PF1227

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Lot 284
  • 284

[Rousseau, Jean-Jacques (1712-1778)] - Pergolesi, Giovanni-Battista (1710 - 1736)

Estimate
30,000 - 50,000 EUR
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Description

  • Olympiade de Pergolesi.Manuscrit copié par Jean-Jacques Rousseau. [Après 1772].
  • ink on paper
In-folio oblong (24,5 x 30, 5 cm), maroquin vert, guirlande dorée en encadrement des plats, dos lisse richement orné de petits fers au cerf et à la lyre, coins et charnières frottés, petits défauts à la reliure.

Copie manuscrite exécutée par J.J. Rousseau de l'opera-seria sur un livret en trois actes du célèbre Métastase. Ex-libris de Lord Holland sur le premier contreplat, page de garde portant une note autographe de Charles de Flahaut : "Ce livre copié de la main de Rousseau, dans le temps où, pour subsister, il copiait de la musique pour le prix le plus modique, fut envoyé par la Reine de Naples à Mde de Souza. Donné par Elle à son fils, Il l'a offert à Lord Holland comme souvenir de son vivace et inaltérable attachement. Flahaut Holland House 13 juin 1816", inscription manuscrite au crayon sur le premier feuillet probablement de Lord Holland : "Given to me by Flahaut Feb 17 1816".

Condition

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Catalogue Note

Pergolèse compte parmi les grands maîtres italiens dont l'oeuvre influença profondément le goût et la théorie musicale de Rousseau. Rousseau considère l'Olympiade comme "la plus belle chose qu'il connaisse" et "la copie pour qui veut l'avoir" (Journal de François de Chambrier, 29 décembre 1773). La copie de musique est d'abord pour Rousseau un moyen d'apprendre, mais à partir de 1731 lui permet aussi de gagner sa vie et son indépendance: "Il faut avouer que j'ai choisi là dans la suite le métier du monde auquel j'étais le moins propre. Non que ma note ne fut belle, et que je ne copiasse fort nettement ; mais l'ennui d'un long travail me donne des distractions si grandes que je passe plus de temps à gratter qu'à noter, et que si je n'apporte la plus grande attention à collationner mes parties, elles font toujours manquer l'exécution. [...] Depuis lors mes finances ont souvent été fort courtes, mais jamais assez pour être de jeûner. Je marque cette époque avec un coeur sensible aux soins de la Providence. C'est la dernière fois de ma vie que j'ai senti la misère et la faim" (Confessions, livre 4).
A partir d'avril 1772, Rousseau signe ses copies par ses initiales et les numérote par une combinaison de lettre représentant la centaine, et de chiffres. Cet exemplaire est le cinq cent onzième numéro de copie.

En 1757, Casanova rendit visite à Rousseau à Montmorency, et partit quelque peu deçu par le grand philosophe : il ne fut pas impressionné par ses idées ou encore par sa musique car Rousseau ne désira pas échanger avec lui ; à la place, Casanova lui demanda d'exercer ses talents de copiste pour copier des partitions complètes de musique. ("Dans ces jours là, madame d’Urfé ayant envie de connoitre J.J. Rousseau, nous sommes allé à Monmorenci lui faire une visite, lui portant de la musique qu’il copioit merveilleusement bie[n].  On lui payoit le double de l’argent qu’on auroit payé à un autre, mais il se rendoit garant qu’on n’y trouveroit pas des fauttes.  Il vivoit de cela...") ; voir G.G. Casanova, Histoire de ma vie, II, pp.182-183 ; voir aussi, M.L. Prévost et Chantal Thomas, Casanova. La passion de la liberté, Bibliothèque nationale de France, exhibition catalogue (2011), page 112.

When in 1757, Casanova visited Rousseau in Montmorency, he left rather disappointed by the great philosophe: it was not his ideas or even his music that impressed him in the slightest; instead Casanova commented on Rousseau’s exquisite skill in copying complete music scores  ("Dans ces jours là, madame d’Urfé ayant envie de connoitre J.J. Rousseau, nous sommes allé à Monmorenci lui faire une visite, lui portant de la musique qu’il copioit merveilleusement bie[n].  On lui payoit le double de l’argent qu’on auroit payé à un autre, mais il se rendoit garant qu’on n’y trouveroit pas des fauttes.  Il vivoit de cela..."); see G.G. Casanova, Histoire de ma vie, II, pp.182-183; see also: M.L. Prévost et Chantal Thomas, Casanova. La passion de la liberté, Bibliothèque nationale de France, exhibition catalogue (2011), page 112.