752. L’artiste entama alors sa mue de peintre provincial en peintre parisien, de paysagiste en portraitiste. Malgré ce changement de résidence il resta très attaché à sa région natale et en recevra de nombreuses commandes. Il franchit les différentes étapes habituelles pour les peintres cherchant la reconnaissance de leur travail. A partir de 1764 il exposa à l’académie de Saint Luc, il fut ensuite agréé à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture en 1769 et fut reçu en 1774 à la même Académie avec les portraits du sculpteur Christophe-Gabriel Allegrain et du peintre Joseph-Marie Vien, tous deux conservés au Louvre. Son talent fut alors rapidement reconnu et la consécration suprême arriva avec la commande du Portrait en buste et de celui en pied du roi Louis XVI. Il devint alors un peintre très apprécié dans l’aristocratie et chez les personnalités de l’époque. Bien que la Révolution freina sa carrière, ses compétences restèrent connues, c’est ainsi qu’on le nomma en 1796 conservateur des Galeries de Versailles, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort en 1802.

Notre tableau date de la période faste de la carrière de l’artiste, en effet Duplessis dut rencontrer le compositeur Allemand Christoph Willibald Gluck lors de son passage à Paris, où il séjourna de 1775 à 1779. Gluck, reste encore aujourd’hui l’un des plus grands compositeurs de la période dite « classique », qui s’étend pour la musique de 1750 à 1820 dans ses limites larges. Après une jeunesse marquée par des études de philosophie à Prague et une prédisposition pour la musique qui l’obligea à quitter le foyer familial, il se rendit à Vienne puis en Italie afin de se perfectionner. Après un passage à Londres en 1746, Gluck entame une tournée européenne qui s’achèvera en 1752. A son retour à Vienne il obtient la reconnaissance tant méritée et met en place « La Réforme », souhaitant une nouvelle conception du drame. C’est ainsi qu’il arrive en 1774 à Paris pour appliquer sa réforme à l’opéra. L’artiste réadapte alors à la mode française son succès viennois Orphée et Eurydice, et son séjour s’accompagne de deux nouveaux succès: Iphigénie en Aulide et d’Iphigénie en Tauride.

Lorsque Duplessis exécuta ce portrait, chacun des deux hommes connaissait le succès. Le travail du peintre est reconnaissable par ces touches pleines de vigueur, il donne à son modèle une image aimable et très distinguée. On connait, à Vienne, un autre portrait de Gluck par Duplessis, le musicien y est vu assis à mi-corps jouant du piano, le visage relevé et le regard dans le lointain. Notre pastel est beaucoup plus intimiste que le tableau de Vienne, le cadrage y est resserré sur un format ovale comme le veut la tradition du portrait. Notre pastel est très probablement une étude préparatoire, très aboutie, pour le tableau de Vienne comme le suggère Belleudy dans sa monographie sur Duplessis en 1913. Gluck apparait en vêtement de soie bleu aux reflets chatoyants, le visage relevé comme dans la composition finale, le regard respectable tourné vers la postérité. Duplessis représente ici un artiste fier de ce qu’il a accompli et au sommet de sa carrière musicale.
Le portrait que nous présentons a été gravé par Miger en 1775.

Nous remercions Rachel Dudouit qui travaille sur l'oeuvre de Duplessis et qui considère que notre pastel est une étude pour le tableau de Vienne. L'oeuvre sera inclus dans le catalogue raisonné de l'artiste actuellement en préparation.