256
256

JEAN-PHILIPPE RAMEAU

Dans le goût de Jacques-André-Joseph Aved
PORTRAIT DE JEAN-PHILIPPE RAMEAU (1683-1764)
Estimate
10,00015,000
JUMP TO LOT
256

JEAN-PHILIPPE RAMEAU

Dans le goût de Jacques-André-Joseph Aved
PORTRAIT DE JEAN-PHILIPPE RAMEAU (1683-1764)
Estimate
10,00015,000
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Collection Meyer

|
Paris

Dans le goût de Jacques-André-Joseph Aved
PORTRAIT DE JEAN-PHILIPPE RAMEAU (1683-1764)

Exhibited

Exposiçao comemorativa do cenrenario de Jean-Philippe Rameau, Fundaciao Calouste Gulbenkian, Palais Foz, Lisbonne, 17 mai au 4 juin 1965, n°298 du catalogue (comme de Aved)

Literature

F. Lesure, Collection musicale André Meyer, Abbeville, 1961, cité p.107, reproduit pl.207;
F. Gétreau, The portrait of Rameau: A Methodological Approach in Music in Art, Printemps 2011, Vol XXXVI, n°1-2, reproduit p.277, n°2

Catalogue Note

Notre tableau est une reprise plus tardive du célébrissime Portrait de Jean-Philippe Rameaupeint par Joseph Aved (1702-1766). Cette dernière œuvre, conservée au musée de Dijon, fut considérée de 1818 à 1900 comme de Jean-Siméon Chardin. Le talent d’Aved est assez personnel pour ne pas le confondre avec celui de ses contemporains, pourtant, on peut justement le rapprocher de Chardin. Les deux peintres ont été unis par une amitié ancienne, celle-ci se traduisait par des conversations, des conseils mutuels. Cochin et Mariette illustrèrent combien ce lien a influencé leurs carrières respectives, ils racontèrent que vers 1737, Chardin, qui jusque-là n’avait guère peint que des natures mortes se décida, sur une réflexion d’Aved, à peindre la figure humaine. Certaines toiles d’Aved ont elles aussi nettement subi l’influence de son ami. Ces rapports expliquent les fausses attributions à Chardin d’œuvres d’Aved. Les peintures les moins colorés, celles qui se rapprochent davantage de la monochromie brune de Chardin sont, bien entendu, celles qui ont été confondues avec les toiles de celui-ci. Notre portrait de Jean-Philippe Rameau est l’une de ses peintures qui a suscité un des plus vif débat quant à son attribution. Dans l’esprit de certains, l’œuvre reste de la main de Chardin, et ce, malgré son entrée, après avoir figuré au sein des collections royales, au musée des beaux-arts de Dijon (n°247) sous l’attribution d’Aved.

On sait qu’Aved était très sensible aux œuvres de Rameau, ils furent même liés d’une sincère amitié. Dans l’une de ses correspondances, datée du 11 décembre 1739, Jean-Baptiste Rousseau, poète et ami d’Aved, nous raconte que suite à un séjour chez le peintre, Aved lui prêta une partition de Rameau : « J’ai voulu, pendant que j’étois à Paris, essayer d’entonner un opéra de sa façon que notre ami M.Aved m’avoit prêté. Mais, y ayant perdu mon latin, il me vint l’idée d’une ode lyricomique sur ses partisans… » [1] Ainsi, Aved, avant d’être lié à Rameau par la peinture l’était par la musique.

L’œuvre présentée ici reste fidèle à son modèle original. Rameau est dans un intérieur, assis sur un fauteuil canné, il est vêtu d’une veste de drap rouge qui réchauffe sa pâleur cireuse que soulignent un tour de cou et de manchettes en linon.  Il tient dans ses mains un violon tandis que la partition et l’archer sont posés à gauche sur un guéridon.  Le sujet a le visage concentré, et pour cause, il semble pincer les cordes de l’instrument de ses mains, cherchant une mélodie, essayant de trouver les justes accords qui composeront sa prochaine pièce. Ce portrait est important car il est le seul à évoquer la relative jeunesse du compositeur.

[1] Correspondance de J.-B. Rousseau et de Brossette, lettre du 11 décembre 1739, T. II, p. 281.

Collection Meyer

|
Paris